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Conférence Xbox 2026 : le résumé avec toutes les annonces, tous les trailers
Au tour de Microsoft de prendre la parole pendant ce Summer Game Fest. Cette conférence était attendue car l’Américain propose toujours de belles choses. Mais surtout, il marque le premier non-E3 d’Asha Sharma, la nouvelle boss de la branche XBOX. Depuis 3 mois, elle multiplie les annonces —notamment à travers la baisse de prix du Game Pass. Et ce Summer Game Fest était le moment parfait pour révéler de nouveaux changements.
Gears ouvre le bal avec une petite surprise
Et le changement, c’est le retour partiel aux exclusivités. Si le remake de Gears 1 l’an dernier était sur PlayStation, sa préquelle, l’inédit Gears Of War E-Day, sera uniquement disponible sur PC et Xbox. C’est un choix fort dont on peut toutefois se demander s’il est raisonnable financièrement —le Game Pass vampirise les ventes sur Xbox.
Qu’importe, voici le premier extrait de gameplay de Gears E-Day. Le jeu se déroule 14 ans avant le premier Gears Of War et met forcément en scène Marcus Fenix et Dominic Santiago. C’est du cover-shooter et ça ne fait pas dans la poésie. Beta ouverte le 6 août et sortie le 6 octobre, sur PC et Xbox.
Fable se raconte et se date
Autre grosse licence maison, Fable n’aura pas droit au même traitement que Gears E-Day. Fable sortira le 23 février 2027 sur PC, Xbox et PS5. Ce sera donc un jeu multiplateforme — peut-être parce qu’il est promis à un joli succès sur la console de Sony. Il faut dire que ce trailer donne vraiment envie, et il semble mettre en scène Haley Atwell, notamment vue dans Mission Impossible. Et pour l’anecdote, elle est également la voix de Lara Croft dans l’animé Netflix Tomb Raider.
Halo au rapport
Après Gears et Fable, Microsoft a enchainé avec Halo, comme à la belle époque de la Xbox 360. Ce nouveau Halo est toutefois un remake du tout premier jeu, sorti sur la toute première Xbox.
Il sera plus beau et contiendra en plus du contenu supplémentaire comme le montre ce trailer. Halo Campaign Evolved sortira le 28 juillet sur PC, Xbox et PS5 car là encore, c’est un jeu multiplateforme.
State Of Decay 3 s’offre une fenêtre de sortie
Annoncé en 2020, State Of Decay 3 se montre enfin. Il faut dire qu’à l’époque, le développement venait tout juste de démarrer, et Undead Labs, son studio, a voulu monter en gamme après deux épisodes qui n’ont pas toujours conquis la presse.
State Of Decay 3 est attendu pour l’an prochain sur PC, Xbox et PS5, et sera toujours un jeu de survie à plusieurs face à pas mal de zombies.
Du gameplay pour le très attendu Metro 2039
Prévu pour le mois de février 2027, Metro 2039 se montre et est dans la lignée des précédents épisodes. C’est très beau, l’ambiance est saisissante, le gameplay se veut un minimum réaliste et exigeant, ça se joue sous-terre et à la surface… Bref, que du très bon.
Senua, un spin-off de Hellblade
Comme tout le monde a comparé Hellblade 2 à un walking-simulator, Ninja Theory a décidé de concevoir un jeu d’action-aventure dans ce même univers. C’est forcément plus péchu et ça sort en 2027 sur, vous l’aurez deviné, PC, PS5 et Xbox.
DOOM The Dark Ages part en enfer
A mon immense regret, DOOM The Dark Ages était un jeu oubliable. C’était bien, mais oubliable. Avec cette extension appelée Revelations, DOOM se veut plus offensif ; il troque son bouclier contre une lance qui fait même office de grappin. Ça sort le 7 juillet.
Crazy Taxi reprend du service
Sur fond de The Offspring, Crazy Taxi a annoncé son grand retour avec un épisode intitulé World Tour. Ça sort l’an prochain sur PC, PS5, Switch 2 et Xbox.
Vivarium, la pépite indé
Vivarium rappelle Miyazaki et les vieux animés japonais. Ce titre promet d’être une aventure non-linéaire très cozy. Ça sortira l’an prochain sur le Xbox et PC Game Pass, et ça ressemble à une exclusivité temporaire.
Premier teaser pour Persona 6
Malgré un nombre incalculable de fuites, et même si on ne voit pas grand chose dans ce teaser, cette annonce de Persona 6 reste un événement majeur puisque son prédécesseur est considéré comme un sacré chef d’oeuvre. Pas de date, juste des logos PC, Xbox et PlayStation 5.
Spyro de retour
Ancienne exclusivité PlayStation il y a 30 ans, Spyro est désormais une propriété de Microsoft depuis le rachat d’Activision. C’est donc logique de le revoir pendant cette conférence.
Cela dit, cela reste une petite surprise —outre les rumeurs tenaces— car c’est Toys For Bob qui est derrière ce nouvel épisode. Ce studio est indépendant depuis plusieurs mois, ayant coupé les ponts avec son ancien proprio : Activision.
Spyro A Realm Beyond sortira l’an prochain sur PC, PS5, Xbox et Switch 2.
Clockwork Revolution se date
Avec son esthétique rappelant Dishonored et Bioshock, Clockwork Revolution a refait une apparition pendant le show Xbox. On y voit du gameplay et surtout, une double promesse : ce sera pour l’an prochain, sur PC et uniquement Xbox. Une exclusivité, donc.
Call Of Duty Modern Warfare 4 en guise de clôture
Présentation du mode DMZ de Call Of Duty Modern Warfare 4, aka le mode Extraction-Shooter. La vidéo ci-dessous présente un gameplay très cinématique, pas sûr qu’en ligne les joueurs fassent ainsi. Qu’importe, ça reste réussi.
Mais aussi…
- Le spin-off Resonance : A Plague Legacy sortira le 27 août.
- Persona 4 Revival, remake de P4, arrivera le 18 février 2027.
- Trailer de la nouvelle saison du très apprécié Sea Of Thieves.
- Petit jeu indé mignon, Bad Magpie met en scène une pie avec une aile. C’est pour 2027.
- Team Ninja a révélé la suite de Wo Long, sous-titrée Wings Of Ember. Ce souls-like sortira début 2027 sur PC, PS5, Xbox et Switch 2.
- Join Us est un jeu solo ou coop où vous devez gérer une secte et semer le chaos. Ça a l’air rigolo et ça sort en mars prochain sur PC, PS5 et Xbox.
- Infestations est la nouvelle grosse mise à jour de Fallout 76, et elle est gratos.
- En novembre, Microsoft sortira une Xbox Series X en édition limitée dont la robe reprendra le plastique vert transparent de la première Xbox.
- Raiders Of The North est une extension de Ages Of Empires IV.
- Minecraft Dungeons II sortira le 29 septembre sur PC, Xbox, PS5, Switch et Switch 2.
- Magicians : The Devil’s Deal est un jeu d’action/aventure à la première personne par Focus où vous jouez… un magicien. Ça sort l’an prochain sur PC, Xbox et PlayStation.
- Valor Mortis est un FPS / Souls-Like par les développeurs de l’excellente série Ghost Runner. Il a désormais une date de sortie : ce sera pour le 24 septembre, comme beaucoup de jeux, ce qui est intenable.
- Aperçu de la nouvelle saison de The Elder Scrolls Online.
- Microsoft Flight Simulator 2024 proposera les parcs nationaux américains le 4 juillet, forcément.
- Grosse mise à jour avec notamment une nouvelle map pour le F2P Where Winds Meet le mois prochain.
- Le très chouette Castlevania : Belmont’s Curse, par l’une des équipes de Dead Cells, sortira le 15 octobre.
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Les clones de Meccha Chameleon plus populaires que le jeu original sur Steam
Si votre petit jeu indé est un (immense) succès, il y a alors de fortes chances pour qu’il soit copié sur Roblox où il rayonnera davantage.
Dans sa revue de presse hebdomadaire, la newsletter Le Résumé Jeu Vidéo a mis l’accent sur un phénomène important et pourtant peu discuté : les copies.
Sur mobile, ce phénomène existe depuis de longues années. Chaque concept un peu nouveau connaît un immense nombre de déclinaisons. Cela tend même à s’accélérer avec l’IA Générative où chacun peut facilement vibe coder à l’aide de prompts. Mais désormais, c’est sur Roblox que les clones se multiplient… et connaissent un succès fou.
Roblox plus fort que Steam
A l’image de Fortnite, Roblox récompense financièrement les créateurs des niveaux les plus populaires. Certains innovent, d’autres s’inspirent fortement de ce qui se fait ailleurs.
Ces dernières semaines, Meccha Chameleon connait un succès fou sur Steam. Ce jeu de cache-cache où chaque joueur peut « se peindre » pour se fondre dans le décor a dépassé les 15 millions de ventes.
Sur Roblox, les expériences sont gratuites mais regorgent de micro-transactions. Il existe un nombre incalculable de jeux différents. Et dans le lot, pas mal de copies de Meccha Chameleon… qui attirent plus de monde que le jeu original sur Steam.
Ce constat a été publié sur Reddit par un utilisateur, il y a quelques jours. RoWatcherHQ a mis en ligne un graphique sur r/dataisbeautiful comparant la popularité du jeu Meccha Chameleon avec ses clones. Ceux-ci ont mis plusieurs jours avant de débarquer et désormais, ils le dépassent.

Ces copies posent un souci supplémentaire aux développeurs indés. A une époque où beaucoup de jeux peinent à être visibles, il y a désormais le risque de voir une expérience originale noyées au milieu de ses clones.
Pour rappel, Roblox attire chaque jour 150 millions de joueurs et parvient à dépasser, en nombre d’heures jouées chaque mois, Steam, PlayStation et Fortnite additionnés.
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Jean Guesdon dévoile les secrets d’Assassin’s Creed : Black Flag Resynced, Ubisoft, La série Netflix… tout ce qu’il faut savoir
Comment naît un Assassin’s Creed ? Pourquoi Black Flag est-il devenu l’un des épisodes préférés des joueurs ? Comment Ubisoft choisit-il les périodes historiques de la saga ?
Pour ce nouvel épisode de Tant qu’il y aura du WiFi, j’ai eu le plaisir de recevoir Jean Guesdon, directeur du contenu de la marque Assassin’s Creed chez Ubisoft. L’un des principaux artisans de la licence revient sur plus de quinze ans d’histoire, les coulisses du développement, le lore, Assassin’s Creed Black Flag Resynced et l’avenir de la franchise.
Si vous êtes passionné par Assassin’s Creed, Ubisoft, le développement de jeux vidéo ou les grandes licences du gaming, cette interview est incontournable.
Jean Guesdon, l’un des hommes derrière Assassin’s Creed
Depuis près de vingt ans, Assassin’s Creed est devenu l’une des licences les plus populaires de l’industrie du jeu vidéo.
Derrière chaque épisode se cache un travail colossal mêlant recherches historiques, direction artistique, narration, game design et cohérence scénaristique.
Jean Guesdon occupe aujourd’hui le poste de Directeur du contenu de la marque Assassin’s Creed chez Ubisoft. Son rôle consiste à garantir la cohérence de l’univers sur tous les supports : jeux vidéo, romans, bandes dessinées, projets transmedia et futures adaptations.
Au cours de notre entretien, il revient sur son parcours, depuis ses débuts dans le design industriel jusqu’à son arrivée chez Ubisoft Montréal, où il participera à plusieurs épisodes majeurs de la série.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced : le retour d’un monument
Impossible d’évoquer Assassin’s Creed sans parler de Black Flag.
Sorti en 2013, cet épisode mettant en scène Edward Kenway est encore considéré aujourd’hui par de nombreux joueurs comme le meilleur Assassin’s Creed jamais créé.
Ubisoft prépare désormais Assassin’s Creed Black Flag Resynced, une version entièrement modernisée du jeu.
Au programme :
- une refonte graphique grâce au moteur Anvil ;
- des effets de lumière modernisés ;
- une météo dynamique influençant la navigation ;
- un système de combat plus fluide ;
- des batailles navales améliorées ;
- de nouvelles missions ;
- des zones inédites ;
- plusieurs heures de contenu supplémentaires.
Jean Guesdon explique les défis que représente la modernisation d’un jeu devenu culte sans trahir ce qui faisait son identité.
Comment Ubisoft choisit les périodes historiques ?
L’une des questions que se posent tous les fans est simple :
Comment Ubisoft choisit-il la prochaine époque historique ?
Égypte, Renaissance italienne, Révolution française, Japon féodal, Grèce antique, Angleterre viking…
Chaque épisode demande plusieurs années de recherches.
Jean Guesdon explique que tout commence par une longue phase documentaire où historiens, scénaristes, artistes et game designers travaillent ensemble afin de construire un univers crédible.
L’objectif n’est pas de réaliser une simulation historique, mais de proposer une aventure immersive qui respecte l’esprit des grandes périodes de l’Histoire.
Le lore d’Assassin’s Creed : un immense puzzle
Au fil des années, Assassin’s Creed est devenu un univers extrêmement riche.
Entre les jeux principaux, les épisodes secondaires, les romans, les comics et les futures adaptations, maintenir une cohérence représente un véritable défi.
Jean Guesdon nous explique comment les équipes travaillent sur le lore afin que chaque nouvelle histoire s’intègre parfaitement dans la chronologie globale de la saga.
Cette vision à long terme est l’une des grandes forces d’Assassin’s Creed.
Une série Netflix très attendue
Parmi les sujets abordés figure également la future série Assassin’s Creed produite par Netflix.
Même si certains éléments restent confidentiels, Jean Guesdon évoque les défis liés à l’adaptation d’un univers aussi vaste vers un nouveau média.
Une étape importante pour une licence qui dépasse désormais largement le cadre du jeu vidéo.
Pourquoi Black Flag reste le préféré des joueurs ?
Plus de dix ans après sa sortie, Assassin’s Creed IV Black Flag continue d’être régulièrement cité parmi les meilleurs épisodes de la série.
Pourquoi un tel succès ?
Au cours du podcast, Jean Guesdon revient sur plusieurs éléments qui ont marqué les joueurs :
- Edward Kenway ;
- les combats navals ;
- les Caraïbes ;
- l’exploration ;
- la liberté offerte au joueur ;
- les célèbres chants de marins.
Autant d’éléments qui expliquent pourquoi Ubisoft a choisi de moderniser cet épisode emblématique.
Les coulisses du développement chez Ubisoft
Cette interview est aussi l’occasion de découvrir le fonctionnement interne d’un des plus grands studios de développement au monde.
Comment travaille une équipe répartie sur plusieurs pays ?
Combien de personnes participent à un Assassin’s Creed ?
Comment sont prises les grandes décisions créatives ?
Jean Guesdon partage plusieurs anecdotes inédites sur les différentes étapes de production d’un jeu AAA.
Une interview passionnante pour tous les fans de jeux vidéo
Que vous soyez un joueur de la première heure ou que vous découvriez simplement la licence, cet échange permet de mieux comprendre comment est construite une franchise mondiale comme Assassin’s Creed.
Au-delà de Black Flag Resynced, nous parlons également du futur de la série, des envies des équipes créatives et des périodes historiques qui pourraient encore être explorées.
Une conversation riche qui offre un regard rare sur les coulisses d’Ubisoft.
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Le plaisir de se perdre : quand l’exploration devient plus importante que la mission principale
Les meilleurs souvenirs de jeu vidéo ne sont presque jamais ceux des missions principales. Ce sont les détours imprévus, les zones découvertes par hasard, les moments où le joueur s’écarte du chemin tracé pour suivre sa propre curiosité. Cette dynamique, longtemps considérée comme un effet secondaire du design en monde ouvert, s’est imposée comme l’élément central de l’expérience pour de nombreux joueurs. Les concepteurs qui l’ont compris ajustent désormais leurs créations en conséquence, en investissant autant dans les périphéries de la carte que dans le tracé narratif principal. Cette transformation mérite une analyse attentive parce qu’elle reflète une compréhension plus fine de ce qui produit l’attachement durable au jeu.
Pourquoi la mission principale ne suffit plus
La mission principale d’un jeu remplit une fonction structurante mais elle a ses limites. Elle impose un rythme, des objectifs, des contraintes narratives qui ne correspondent pas toujours à ce que le joueur a envie de vivre dans le moment présent. Un joueur qui a passé sa journée à suivre des consignes au travail n’a pas forcément envie de suivre des consignes le soir dans son loisir, même quand ces consignes sont enveloppées dans une fiction agréable, comme le rappellent les longues réflexions consacrées à la liberté du joueur dans les blogs spécialisés.
L’exploration libre offre l’expérience inverse. Le joueur décide où aller, ce qu’il veut explorer, à quel rythme avancer. Cette liberté restaurée produit un type de plaisir que les missions structurées ne peuvent pas offrir, et beaucoup de joueurs constatent qu’ils retournent dans leurs jeux préférés non pas pour progresser dans l’histoire mais pour passer du temps dans leurs mondes. Les minecraft ps3 jeux ont popularisé cette dynamique auprès du grand public, et leur succès durable est l’un des meilleurs indicateurs de la valeur que les joueurs accordent à cette liberté.
La géographie comme contenu à part entière
Les meilleurs jeux d’aventure traitent la géographie comme un contenu à part entière plutôt que comme un simple support pour les missions. Chaque zone a son identité visuelle, son ambiance sonore, ses détails environnementaux qui récompensent l’observation. Le joueur qui prend le temps d’explorer trouve dans cette densité un plaisir comparable à celui de la lecture, où chaque page contient quelque chose qui mérite l’attention indépendamment de l’intrigue principale.
Cette densité ne s’improvise pas. Elle représente un investissement massif des équipes de conception qui peuplent les zones avec des éléments narratifs, des références cachées, des micro-histoires qui ne sont pas nécessaires à la mission principale mais qui transforment la simple promenade en exploration enrichissante. Les jeux qui réussissent cet investissement créent des mondes que les joueurs habitent vraiment, par opposition aux mondes qu’ils traversent simplement pour atteindre le prochain objectif.
Les récompenses émotionnelles de la dérive
L’exploration libre produit des récompenses émotionnelles différentes de celles que les missions structurées peuvent offrir. La surprise de trouver une zone inattendue. La satisfaction d’avoir résolu un puzzle environnemental sans y avoir été dirigé. La beauté d’un paysage découvert sans intention. Ces moments ne s’accumulent pas dans un compteur de progression mais ils s’inscrivent dans la mémoire du joueur avec une intensité que les récompenses calculées par les concepteurs n’atteignent pas.
Les neurosciences commencent à expliquer pourquoi ces moments produisent un attachement aussi fort, des mécanismes vulgarisés en détail dans les dossiers consacrés au système de récompense cérébral. Le système de récompense du cerveau réagit différemment aux découvertes spontanées qu’aux récompenses anticipées. La dopamine libérée lors d’une découverte inattendue produit une trace mnésique plus durable que celle des récompenses programmées. Les concepteurs qui comprennent ce mécanisme structurent leurs jeux pour multiplier les opportunités de surprise, sachant que c’est dans ces moments que l’attachement se construit.
Les conséquences sur la conception narrative
L’importance prise par l’exploration force les concepteurs à repenser leur approche narrative. Une histoire linéaire qui suppose que le joueur suivra le rythme prévu ne fonctionne plus dans un jeu qui encourage activement les détours. Les meilleurs scénaristes du médium ont développé des techniques pour rendre leurs récits compatibles avec des parcours non linéaires, en utilisant des indices distribués dans l’environnement, des conversations contextuelles, des fragments d’histoire qui s’assemblent dans n’importe quel ordre.
Cette flexibilité narrative est l’une des innovations les plus intéressantes des dernières années. Elle produit des histoires qui ne se déroulent pas mais qui se révèlent, dans un ordre qui dépend des choix du joueur. La même fiction peut être vécue de manière radicalement différente par deux joueurs sans qu’aucun ne se sente confronté à une histoire incomplète. C’est une forme d’écriture qui n’a aucun équivalent dans les médiums précédents.
Le défi des concepteurs face à l’exploration
Concevoir un jeu qui récompense vraiment l’exploration est plus difficile que ce que les présentations marketing suggèrent, une nuance soulignée dans les longues critiques publiées sur les mondes ouverts modernes. Le danger principal est le vide qui peut s’installer dans les zones secondaires si le concepteur n’y a pas investi suffisamment de contenu. Le joueur qui explore une zone et n’y trouve rien d’intéressant retire la leçon que l’exploration n’est pas récompensée, et cesse d’explorer dans la suite de la partie.
Les meilleurs concepteurs maintiennent une densité de récompense suffisante pour que chaque exploration produise quelque chose, même modeste. Une vue spectaculaire. Un dialogue inattendu avec un personnage secondaire. Un objet utile sans être essentiel. Cette politique de récompense systématique demande des budgets de développement importants mais elle produit l’attachement durable qui justifie ces budgets sur le long terme.
Pourquoi les rejouabilités s’allongent
Les jeux qui récompensent l’exploration produisent des durées de jeu qui dépassent largement ce que les missions principales suggèrent. Un jeu dont l’histoire principale dure quarante heures peut occuper un joueur passionné pendant plusieurs centaines d’heures grâce à l’exploration. Cette extension de la durée de vie est précieuse économiquement pour les studios et culturellement pour les joueurs qui s’attachent à leurs mondes préférés.
Les communautés qui se forment autour de ces jeux développent des cultures d’exploration qui amplifient encore le phénomène. Les joueurs partagent leurs découvertes, leurs cartes annotées, leurs théories sur les éléments cachés. Cette dimension sociale prolonge la vie du jeu bien au-delà de ce qu’une expérience purement individuelle permettrait, et elle crée un type d’engagement communautaire que les jeux à mission stricte ne génèrent presque jamais.
Ce que les voyages physiques nous enseignent sur les voyages virtuels
Une analogie utile éclaire le plaisir de l’exploration vidéoludique. Les voyageurs expérimentés savent que les meilleurs souvenirs d’un voyage ne sont presque jamais ceux de l’itinéraire planifié. Ce sont les détours imprévus, les rencontres fortuites, les lieux découverts en se perdant. Cette sagesse millénaire des voyageurs s’applique avec une précision étonnante aux jeux vidéo en monde ouvert. Le joueur qui suit son intuition et accepte de s’écarter du chemin tracé reproduit dans son loisir numérique l’attitude qui a toujours distingué les vrais voyageurs des touristes pressés, et il en retire les mêmes types de satisfaction profonde que les voyages physiques bien menés peuvent offrir à ceux qui acceptent de s’y abandonner.
