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Qui veut s’offrir la branche jeu vidéo de Warner Bros?
Il se dit que AT&T aurait mis en vente Warner Bros Interactive Entertainment, c’est à dire la division jeu vidéo de Warner Bros. Et s’il y a vente, il y a alors forcément un acheteur. Oui, mais qui?
Selon les informations de CNBC et VentureBeat, AT&T chercherait à se débarrasser de la branche jeu vidéo de Warner Bros. Ce serait alors un bon moyen pour la maison mère de réduire légèrement la dette colossale qui pèse sur ses épaules —on parle de 200 milliards.
Les deux sites ne sont pas d’accord sur la somme qu’espère recevoir AT&T. CNBC estime qu’il faudra un chèque de 4 milliards pour s’offrir Warner Bros Interactive, tandis que chez VentureBeat, la somme de 2 milliards est évoquée.

Warner Bros fait de gros jeux grâce à de grosses licences
Imaginons maintenant que vous avez justement 2 milliards de dollars qui trainent au fond de votre porte feuille. Vous ne savez pas quoi en faire et vous vous posez alors la question suivante: est-ce que ça vaut le coup de racheter la branche jeu vidéo de Warner Bros? La réponse est compliquée.
Warner Bros Interactive, c’est notamment:
- Rocksteady (Batman Arkham)
- TT Games (les jeux LEGO)
- Avalanche Software (un jeu Harry Potter qui sera prochainement révélé)
- NetherRealm (Mortal Kombat, Injustice)
- WB Games Montréal (Batman Arkham Origins, et un nouveau jeu Batman bientôt annoncé)
- Monolith Productions (F.E.A.R., L’Ombre du Mordor, L’Ombre de la Guerre)
- Des accords d’édition avec Turtle Rock (pour une suite spirituelle de Left4Dead) et IO Interactive (Hitman)
Ce sont des studios capables de faire de très bons jeux avec de jolis succès commerciaux à la clé. Un Mortal Kombat, ça tape dans les 10 millions de ventes par exemple; c’est largement plus qu’un Street Fighter, Tekken ou Soul Calibur. On compte aussi plus de 100 millions de jeux LEGO à travers le monde entier. C’est autant que la série des Resident Evil.
A la vue de ces chiffres, oui, racheter Warner Bros Interactive semble être un bon investissement. Le problème est que ce sont des jeux à licence. Aucun de ces studios ne détient les franchises LEGO, Le Seigneur des Anneaux, Batman (DC Comics), Harry Potter… Ces jeux existent grâce à Warner Bros qui possède ces propriétés ou bien a des accords avec les ayant-droits.

Cela rappelle un peu le cas Insomniac. Le studio californien a été racheté par Sony pour près de 229 millions de dollars. C’est peu. Pourtant, Insomniac est réputé dans le monde entier pour son savoir faire. Le fait est que cette équipe a énormément travaillé sur des licences qui ne lui appartenaient pas. Spyro, Ratchet, Resistance ou Spider-Man sont respectivement détenus par Activision, Sony et Marvel. D’où ce prix plutôt faible.
Au contraire, quand Microsoft s’offre Mojang, il met la main sur Minecraft. La transaction est alors estimée à près de 2,5 milliards de dollars.
Take Two, EA ou Activision sont-ils prêts à faire monter les enchères?
Selon les informations de CNBC et VentureBeat, plusieurs éditeurs se sont déclarés intéressés par la possible acquisition de la branche gaming de Warner Bros. Parmi eux, on retrouverait Take-Two, Electronic Arts et Activision-Blizzard. Un puissant acteur du milieu aurait dit ne pas souhaiter se positionner pour deux raisons. La première serait le problème des licences. La seconde, le manque de revenu régulier que génèrent WB Interactive.
Il est vrai que Rocksteady aime prendre son temps, tandis que WB Games Montréal n’a pas sorti de gros jeu depuis 7 ans. Il se dit que pas mal de projets ont été rebootés ou annulés. On note aussi que les équipes de Warner Bros sortent essentiellement des jeux solo. NetherRealm est quant à lui le studio qui fait office d’exception. Il commercialise fréquemment des DLC et possède la licence Mortal Kombat; Injustice est en revanche lié à l’univers de DC Comics.
Rien ne dit que Take Two, Electronic Arts ou Activision Blizzard rachèteront bien Warner Bros Interactive. Il se peut que cette division tombe dans les mains d’un fond d’investissement, par exemple. Néanmoins, si Take Two, EA et Activision sont cités, c’est qu’il y a sans doute une raison. Et on notera bien que ni Tencent, ni un constructeur historique (Microsoft, Nintendo, Sony) ne sont mentionnés. Et il va de même pour Google et Amazon qui souhaitent pourtant devenir les rois du Cloud Gaming.
Lors de cet E3 2020, Warner Bros avait prévu de tenir pour la toute première fois une conférence. Les nouveaux jeux de WB Games Montreal, Rocksteady et Avalanche Software auraient dû être dévoilés. Avec l’annulation de cet événement et ce nouveau rebondissement, on ignore quand ces annonces auront lieu.
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Sony : pourquoi la fermeture de Bluepoint Games est tragique… et logique
Ce jeudi, Sony a annoncé la fermeture de Bluepoint Games, studio auteur de jeux majeurs sur PlayStation. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de fans se sont dit attristés par cette nouvelle qui est, hélas, logique.
Qui était Bluepoint Games ?
Bluepoint Games est un studio texan fondé en 2006. Pour son 20ème anniversaire, il fermera ses portes.
Au cours de son existence, cette équipe d’environ 70 personnes a sorti de nombreux portages (Titanfall, PlayStation All-Stars Battle Royal…), remasters (Metal Gear Solid HD Collection, Uncharted Collection, God Of War Collection…) et remake (Shadow Of The Colossus, Demon’s Souls). Bluepoint était connu pour son excellence ; c’est un studio qui ne décevait pas.
En 2021, Sony annonçait le rachat de Bluepoint pour une somme non-dévoilée. Celle-ci ne devait pas être élevée car Bluepoint ne possédait aucune licence ; Sony rachetait là un savoir-faire.


Plutôt que de plancher sur un nouveau remake, Bluepoint aida Sony Santa Monica sur le développement de God Of War Ragnarok. En 2022, l’équipe texane travailla sur son premier jeu original, un jeu-service dans l’univers de God Of War.
En début d’année 2025, ce projet fut annulé comme le rapporta Bloomberg. Et un an plus tard, Sony annonça la fermeture de Bluepoint.
Une génération où les remakes sont légion
Il est toujours triste de voir un studio de qualité fermer ses portes. Il y a également un sentiment d’incompréhension. Bluepoint était réputé pour son expertise en matière de remasters et remakes. Ceux de Shadow Of The Colossus et de Demon’s Souls sont brillants.
Il est étonnant de voir que Sony ne leur a pas demandé de continuer dans cette voie. D’autant plus que cette génération PS5 voit de nombreux remakes sortir, souvent avec un joli succès. De tête, on peut citer Silent Hill 2… Metal Gear Solid Delta… Dragon Quest I, II et III… The Elder Scrolls Oblivion… Final Fantasy VII… Resident Evil 2, 3 et 4…
Les éditeurs acceptent de prendre ces paris car ils s’appuient sur des licences populaires capables de plaire à un nouveau public comme aux nostalgiques. Ce sont également des jeux plus faciles à concevoir car les développeurs peuvent s’appuyer sur les matériaux d’origine.
De nombreux jeux mériteraient un magnifique remake façon Demon’s Souls. Ce dernier était à l’origine un jeu PS3. Sur cette même génération les inFamous, MotorStorm et Uncharted auraient pu bénéficier d’un tel traitement. On peut également se demander pourquoi c’est Sony Santa Monica qui développera le remake de la trilogie God Of War, plutôt que Bluepoint. Sans doute car son sort était déjà scellé.
Sony et le mirage des jeux-service
Depuis plusieurs années, Sony s’est mis en tête de s’imposer dans le milieu des jeux-service, ces titres multijoueurs sans cesse mis à jour et financés grâce aux micro-transactions. Le Japonais affiche un bilan contrasté. De nombreux projets ont été annulés en cours de route, d’autres ont échoué, et certains ont réussi, à l’image de Helldivers ou MLB The Show.
Sony continue d’investir dans ce domaine. On a récemment découvert 4Loop lors du dernier State Of Play ; une semaine avant, il avait officialisé Horizon Hunters Gathering. Et on attend toujours FairGames par Haven, studio racheté en 2022.

Si l’annonce de jeux multi fait souvent froncer les sourcils sur les réseaux sociaux, il faut bien se rendre compte que ceux-ci sont hyper populaires. Prenez simplement les jeux les plus joués chaque semaine ou les jeux les plus vendus en 2025. Tous ces classements sont dominés par des titres multijoueur. Et Sony veut sa part du gâteau. Ce n’est pas grave si plusieurs jeux n’y arrivent pas car un seul succès peut effacer ces échecs.
Résultat, Sony a poussé ses studios à aller dans cette voie, et cela a fait des dégâts avec plusieurs annulations et des fermetures de studios.
Une industrie qui ne va pas bien
Sony affiche de très jolis résultats, la PS5 est la console la plus rentable de son histoire, mais malgré tout, le marché du jeu vidéo peine. Celui des consoles a tendance à stagner plutôt que croître. Et les coûts de développement explosent.
Les Etats-Unis sont notamment touchés par cela. Développer un jeu vidéo outre-atlantique demande d’importants budgets contrairement à l’Europe de l’Est, par exemple. Comparez simplement Cronos The New Dawn fait par Bloober en Pologne et The Callisto Protocol conçu par Striking Distance, équipe située sur la côte ouest américaine. Le premier a coûté moins de 30 millions d’euros, le second 160 millions de dollars.
Ce n’est pas pour rien si désormais 1/3 des coûts de production vont des studios tiers ; cela fait baisser la facture. De même, on note que les Etats-Unis ont été très touchés par les licenciements ces dernières années —environ 60% des limogeages mondiaux— et désormais, ils ne compte que pour 20% des postes ouverts. En d’autres termes, les éditeurs fuient les Etats-Unis.
Que signifie la fermeture de Bluepoint ?
D’un point de vue joueur, c’est triste de voir un studio avec une telle expertise fermer. D’un point de vue business, ça se comprend. Malheureusement.
Bluepoint ne semblait plus entrer dans les plans de Sony. Le studio n’a pas su proposer un jeu-service convaincant —ce qui est la stratégie actuelle— et il est situé dans une région où les coûts sont élevés. Le couperet paraît logique.
Sous l’ère d’Hermen Hulst, patron des studios PlayStation, seuls les immenses succès semblent compter, au détriment des petites victoires. C’est l’inverse de la philosophie de Shawn Layden, son prédécesseur. L’Américain s’est toujours fait l’avocat de projets variés à travers des budgets mieux maitrisés.

Au cours des dernières années, PlayStation Studios a changé. Il a fait plusieurs acquisitions dans cette optique des jeux-services. Et il a fermé des structures à cause de ces échecs.
En soi, Sony n’a pas abandonné les jeux solo. Mais il souhaite davantage se diversifier. En 2026 Sony prévoit de sortir Saros, Wolverine et la suite de Kena. Et il a publié God Of War Sons Of Sparta il y a quelques jours. Et en matière de jeux multi, Sony a dans les cartons MLB The Show 26, Marathon et Marvel Tokon, en plus de la grosse mise à jour gratuite Legends pour Ghost Of Yotei.
Sony se veut plus exigeant dans ses objectifs de rentabilité. Et désormais, on peut se demander quel sera l’avenir de plusieurs de ses studios. Que se passera-t-il à la fin de l’été si Marathon ne parvient pas à s’imposer ? Quel avenir pour Bend qui n’a pas eu le droit de faire une suite à Days Gone ? Même question pour Media Molecule qui n’a même pas sorti de versions PS5 ou PC pour Dreams…
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GTA 6, PS6, Clair Obscur 2 : pourquoi ce podcast avec Thomas Grellier est à ne surtout pas manquer
GTA 6 va-t-il vraiment changer le jeu ?
À quoi faut-il s’attendre pour la PS6 ?
Et comment un jeu indépendant français comme Clair Obscur a réussi à bousculer l’industrie ?
Dans le nouvel épisode du podcast Tant qu’il y aura du Wi-Fi !, Julien Tellouck reçoit Thomas Grellier pour une discussion passionnante, accessible et ultra éclairante sur le présent — et surtout l’avenir — du jeu vidéo.
Un épisode pensé pour donner des clés de compréhension, pas juste commenter l’actualité.
Un invité rare, une parole claire
Thomas Grellier n’est pas un simple commentateur.
Il a vécu l’évolution du jeu vidéo de l’intérieur, depuis le lancement de la première Xbox en 2000 jusqu’aux enjeux colossaux d’aujourd’hui.
Dans cet épisode, il partage :
• sa vision du marché actuel,
• les coulisses du développement des gros jeux,
• et ce que les joueurs ne voient jamais derrière les annonces spectaculaires.
GTA 6 : pourquoi l’attente est aussi énorme
Impossible de parler jeu vidéo aujourd’hui sans évoquer GTA 6.
Mais au-delà du hype, l’épisode pose les vraies questions :
- Pourquoi GTA 6 doit être terminé bien avant sa sortie ?
- Pourquoi la pression autour du jeu est sans précédent ?
- Et pourquoi il ne peut pas se permettre le moindre faux pas ?
PS6 : ce que l’on peut déjà anticiper
Autre sujet brûlant : la PlayStation 6.
Sans rumeur gratuite ni fantasme, Julien Tellouck et Thomas Grellier analysent les tendances lourdes du marché :
- évolution des usages,
- attentes des joueurs,
- avenir des consoles face au cloud et au cross-platform.
Clair Obscur : la preuve que tout n’est pas qu’AAA
L’épisode met aussi en lumière Clair Obscur, un jeu indépendant français devenu un vrai symbole.
Pourquoi ce succès est important ?
Parce qu’il montre que :
- l’innovation peut venir de studios plus modestes,
- le public est prêt à suivre des propositions fortes,
- et que le jeu vidéo français a un vrai rôle à jouer.
Le podcast avec Thomas Grellier est disponible dès maintenant sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes de streaming audio :
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Kayane raconte son parcours dans Tant qu’il y aura du Wi-Fi
Commencer le jeu vidéo à 4 ans, affronter des adultes en tournoi à 9 ans et devenir l’une des figures majeures de l’eSport français : le parcours de Kayane est tout sauf ordinaire.
Dans le dernier épisode du podcast Tant qu’il y aura du Wi-Fi, Kayane se livre sans filtre sur son histoire, ses combats et la réalité du gaming professionnel.
Très tôt plongée dans l’univers des jeux de combat avec Tekken et Soul Calibur, elle découvre un milieu exigeant, souvent hostile, où être une jeune fille n’allait pas de soi. Mépris, soupçons de triche, refus d’inscription aux tournois : Kayane raconte comment ces obstacles ont forgé son mental de compétitrice.
Mais l’épisode va bien au-delà du récit personnel. Elle y dévoile la face cachée de l’eSport, notamment la réalité économique des jeux de combat, loin des clichés sur les cashprizes millionnaires. Même au plus haut niveau, vivre de sa passion demande indépendance, créativité et sens de la communication.
Game One, sponsors, conventions, réseaux sociaux, mentorat… Kayane explique comment elle a construit une carrière durable tout en restant fidèle à ses valeurs.
Elle aborde aussi un sujet essentiel : la place des femmes dans le gaming, avec un discours lucide, nuancé et profondément humain.
Un épisode inspirant et nécessaire pour comprendre ce qu’est vraiment l’eSport aujourd’hui.
Le podcast avec Kayane est disponible dès maintenant sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes de streaming audio :
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