Jeux Vidéo

Test : 007 First Light — L’espion qu’on a tant aimé

Publié il y a

le

Certes, James Bond est un agent secret. La discrétion, c’est donc son truc. Mais cela faisait tout de même près de 15 ans qu’on n’avait pas eu de nouveau jeu 007. Et le dernier, 007 Legend, était plutôt décevant. En y repensant, c’est fou que IO Interactive se soit lancé dans l’aventure First Light. En 2017, le studio danois manquait de disparaître. Et quelques années plus tard, il nous sort son projet le plus ambitieux, sans doute le plus coûteux, en essayant de réinventer une licence qui s’est perdue avec le temps. Sur le papier, c’est casse-gueule. Manette en main, c’est jouissif.

Son nom est Bond, James Bond. Il n’a qu’une vingtaine d’années et n’est pas encore membre du MI-6. Avec 007 First Light, IO Interactive nous livre une origin story qui revient sur les débuts de l’agent britannique. Il est ainsi inexpérimenté et va devoir tout apprendre. Cela se fait à travers un long tutoriel bien fichu. On découvre alors les commandes, et surtout, notre personnage et son entourage. C’est d’ailleurs l’un des points forts de cette aventure : la narration.

007 First Light est un jeu aussi agréable à jouer qu’à regarder. L’histoire est parfaitement rythmée, les dialogues sonnent justes et il n’y a pas de longueurs ou monologues interminables. Tout semble naturel avec toujours l’envie d’aller vers de l’avant. Il y a des rebondissements, les personnages sont attachants, et il y a une petite tension. En revanche, il est vrai que le grand méchant manque d’épaisseur. Oui, ses intentions ne sont pas très nobles, mais il n’a pas une grande prestance, et ne suscite pas la peur quand on le croise.

Quand 007 s’inspire de 47

007 First Light tourne autour d’agents renégats avant d’explorer d’autres thèmes. Tout cela sert à justifier des missions qui feront pas mal voyager James Bond. S’il en profite parfois pour prendre du bon temps, il est avant tout là pour enquêter. Cela peut surprendre : 007 First Light n’est pas un simple jeu d’action-infiltration où on dégomme tout le monde.

Grosso-modo, les missions adoptent souvent la même structure :

  • une longue arrivée sur les lieux avec des zones ouvertes au public, d’autres fermées
  • pas mal d’infiltration en territoire ennemie
  • quelques gunfights explosifs

La formule parvient de temps en temps à se renouveler au cours des 15h/18h nécessaires pour voir le bout de l’aventure. Mais dans l’ensemble, c’est à peu près cela, et ça épouse ce que l’on a pu voir sur grand écran. C’est donc une adaptation fidèle, et peut-être même la meilleure.

IO Interactive est parvenu à créer un grand jeu en s’appuyant beaucoup sur Hitman. 007 First Light ressemble en fait à un Hitman simplifié et plus accessible. Dans Hitman, on observe énormément, et on essaie de trouver des chemins alternatifs pour atteindre son objectif. Là, c’est la même chose. Le nombre de possibilité est toutefois réduit — ce n’est pas un bac à sable — et les indices visuels sautent souvent aux yeux, histoire d’assurer une progression fluide.

On pourrait même dire que le jeu a une petite rejouabilité. Il est en effet possible de refaire les missions en passant par des endroits nouveaux, ou en complétant de nouvelles opportunités. En revanche, les dialogues à choix multiple font figure d’illusion. Qu’importe ce que vous choisissez, vous arriverez toujours au même point.

Des combats qui ont la patate

James Bond doit souvent écouter des conversations, voler des badges ou distraire des gardes pour progresser. Cela demande de se fondre dans la foule, ou de jouer avec le décor. Les environnements sont très détaillés, très fournis. Et avec les gadgets de Q, il est facile de berner son petit monde : activer à distance des objets électroniques, allumer un feu au loin, briser un cadenas…

007 First Light est un jeu dans lequel il faut faire preuve d’observation. Tant pour avancer que pour cogner. Un gros travail a ainsi été fourni sur le combat au corps à corps. Pour rappel, James doit à chaque fois riposter de manière proportionnée ; on ne tire pas sur un ennemi désarmé. Il faut faire parler les poings. On tape, on pare, on évite, et on envoie son adversaire dans le décor, littéralement. On joue avec les murs, les meubles, les tables, les rebords ; on attrape tous les objets que l’on trouve et on les envoie sur les gardes. Les combats sont fluides, impressionnants, rapides, et sont très cinématographiques.

Souvent, on se bat car on se fait repérer dans une zone où on ne devrait pas être. On peut berner les adversaires en jouant la comédie —utilisation limitée— sinon, il faut cogner. Comme souvent dans ce genre de jeu, l’IA est perfectible. Il lui arrive fréquemment de ne pas voir ou ne pas entendre. C’est dommage, mais ce n’est pas si préjudiciable car en soi, 007 First Light n’est pas un jeu d’infiltration ; ce n’est qu’une composante parmi d’autres.

L’espion qui a tiré

On serait bien tenté de dire que 007 First Light est un vrai James Bond car il mélange les genres. On obtient au final un cocktail explosif mais pas forcément original. En revanche, ce qu’il fait, il le fait bien. Les phases d’exploration sont très agréables, en plus de proposer de jolis environnements. La plateforme à la Uncharted —comme Nate, James escalade tout à mains nues sans difficulté— est classique. Les combats à mains nues rayonnent par leur dynamisme. Et les gunfights tiennent la route.

Le dernier tiers des missions est souvent synonyme d’échanges de coups de feu. On se déplace alors de couverture en couverture, même si les commandes manquent de réactivité. Il est indispensable d’être en mouvement car les abris sont destructibles. Les ennemis attaquent en plus depuis plusieurs côtés, ce qui peut presque avoir un aspect brouillon. Et il faut récupérer les armes sur les cadavres car les chargeurs sont souvent à moitié vide. Bref, ça ne réinvente pas la roue, mais ça reste efficace.

Le titre essaie également de toujours flatter le joueur. Les headshots sortent facilement, et les ennemis sont fréquemment positionnés à côté de bidons d’essence. Résultat, ça explose tout le temps, les passerelles s’effondrent etc. On n’atteint pas la maestria d’Uncharted en terme de mise en scène, il y a pas mal de petites maladresses, mais on retrouve à chaque fois cette volonté de bien faire et d’en mettre plein les yeux.

Serait-ce le meilleur jeu James Bond ?

007 First Light est la parfaite adaptation de James Bond en jeu vidéo AAA. C’est un jeu généreux —il a également un mode défi—, qui repose sur un gameplay varié et maitrisé, avec une histoire bien racontée et une réalisation de haute volée. Au passage, James est bien moins rigide que l’Agent 47, et un gros effort a été fait sur les actions contextuelles.

Mais là où First Light brille, c’est avant tout à travers son enrobage James Bond. L’interface est élégante, la bande-son géniale, les marques sont bien intégrées, et le personnage même de 007 est parfait. On retrouve ce côté espiègle, cet humour, cette insouciance, cette loyauté et cette séduction. Ce 007 First Light coche toutes les cases et après six à sept ans de développement, IO Interactive est parvenu à nous livrer un grand jeu et surtout, un merveilleux James Bond. Une prouesse remarquable et un retour en grâce fabuleux tant pour le studio danois que cette licence culte du cinéma.

007 First Light est développé et édité par IO Interactive. Jeu disponible sur PC, PS5 et Xbox Series X|S. Une version Switch 2 arrivera cet été, sans date précise. Test de 007 First Light réalisé sur PS5. PEGI 16.

Quitter la version mobile