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Test : Hyrule Warriors

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A défaut de sortir un nouvel opus de la Légende de Zelda sur Wii U (il faudra attendre au mieux fin 2015 pour le voir arriver), Nintendo sort sur sa console Hyrule Warriors. Un jeu hybride qui mélange le style musô de Dynasty Warriors à l’univers bien connu de The Legend of Zelda. Intrigant sur le papier, le jeu est-il à la hauteur des espérances, ou n’est-il qu’un Dynasty Warriors habilement dissimulé sous une tunique verte ?

Pour ceux qui ne connaissent pas la série des Dynasty Warriors, il s’agit de jeux d’action à grande échelle, dans lesquels on zigouille des ennemis par milliers à chaque mission. Dans Hyrule Warriors, c’est la même chose. On entame sa mission, on enchaîne les milliers de KO, et si tout se passe bien, on atteint son objectif. Qu’on se le dise immédiatement, le jeu reprend bien entendu des éléments de The Legend of Zelda, mais il reste avant tout un musô, plus proche d’un Dynasty Warriors donc. Ce qui implique une répétitivité évidente, qui risque de ne pas plaire à tout le monde, et principalement à ceux qui sont allergiques au genre. Heureusement, malgré tout, Hyrule Warriors n’oublie jamais son premier public, et les ajouts de gameplay issus de The Legend of Zelda font souvent plaisir. A commencer par les objets à trouver dans les coffres, de type bombes, boomerang, grappin, qui auront pour utilité première de détruire des boss. En effet, si l’on regrette qu’il ne soient pas assez nombreux, on apprécie les combats de boss, qui s’inspirent des jeux d’origine. On doit par exemple envoyer des bombes dans la bouches du roi Dodongo avant de le frapper à l’épée jusqu’à ce que mort s’en suive. C’est tout bête, mais c’est plutôt plaisant, particulièrement dans un jeu qui souffre d’un manque de variété flagrant.

Heureusement pour les amateurs de l’hylien en tunique verte, le fanservice ne se résume pas à de simples ajouts plutôt satisfaisants de gameplay. Outre l’univers qui reprend forcément celui de Zelda, on retrouve les coffres à ouvrir, les quarts de cœur, les cocottes, les grandes fées, les rubis à amasser par centaines, et surtout, l’herbe à couper ! Il y a même une médaille qui vous félicite à partir d’un certain nombre de touffes d’herbes tranchées ! Le fanservice est aussi présent dans les musiques, qui sont des reprises de thèmes connus, ou bien des remixes modernes de ces thèmes. Il faut avouer que ces versions métal avec guitare électrique bien grasse et batterie à double pédale se prêtent parfaitement à l’ambiance guerrière du jeu, mais dans certains cas, elles nous rappellent que les youtubers qui font des reprises ont plus de talent qu’on le croit. Ces thèmes musicaux sont piochés pour la plupart parmi trois jeux : Ocarina of Time, Twilight Princess, et Skyward Sword. Logique, puisque ces trois univers sont présents dans le jeu, grâce à une astuce de scénario qui fait fi des époques et de la chronologie de la série. On retrouve donc ces trois versions de Hyrule comme terrain de jeu, pour la première fois en HD. Malheureusement, si les cinématiques sont plutôt agréables à l’œil, le jeu n’est pas toujours très folichon d’un point de vue technique. Certains effets sont mêmes carrément moches (l’eau!). Dans l’ensemble, ça reste plutôt correct, certains niveau sont mieux réussis que d’autres (voir Célesbourg en haute définition est quand même plutôt chouette), et la fluidité du jeu n’est jamais mise à mal malgré le nombres de personnages à l’écran. Malheureusement, pour certains éléments, et principalement les personnages tirés des versions Wii, on a l’impression qu’ils ont tout juste eu le droit à un lissage HD, sans plus. Dommage.

Les personnages, justement, s’ils ne sont pas très nombreux, ils ont tous leurs caractéristiques. Il y a bien entendu les épéistes, qui s’en sortent le mieux, mais aussi des magiciens, ou des gros bourrins à marteau (oui, on pense tous à Darunia). S’ils ont le choix entre différentes armes, on regrette que ce choix se fasse uniquement à l’écran de sélection de personnage, et non en cours de partie. Une fois l’arme choisie, c’est pour toute la mission. D’un point de vue casting, on a le droit à des personnages plutôt intéressants et même parfois totalement jouissif à contrôler (Ganondorf!). Malheureusement, on a aussi le droit à quelques personnages que l’on aurait aimé voir remplacés par d’autres. A commencer par Machaon, la fille aux insectes de Twilight Princess. Ou encore Lana, un personnage créé pour l’occasion, qui dans le genre kikoo manga, met la barre très haut. Malgré tout, il n’y a rien de grave à déplorer dans le casting, surtout que certains combattants viennent redresser le niveau, mais il y a quand même quelques choix étranges.

Des choix étranges, il y en a en revanche peu dans le jeu. Tout a été conçu comme un Dynasty Warriors à la sauce Zelda. Les missions se jouent donc sur un seul vaste terrain, avec différents forts qu’il est conseillé de prendre, et des objectifs à atteindre. Il est possible de récupérer différents matériaux et armes dans le jeu, afin de pouvoir améliorer ses personnages et leur compétence. Dans une logique similaire, mais venu de The Legend of Zelda, on peut récupérer des quarts de cœurs, et dès que l’on a atteint les mille KO, une skutula d’or apparaît sur la carte. Ce qu’il faut reconnaître au jeu, c’est que malgré sa répétitivité, il a été pensé pour satisfaire les joueurs avides de tout compléter. En effet, certains éléments ne peuvent être récupérés sur une carte que par un personnage, et le mode scénario nous en impose parfois un différent, nous obligeant à refaire la mission en mode libre. De même, refaire des missions dans un mode de jeu plus difficile permet de récupérer des meilleurs objets et armes. Ce qui implique une durée de vie plus que correcte pour ceux qui veulent finir le jeu dans sa totalité ou en grande partie. À noter qu’en plus du mode scénario, qui se finit en une petite dizaine d’heures, il y a le mode aventure, qui offre cent-vingt missions plus diversifiées et souvent plus courtes, mais qui assurent encore une fois un contenu plus que satisfaisant. Surtout que le joueur qui s’implique dans le jeu voudra atteindre le meilleur rang à chaque mission et débloquer tous les objets ou personnages. De ce point de vue-là, on ne s’est pas moqué de nous, ceux qui veulent du contenu seront servis, et ils pourront même jouer en coopération à deux hors ligne, un sur la télé, un autre sur le Gamepad.

Hyrule Warriors est un titre hybride qui ne plaira pas à tous. Il ne faut en aucun cas s’attendre à un jeu de type The Legend of Zelda, au risque d’être forcément déçu, puisque le jeu est clairement un musô de type Dynasty Warriors. Le fanservice est totalement assuré, mais malgré tout, le jeu souffre de la plupart des défauts du genre. Entre la répétitivité des missions et de l’action et l’IA quasi inexistante des ennemis et des alliés, on sait à quoi s’attendre. Pourtant, Hyrule Warriors n’est pas du tout un mauvais jeu, même s’il n’est pas exceptionnel. Plutôt satisfaisant, pas déplaisant, mais jamais réellement enthousiasmant, on le conseillera aux fans de musô, principalement s’ils aiment The Legend of Zelda. Ceux qui apprécient uniquement la saga de Nintendo peuvent s’y essayer, à condition de savoir à quoi s’attendre, sous peine d’être plutôt déconcertés, voire déçus.

Hyrule Warriors est développé par OMEGA Force et édité par Tecmo Koei. Sortie prévue le 19 septembre sur Wii U. Pegi 12.

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