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ITW EA Sports : la morsure de Suarez incompatible avec le PEGI 3+
Quelques heures avant que l’Allemagne n’étrille le Brésil, Electronic Arts nous a conviés dans un pub dans le 15è arrondissement de la capitale. L’intention était bien entendu de nous faire essayer la nouvelle version de FIFA 15; un build plus avancé que celui que l’on avait vu il y a plusieurs semaines et correspondant à celui montré à Los Angeles.
De manière générale, les sensations étaient à peu près identiques à celles éprouvées en mai. On a quand même noté des améliorations graphiques comme sur les coups de pied arrêtés où le tireur bougeait nerveusement les doigts. Il y a aussi eu quelques petites retouches au niveau du gameplay par rapport à notre précédente preview. Les dégagements au pied avec le gardien étaient par exemple beaucoup moins laborieux qu’auparavant. Un bon point, mais cela ne nous fait pas oublier que les contrôles, pourtant souvent très simples, ralentissaient énormément la construction du jeu. On verra si tout cela se confirme lors de la sortie de FIFA 15, fin septembre.
Outre quelques parties (et victoires bien sûr) sur FIFA 15, j’ai profité de cette séance pour m’entretenir avec Antoine Cohet, Marketing Manager à EA Sports France. Après une victoire sur le fil contre Pierre Menès, Antoine, fervent supporteur de Lyon, m’a rejoint à l’étage de l’établissement, à l’écart des enceintes crachant du Arctic Monkeys et du Coldplay. Une interview fleuve dans laquelle il a gentiment accepté de parler de la Wii U, de FIFA Street, d’Hervé Mathoux, de Pro Evolution Soccer, ou encore de revenir sur quelques détails liés à la conception même du jeu.
julientellouck.com : FIFA est donc développé au Canada qui est, comme chacun sait, une grande nation du foot. Aux dernières nouvelles, on retrouvait Di Vaio à Montréal ainsi que Nesta mais celui-ci a maintenant pris sa retraite.
Antoine Cohet : Les studios de développement à Vancouver s’occupent de FIFA mais pas seulement. Ils développent aussi NHL, SSX, UFC. . . Il y a donc pas mal de jeux de sport qui sont développés là-bas et l’équipe chargée de FIFA est vraiment composée de toutes les nations : Nick Channon et David Rutter (NDLR: les producteurs de la série FIFA) sont Anglais et dans l’équipe on retrouve des Colombiens, des Français. . . Il y a un peu toutes les nationalités donc et ce n’est pas exclusivement développé par des Canadiens.
On sait combien de nationalités différentes il y a à EA Vancouver?
Je ne sais pas vraiment, mais c’est beaucoup. Entre 20 et 30.
J’ai entendu le mot SSX il y a quelques instants. Cela signifie-t-il qu’un nouvel épisode est en développement?
Je citais simplement les jeux qui ont été développés là-bas. Pour l’instant, je n’ai pas d’informations dessus.
Quelle influence à EA France sur le développement de FIFA?
On n’invite pas que des journalistes spécialisés [lors des présentations]. On invite Pierre Menès, des gens de la communauté, tous les gens qui aiment jouer à FIFA et ils participent de près ou de loin à améliorer le jeu chaque année parce qu’ils peuvent aussi parfois rencontrer des développeurs. A l’E3, ou en mai dernier, ils ont eu l’occasion de croiser Nick Channon et de faire remonter leur avis. On a aussi des community managers qui sont en prise direct avec les gens de la communauté et qui suivent les forums. Donc, toutes les améliorations que vous voyez sur FIFA sont le fruit du partage de la communauté. C’est aussi la force de FIFA depuis plusieurs années : être vraiment à l’écoute des joueurs. Ce n’est pas qu’un simple outil marketing, c’est une vraie chose qui permet d’améliorer le jeu que ce soit en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne. . . Pour améliorer le jeu, il faut de toute façon écouter les joueurs que ce soit un jeu de foot ou un autre jeu, et c’est hyper important pour nous.
Vous travaillez aussi avec la FIFA. Est-ce que cela peut vous empêcher de faire certaines choses? Je me souviens qu’à l’époque, il y avait un code pour remplacer le ballon par la tête d’un joueur dans Le Monde Des Bleus; on pouvait aussi donner des high-kicks aux adversaires dans Adidas Power Soccer. Plus récemment on a vu, lors d’Uruguay – Italie, Suarez mordre Giorgio Chiellini. . .
La FIFA veut que le jeu soit le plus authentique possible. C’est pour cela que l’on a les vrais stades, les vrais joueurs. . . On essaye que le jeu soit le plus réaliste au niveau de la jouabilité aussi. FIFA est également un titre auquel on peut jouer à partir de 3 ans, c’est marqué sur la jaquette. On ne peut donc pas avoir d’insultes ou de violence. Je ne pense pas qu’on puisse alors mettre une morsure dans le jeu, même si c’est arrivé 3 fois avec Suarez. La FIFA a un droit de regard et il faut donc faire attention à ce que ce soit pour tous les publics.
Au niveau des statistiques des joueurs, est-ce que la FIFA pourrait avoir son mot à dire?
Pas à ce que je sache. Je sais qu’une équipe basée en Allemagne met à jour chaque semaine les stats des joueurs, en collaboration avec le Canada. Pour les joueurs du championnat de France, on utilise les notes du journal L’Équipe pour que les caractéristiques des joueurs soient liées à leurs vraies prestations sur le terrain.
Comment sont choisies les chansons EA Trax que l’on entend dans les menus? Est-ce que vous pouvez demander à ce qu’un artiste soit inclus?
Il y a une équipe basée à Los Angeles, avec des gens issus du monde de la musique qui travaillent de près ou de loin avec les maisons de disque pour savoir quels artistes exploseront l’année suivante. C’est vraiment un travail de collaboration avec les maisons de disque pour avoir les chansons qui seront à la mode quand FIFA sortira. On a pu par le passé faire intervenir des chanteurs français comme Soprano par exemple. L’importance c’est d’avoir quelque chose d’assez coloré, des musiques rocks, pop ou hip-pop pour que tous les styles soient représentés.
Pour rester dans l’ambiance sonore, les commentateurs seront toujours Hervé Mathoux et Franck Sauzée cette année?
Oui, tout à fait.
C’est vous qui les aviez choisis à l’époque?
C’était un choix fait entre l’équipe du studio et nous. On travaille avec Hervé Mathoux et Franck Sauzée depuis un certain nombre d’années et on a une relation de confiance importante avec eux; Hervé Mathoux bosse beaucoup sur les scripts pour les améliorer tous les ans. Si vous faites 500, 600 ou 700 parties chaque année, vous aurez à un moment l’impression que les mêmes commentaires reviennent. . . Pour chaque situation, il y en a cinq, six ou sept différents et si vous jouez beaucoup, forcément vous les réentendez. Des gens nous disent qu’ils aimeraient qu’on change de commentateurs, mais il ne faut pas oublier qu’Hervé Mathoux et Franck Sauzée passent chaque année six ou sept jours en studio pour enrichir le contenu. Si on devait en changer, il faudrait que la personne passe entre 30 et 40 jours en studio pour avoir la même densité de commentaires qu’on a jusqu’à présent.
Pour Hervé Mathoux et Franck Sauzée, c’est donc FIFA pour la vie?
Non pas forcément. Peut-être qu’ils n’auront plus envie ou que nous-mêmes aurons la volonté de faire autre chose. Pour l’instant ça se passe bien et je trouve que dans le jeu les commentaires sont plutôt assez bons.
Les précédentes années, on avait souvent 3 joueurs sur la pochette. Je me souviens même de Français comme Guillaume Hoarau ou Philippe Mexès par exemple. Maintenant, j’ai l’impression que l’on n’aura que Lionel Messi.
Il faut savoir que c’était seulement sur FIFA 14 qu’il n’y avait que Messi, en France du moins. Avant, on a eu Benzema qui était sur la pochette de FIFA 09 à FIFA 13. On avait fait plein de choses avec lui et on était un peu arrivé au bout de cette relation. La jaquette n’est pas encore annoncée et donc vous verrez qu’il y a peut-être des surprises à venir dans les prochaines semaines.
Est-ce qu’on peut imaginer des pochettes à personnaliser que l’on pourrait ensuite télécharger sur le site d’EA? Pour certains clubs anglais, FIFA 12 le faisait par exemple.
Il y a quand même eu des jaquettes clubs sur FIFA 11, 12, 13 et 14.
Mais c’était juste un logo. . .
Pour le PSG, sur FIFA 12 et 13, on avait 5 joueurs du club dont Zlatan et Thiago Silva lors de la dernière année. Les jaquettes club restent quelque chose de difficile car les transferts se font jusqu’à fin août et il faut qu’on décide début juillet; c’est assez compliqué.
Pour l’instant, l’accent est mis sur les versions next-gen : PS4, PC, Xbox One. Est-ce qu’on peut dire que les versions PS3 et 360 auront droit aux mêmes nouveautés qui ont été récemment présentées?
Tout à fait. Il y a encore une équipe de développement dédiée à la PS3 et à la 360. Beaucoup de gens jouent encore sur ces consoles et tout le monde n’est pas encore équipé en consoles nouvelles générations. Si on regarde ne serait-ce que les ventes de cette année, je pense que la PS3 et de la 360 seront devant celles de la PS4 et de la One. Il faut savoir qu’on a vendu des versions PS2 jusqu’à l’année dernière. . . Il faut continuer à améliorer le jeu, beaucoup de gens ne peuvent s’offrir une console next-gen et c’est important de répondre au plus grand nombre.
On a une idée des chiffres de FIFA 14 en France?
On sait qu’on en a vendu à peu près 10% de plus que l’année d’avant.
Pas de chiffres, donc?
On ne donne pas de chiffres malheureusement.
Et en répartition, combien représentaient les versions next-gen?
Il y a eu pas mal de bundles avec la Xbox One, donc c’est difficile pour nous de sortir des chiffres. Je dirais que c’était environ 20 à 25% des ventes.
C’était une bonne surprise?
C’était une très, très bonne surprise. Les constructeurs ont beaucoup poussé leur console ce qui a bien participé à FIFA qui était en plus plutôt bon, voire même très bon pour une première version sur une nouvelle console. Et il ne faut pas se le cacher : il n’y avait pas énormément de jeux cette année.
Finalement, il y en a une qui se retrouve à chaque fois toute seule, celle à qui EA avait promis un partenariat sans précédent : la Wii U. Aux yeux d’EA Sports, la Wii U est morte?
Je ne sais pas si elle morte mais c’est vrai que les jeux de foot ne se prêtent pas forcément le mieux à la Wii U.
Il y a une version Wii en revanche. . .
Il y a une version Wii, il n’y a pas de version Wii U car ça demandait des ressources de développement trop importantes par rapport au marché qu’on avait estimé sur le jeu de foot. On a sorti FIFA 13 sur Wii U, et ça n’a pas forcément très bien fonctionné. Donc pour l’instant, on a un peu mis ça en stand-by pour se concentrer sur les versions PS3 et 360, et faire de grosses améliorations sur PS4 et Xbox One qui sont le gros focus de cette année.
Sur VITA, FIFA sort chaque année mais ce n’est qu’une simple mise-à-jour des effectifs et des maillots; c’est même inscrit sur la boîte. Est-ce qu’il serait possible alors d’imaginer la mise en place d’un DLC, ce qui éviterait de repayer, à plein tarif, le jeu à chaque fois?
Je n’ai pas eu d’informations par rapport à ça donc je peux difficilement commenter ce point là.
Est-ce qu’on reverra un jour FIFA Street?
C’est possible, mais je n’ai pas d’info. Le dernier est arrivé en fin de vie sur les consoles car il est destiné à un public un peu plus mainstream. En début de génération, c’est plutôt des jeux gamers comme UFC. Pour des jeux plus mainstream comme FIFA Street, ou SSX puisqu’on en parlait tout à l’heure, ils arriveront un peu plus tard mais je n’ai véritablement aucune information par rapport à cela.
Vous avez un accord avec Microsoft au niveau de FIFA. Lors de vos compétitions, vous utilisez des Xbox One et FIFA Ultimate Team Legends est exclusif à la Xbox. Sait-on sur combien d’années tient ce contrat? Peut-on imaginer un jour FUT Legends sur PlayStation?
On ne sait pas. . . On travaille avec Microsoft, on a un gros partenariat avec eux. . . Pour les années futures, c’est difficile à dire. Le jeu vidéo change très vite et on peut faire évoluer les choses assez rapidement. C’est hyper prématuré de dire que sur FIFA 16 on fera des choses différentes. Pour l’instant, on se concentre sur FIFA 15 et on essaye d’améliorer le jeu année après année.
Avez-vous peur de PES?
Ce n’est pas une question d’avoir peur. On a vécu des années où la concurrence était beaucoup plus rude, où on était vraiment face-à-face. L’année dernière, le fait d’être seul sur le marché des nouvelles générations nous a donné un peu d’avance par rapport à eux mais on ne s’endort jamais sur nos lauriers. Le but c’est d’améliorer notre jeu qu’ils soient là ou pas. On écoute la communauté, c’est vraiment notre leitmotiv. Dans les studios, les gens sont à l’écoute et, trois semaines après la sortie du jeu, ils nous demandent ce qu’il faut améliorer. C’est vraiment ce qui fait la force de FIFA depuis des années et c’est pour cela que l’on a sorti des très bons jeux sur PS3 et 360. Comme dans toute compétition, il faut regarder ce que fait l’autre mais on se concentre notamment sur les améliorations à effectuer de notre côté.
A chaque news sur PES, on retrouve souvent dans les commentaires des internautes l’expression « le retour du roi ». C’est devenu un running gag bien sûr, mais on a aussi l’impression que, finalement, les gens jouent à FIFA en attendant que PES redevienne le leader. . .
A un moment donné, PES vendait plus que nous et les gens jouaient donc plus à PES. Mais FIFA avait été le jeu d’avant, donc le retour du roi, c’était aussi le retour de FIFA. Maintenant, FIFA a pris le devant par ses qualités et sa jouabilité. Après, les gens joueront au meilleur jeu, c’est tout. Et on fera tout pour que FIFA soit le meilleur.
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GTA 6, PS6, Clair Obscur 2 : pourquoi ce podcast avec Thomas Grellier est à ne surtout pas manquer
GTA 6 va-t-il vraiment changer le jeu ?
À quoi faut-il s’attendre pour la PS6 ?
Et comment un jeu indépendant français comme Clair Obscur a réussi à bousculer l’industrie ?
Dans le nouvel épisode du podcast Tant qu’il y aura du Wi-Fi !, Julien Tellouck reçoit Thomas Grellier pour une discussion passionnante, accessible et ultra éclairante sur le présent — et surtout l’avenir — du jeu vidéo.
Un épisode pensé pour donner des clés de compréhension, pas juste commenter l’actualité.
Un invité rare, une parole claire
Thomas Grellier n’est pas un simple commentateur.
Il a vécu l’évolution du jeu vidéo de l’intérieur, depuis le lancement de la première Xbox en 2000 jusqu’aux enjeux colossaux d’aujourd’hui.
Dans cet épisode, il partage :
• sa vision du marché actuel,
• les coulisses du développement des gros jeux,
• et ce que les joueurs ne voient jamais derrière les annonces spectaculaires.
GTA 6 : pourquoi l’attente est aussi énorme
Impossible de parler jeu vidéo aujourd’hui sans évoquer GTA 6.
Mais au-delà du hype, l’épisode pose les vraies questions :
- Pourquoi GTA 6 doit être terminé bien avant sa sortie ?
- Pourquoi la pression autour du jeu est sans précédent ?
- Et pourquoi il ne peut pas se permettre le moindre faux pas ?
PS6 : ce que l’on peut déjà anticiper
Autre sujet brûlant : la PlayStation 6.
Sans rumeur gratuite ni fantasme, Julien Tellouck et Thomas Grellier analysent les tendances lourdes du marché :
- évolution des usages,
- attentes des joueurs,
- avenir des consoles face au cloud et au cross-platform.
Clair Obscur : la preuve que tout n’est pas qu’AAA
L’épisode met aussi en lumière Clair Obscur, un jeu indépendant français devenu un vrai symbole.
Pourquoi ce succès est important ?
Parce qu’il montre que :
- l’innovation peut venir de studios plus modestes,
- le public est prêt à suivre des propositions fortes,
- et que le jeu vidéo français a un vrai rôle à jouer.
Le podcast avec Thomas Grellier est disponible dès maintenant sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes de streaming audio :
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Kayane raconte son parcours dans Tant qu’il y aura du Wi-Fi
Commencer le jeu vidéo à 4 ans, affronter des adultes en tournoi à 9 ans et devenir l’une des figures majeures de l’eSport français : le parcours de Kayane est tout sauf ordinaire.
Dans le dernier épisode du podcast Tant qu’il y aura du Wi-Fi, Kayane se livre sans filtre sur son histoire, ses combats et la réalité du gaming professionnel.
Très tôt plongée dans l’univers des jeux de combat avec Tekken et Soul Calibur, elle découvre un milieu exigeant, souvent hostile, où être une jeune fille n’allait pas de soi. Mépris, soupçons de triche, refus d’inscription aux tournois : Kayane raconte comment ces obstacles ont forgé son mental de compétitrice.
Mais l’épisode va bien au-delà du récit personnel. Elle y dévoile la face cachée de l’eSport, notamment la réalité économique des jeux de combat, loin des clichés sur les cashprizes millionnaires. Même au plus haut niveau, vivre de sa passion demande indépendance, créativité et sens de la communication.
Game One, sponsors, conventions, réseaux sociaux, mentorat… Kayane explique comment elle a construit une carrière durable tout en restant fidèle à ses valeurs.
Elle aborde aussi un sujet essentiel : la place des femmes dans le gaming, avec un discours lucide, nuancé et profondément humain.
Un épisode inspirant et nécessaire pour comprendre ce qu’est vraiment l’eSport aujourd’hui.
Le podcast avec Kayane est disponible dès maintenant sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes de streaming audio :
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Annulation du remake Prince Of Persia : un drame en 4 actes
Mercredi soir, Ubisoft a annoncé l’annulation de 6 jeux vidéo dont le Remake de Prince Of Persia : Les Sables du Temps.
En perte de vitesse, Ubisoft a annoncé ce mercredi son plan pour se relancer avec une immense restructuration.
L’éditeur français prévoit de diviser son entreprise en 5 entités appelées Creative Houses, toutes dédiées à des types de jeu bien précis — blockbusters, jeux services, casual, solo etc. En parallèle, Ubisoft a révélé de nouvelles réductions de coûts fixes —ce qui amène souvent à des licenciements— et avoir passé en revue tous ses jeux actuellement en développement. A la suite de cela, il a pris la décision de repousser 7 titres non encore annoncés, et d’en annuler 6 dont le Remake de Prince Of Persia Les Sables du Temps.
Prince Of Persia : un trailer, un reboot, beaucoup de tweets et une annulation
Mercredi soir, Ubisoft s’est attiré les foudres des joueurs avec l’annulation de ce remake. Prince Of Persia est une licence culte qu’Ubisoft avait su ressusciter avec brio à l’ère PS2. Plusieurs suites avaient vu le jour mais aucune n’était parvenue à susciter la même émotion que Les Sables du Temps.
Au fil des ans, Ubisoft a peu à peu délaissé les Prince Of Persia 3D pour se consacrer à des expériences en 2D. Sorti en 2024, The Lost Crown est un très bon metroidvania, mêlant habilement plateforme et action. The Rogue Prince Of Persia est quant à lui un chouette roguelite qui a quitté son statut d’accès anticipé depuis quelques mois maintenant.

Le Remake de Prince Of Persia : Les Sables du Temps devait consacrer le retour de la saga dans son style aventure 3D, tout en remettant au goût du jour un titre chéri de tous sorti il y a près de 20 ans.
Un remake qui se foire dès son annonce
Prince Of Persia Les Sables du Temps est un titre important dans l’histoire d’Ubisoft. Ce jeu s’est écoulé à plus de 14 millions d’exemplaires, un succès colossal à l’époque. Il a même eu droit à une adaptation cinématographique par Disney, avec Jerry Bruckheimer à la production et Jake Gyllenhaal dans le rôle du Prince.
Le jeu Les Sables du Temps a été réalisé par Patrice Désilets. En imaginant une suite sur PS3 et Xbox 360, il a finalement conçu une nouvelle licence: Assassin’s Creed. Dit autrement, les aventures d’Altair, Ezio et consorts s’appuient toutes sur les bases de ce Prince Of Persia sorti en 2003.
En septembre 2020, Ubisoft a dévoilé le remake de Prince Of Persia Les Sables du Temps à l’occasion de son événement UbiForward. Il s’agit alors de la première grosse production des studios Ubisoft Pune et Mumbai sur laquelle travaillent 170 personnes depuis deux ans et demi.
Si ce premier trailer laisse entrevoir un remake assez fidèle au titre original, le jeu est toutefois… laid. On est alors à l’aube de la PS5 et Xbox Series, et on a des graphismes début PS3. C’est difficilement compréhensible et le petit prix annoncé —40€— n’excuse en rien cette réalisation extrêmement datée.
Prince Of Persia trouve rapidement une date de sortie : ce sera pour le 21 janvier 2021. Cela laisse entendre qu’il sera compliqué de réhausser le rendu visuel. Bien sûr, ce ne sont pas les graphismes qui font un jeu, mais dans un remake, c’est l’un des points les plus importants. Comparez simplement ce trailer ci-dessus avec le travail abattu par Virtuos pour Metal Gear Solid Delta. Il s’agit dans les deux cas d’un jeu PS2 remis au goût du jour ; l’un est magnifique, l’autre non.
En décembre 2020, l’éditeur français explique finalement repousser ce remake au 21 mars 2021 afin de « s’assurer que vous apprécierez le jeu qui vous sera délivré. » A l’époque, rien de bien choquant, c’est encore la crise du covid.
Un changement de studio pour sauver le Prince de Perse
En février 2021, Ubisoft balance un nouveau tweet et déclare que le remake de Prince Of Persia Les Sables du Temps est repoussé à une date indéterminée. Cela fait suite aux nombreux retours des fans et l’envie de « délivrer un remake aussi innovant que fidèle à l’oeuvre originale.«
Le temps passe, Prince Of Persia disparait petit à petit des radars et manque tous les gros événements de l’éditeur français.
Finalement, on apprend en mai 2022 que les studios d’Ubisoft Mumbai et Pune se voient retirer le projet sur lequel ils travaillaient depuis plus de 4 ans. C’est désormais Ubisoft Montreal qui développera Les Sables du Temps, studio à l’origine du titre original.
Les mots ne sont pas prononcés mais cela ressemble fortement à un mini-reboot. Ubisoft précise désormais « prendre le temps nécessaire » afin de concevoir la meilleure expérience possible, rappelant au passage que Les Sables du Temps est un classique du jeu vidéo.
Pour Ubisoft, ce remake n’est pas qu’un simple jeu ; c’est un moyen de rappeler son illustre passé et de le faire briller.
Le temps de l’espoir avec une nouvelle fenêtre de sortie
Sans surprise, un long silence radio suit cette annonce. En fin d’année 2023, Ubisoft refuse toujours de montrer ce remake. Sur Twitter, le Français précise toutefois que le développement suit son cours et vient de passer une étape importante.
En 2024, Ubisoft Toronto rejoint le projet qui reste sous la direction de Montreal. Prince Of Persia Les Sables du Temps s’offre également une apparition surprise à l’Ubisoft Forward 2024.
Ce teaser dure 30 secondes et montre, à travers une bougie, la mécanique de remonter le temps. Le Prince de Perse est absent, on est proche du plan fixe, mais une date, ou plutôt une année, vient nous rassurer : ce sera pour 2026, cinq ans après la date initiale, donc.
Sur son blog, Ubisoft précise que le jeu entre en production et a donc terminé sa pré-production. Le développement peut véritablement démarrer, ce qui confirme que le projet a bien été rebooté lors du passage Mumbai / Montréal. Plusieurs studios sont alors appelés en renfort : Bucarest, Paris et Pune, en plus de Toronto.
On apprend ensuite que ce remake est prévu pour le premier trimestre 2026, c’est-à-dire entre le 1er janvier et le 31 mars 2026. On s’attend à le revoir lors du Summer Game Fest 2025 mais non, à la place, c’est à nouveau un tweet qui est diffusé. Celui-ci se veut rassurant, et précise que l’équipe de développement y met tout son coeur. Même chose pour les Game Awards de décembre. Prince Of Persia confirme son absence par le biais d’un tweet avec un petit coeur en guise de ponctuation.
Une annulation à quelques jours de sa sortie
Puis le couperet tombe ce mercredi 21 janvier 2026. Ubisoft a tout simplement annulé le remake de Prince Of Persia Les Sables du Temps. Alors que le jeu était en développement depuis 8 ans, a connu un reboot, a changé de studio, et devait sortir ces jours-ci.
Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’en l’état actuel, Prince Of Persia Les Sables du Temps n’était pas un assez bon jeu ; il n’atteignait pas les nouveaux critères internes d’exigence d’Ubisoft.
Sur Twitter, l’équipe de développement explique que ce jeu « avait un vrai potentiel » et qu’il aurait fallu plus de temps et d’argent pour correspondre aux attentes désirées, ce qui n’était pas raisonnable.
Selon Tom Henderson, en fin d’année 2025, Ubisoft avait pour objectif de sortir ce remake des Sables du Temps le 16 janvier 2026. Le jeu aurait ensuite été repoussé à fin mars 2026 avant d’être définitivement annulé.
La franchise Prince Of Persia n’est pas morte, elle a encore un avenir. Et comme écrit plus haut, ses deux derniers jeux —Rogue et The Lost Crown— sont de très bonnes expériences. Mais en ce qui concerne le remake des Sables du Temps et peut-être même les aventures en 3D, c’est mort; un gâchis qui donnerait presque envie de remonter le temps.





