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Xbox Game Pass, UPlay +, PSNow, Origins… La guerre des abonnements

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Le marché du jeu vidéo ne cesse d’évoluer. On parle beaucoup du cloud gaming, mais la véritable tendance du moment, ce sont les abonnements. On les appelle les Netflix du jeu vidéo car ils offrent, contre une certaine somme, un accès illimité à tout un catalogue de jeux. C’est un marché juteux, alors tout le monde veut sa part du gâteau. Oui, mais à quel prix?

Au cours de sa conférence E3 2019, Microsoft a fièrement annoncé que le Game Pass débarquait sur PC. Contre 10€ par mois, il donne notamment accès à Forza Horizon 4, Football Manager 2019, Ark, Prey ou encore la trilogie The Banner Saga. Plus fort encore, Microsoft a officialisé le Xbox Game Pass Ultimate qui comprend un abonnement au Xbox Live Gold et aux deux Game Pass (PC & console) contre 13€ par mois.

Comme Microsoft, Ubisoft a mis l’accent sur son propre service d’abonnement lors de sa conférence. Il a un nom: UPlay+. Cette offre à 15€/mois permet de jouer à tous les jeux PC (et même DLC) de l’éditeur français. Petite particularité extrêmement intéressante: UPlay + est également attendu sur Stadia en 2020. En d’autres termes, il sera possible de jouer à n’importe quel jeu Ubisoft sur n’importe quel écran connecté.

Déjà l’an passé, Electronic Arts faisait parler de lui avec Origin Access Premier. Il coûte 15€/mois. Et lui aussi donne un accès illimité à tous les jeux de l’éditeur américain sur PC. Dans les prochains mois, cette offre pourrait en plus se mettre au cloud gaming, EA ayant racheté une importante société dans ce domaine.

Et puis on n’oublie pas le PlayStation Now. Il compte actuellement 700 000 abonnés à travers le monde et possède un catalogue de plusieurs centaines de titres. Ces jeux ne sont cependant pas aussi qualitatifs que ceux disponibles sur le Game Pass. Sony refuse ainsi de mettre ses dernières exclusivités sur le PSNow.

Tous les acteurs n’adoptent pas la même stratégie de contenu

Cette forte concurrence aura à terme un impact sur les prix proposés mais surtout sur le contenu. Chacun va négocier des exclusivités, ou plutôt garder ses jeux pour soi. « Nous avons toujours dit que si nos titres devaient arriver dans d’abonnement, ce serait alors à travers notre propre service« , a ainsi déclaré Brenda Panagrossi, vice présidente d’Ubisoft.

UPlay + se veut destiné aux fans d’Ubisoft. Il n’y aura pas de roulement au niveau des jeux. Toutes les productions du français seront directement intégrées à ce service, que ce soit Prince Of Persia ou The Division 2. Aucun titre ne quittera cet abonnement payant. Au contraire, au fil des mois, d’autres s’ajouteront en même temps qu’ils arriveront dans le commerce. Les abonnés UPlay+ n’auront pas à payer un supplément pour profiter de Ghost Recon Breakpoint ou de Watch Dogs Legion.

Le Xbox Game Pass propose une immense liste de jeux
La liste de jeux du Xbox Game Pass ne cesse de grossir

Le Xbox Game Pass adopte une autre philosophie. En intégrant pas mal de jeux indés, il espère toucher un large public. « Comme dans le cinéma ou la musique, il n’y a pas cette chanson que tout le monde aime. Il n’y a pas ce film ou même ce genre que tout le monde aime. Avec le Game Pass, nous pensons alors aux millions de joueurs différents et aux différents genres auxquels ils jouent. Cette diversité est vraiment importante. » conclut Phil Spencer, le chef de la marque Xbox chez Microsoft.

C’est l’une des raisons qui a poussé le constructeur américain à mettre la main sur Double Fine. Ce studio autrefois indépendant conçoit des point’n clicks ou des jeux de plate-forme. On est loin d’un Ninja Theory spécialiste de l’action, ou de licences comme Gears et Halo qui sont des shooters. Microsoft veut des jeux variés et espère pouvoir sortir un nouveau titre tous les 3 mois grâce à son Xbox Game Studios. Ce sont bien les jeux 1st Party qui nourriront le catalogue du Game Pass.

L’abonnement, une formule gagnante?

A en croire Playground, les auteurs des Forza Horizon, le Game Pass ne modifie en rien les habitudes des joueurs. On compte 10 millions d’utilisateurs sur Forza Horizon 4, en mêlant ceux qui ont payé ce titre et ceux qui ont le Game Pass. Il n’y aurait qu’une faible différence au niveau du temps de jeu par utilisateur. A en croire ces propos, les abonnés ne font pas que picorer la multitude de jeux qui s’offrent à eux. Ils s’investissent véritablement comme s’ils avaient dépensé soixante euros dans un titre.

En incluant tous ses jeux dans le Xbox Game Pass, Microsoft joue un vilain tour aux revendeurs. A quoi bon se déplacer dans un magasin le jour de la sortie d’un jeu quand on l’a directement dans son abonnement? Et pourquoi dépenser 25€ dans un jeu d’occasion quand, pour deux fois moins, on peut l’avoir ainsi qu’une centaine d’autres titres?

Le Xbox Game Pass fait pourtant vendre davantage de jeux. C’est en fait un merveilleux outil de communication, explique Microsoft. Une production comme State Of Decay 2 a directement eu plusieurs millions de joueurs lors de son lancement. Cela a attiré le regard de nombreuses personnes alors qu’il ne s’agit pas d’un blockbuster.

State Of Decay 2, l'un des grands gagnants du Game Pass
State Of Decay 2, un succès grâce au Game Pass.

Ce genre de service met plus facilement en lumière les nouveaux titre. Puis le bouche à oreille fait son effet. Dès lors, pour un jeu en provenance d’un éditeur tiers ou d’une équipe indépendante, qu’est-ce que cela signifie?

Les abonnements bientôt remplis de jeux à micro-transactions?

Cela peut paraître étrange: on ne crée pas de la même manière un jeu à destination du commerce que d’un abonnement. Dans le premier cas, on est libre. Dans le second, il faut réussir à accrocher le joueur dès le début, sinon il partira essayer un autre titre. Adieu donc la phrase magique des fans de RPG: « le début est pourri mais à partir de 20 heures de jeu, ça devient bien.« 

Il semblerait que Microsoft paie chaque éditeur lorsque son titre arrive sur le Game Pass. Ce ne serait pas comme sur Spotify, par exemple, où les artistes sont rémunérés en fonction du nombre d’écoute. Pour récupérer un jeu, Microsoft ferait donc une offre et, si celle-ci est acceptée, le jeu intégrerait alors le Xbox Game Pass pour une durée de plusieurs mois.

Le PSNOW de Sony, le cloud gaming sur PC
Le PSNow compte 700 000 abonnés. Sony reste néanmoins timide avec son offre de cloud gaming.

On ignore les montants proposés par Microsoft pour chacun des titres. On se doute néanmoins que chaque studio essaiera ensuite de monétiser un maximum son titre pour maximiser ses revenus. Phil Spencer déclare d’ailleurs que le Xbox Game Pass est parfait pour cela grâce à son grand nombre d’utilisateurs: « Si vous avez quelque chose à acheter à l’intérieur du jeu, s’il y a du contenu additionnel, vous touchez forcément davantage de joueurs. » En d’autres termes, l’objectif pour certains jeux sera de retenir le plus longtemps possible l’attention des abonnés au Game Pass, un peu à la façon des Free-To-Play.

Cette histoire de base de joueurs rappelle un peu le cas Rocket League. Ce dernier a été offert sur le PlayStation Plus à son lancement. En soi, Psyonix a perdu plusieurs milliers voire millions de ventes. Mais au final, cela a été bénéfique pour le jeu; le PlayStation Plus lui a permis de se faire connaître. Il ne faut d’ailleurs pas confondre le PS+ et le Xbox Live Gold avec les abonnements de type Xbox Game Pass et PS Now. Les premier cités autorisent le jeu en ligne et offrent chaque mois une petite poignée de jeux. Les seconds donnent accès à un catalogue de plusieurs centaines de jeux.

Chez les développeurs, une forme d’inquiétude apparaît

Le Xbox Game Pass était fréquemment mentionné lors du show de Microsoft. Sur les 60 jeux montrés —exclusivités ou pas—, plus de la moitié débarqueront le jour de leur sortie sur ce service en ligne. Dès lors, c’est la notion même de la valeur d’un jeu qui risque d’en prendre un coup. Comme l’a dit Jason Schreier, de nombreux développeurs seraient effrayés par ce nouveau phénomène; comment vendre un jeu vidéo 60€ quand des centaines sont inclus dans un abonnement à 15€/mois?

Le journaliste américain prend également en exemple le marché du jeu mobile où les Free-To-Play ont largement gagné la guerre. Les jeux premium sont plus que rares et, pour survivre, sont regroupés en partie dans l’Apple Arcade… un service d’abonnement.

God Of War n'est pas sur le PSNOW
Le papa de Kratos ne veut pas d’un avenir où les services d’abonnement existent.

Cory Barlog, le directeur créatif du dernier God Of War, s’est lui aussi exprimé à ce sujet. Sur Twitter, il dit espérer que les abonnements ne remplaceront pas définitivement l’achat unique de jeux. Il s’agit d’une option intéressante, mais ce ne doit pas devenir le seul moyen de profiter de nouveaux titres.

D’autres acteurs s’y intéressent, d’autres n’y croient pas

Microsoft est la compagnie la plus agressive en matière d’abonnement. Les rumeurs évoquent même l’arrivée de ce service sur Switch, histoire de toucher encore plus de monde. En 2018, Microsoft déclarait pourtant que le Xbox Game Pass était une simple addition au marché actuelle. « Notre objectif n’est pas que vous obteniez tout votre contenu à travers ce service. Nous ne voyons pas un avenir où les abonnements dominent le marché. Dans le futur, les consommateurs devront avoir un choix entre les abonnements et les jeux à l’unité. » Bref, le marché doit évoluer car il s’agit de « ce que les consommateurs et les développeurs recherchent.« 

Microsoft, Sony, Ubisoft, Electronic Arts… La plupart des géants du jeu vidéo se sont mis aux abonnements. Même Square Enix s’y intéresse de près. « Nous fournissons déjà des jeux sur le Xbox Game Pass. Mais à terme, nous pensons à fonder notre propre service.« 

Il y a une société qui est pour le moment réfractaire à cette idée. C’est l’éditeur des NBA 2K, Borderlands, X-Com ou encore des jeux Rockstar comme Red Dead Redemption et GTA: Take Two n’y croit pas. Par le biais de son PDG Strauss Zelnick, la société américaine a exprimé sa méfiance. « Je ne suis pas sûr que ces services d’abonnement s’appliquent à notre business. » Pour les jeux accusant un certain âge, ce peut être intéressant car ça permet de leur offrir une seconde vie et donc de générer des revenus additionnels. En revanche, pour tout ce qui est sorties récentes et autres blockbusters, ça n’a pas d’intérêt.

Red Dead Redemption 2 n'est pas encore dans un service d'abonnement
Red Dead Redemption 2 n’est pas prêt d’arriver sur le Xbox Game Pass ou le PSNow.

Malgré tout, Take Two est prêt à placer ses jeux dans le Xbox Game Pass ou le PlayStation Now, mais pas tous. Contrairement à Ubisoft, Take Two se fiche que ses jeux ‘appartiennent’ à un service d’une autre compagnie. La société dirigée par Strauss Zelnick ne se voit pas sortir à l’avenir son propre service d’abonnement. « Il n’y a pas d’avantage compétitif à gagner dans la distribution quand vous êtes dans le business du contenu. » En d’autres termes, Take Two estime avoir déjà établi un lien direct avec le consommateur. Et ce qui fera la différence, au moment d’opter pour l’achat d’un jeu unique ou d’un abonnement, c’est la qualité des jeux. Encore et toujours, ce sont les grands titres qui font pencher la balance.

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Les clones de Meccha Chameleon plus populaires que le jeu original sur Steam

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Si votre petit jeu indé est un (immense) succès, il y a alors de fortes chances pour qu’il soit copié sur Roblox où il rayonnera davantage.

Dans sa revue de presse hebdomadaire, la newsletter Le Résumé Jeu Vidéo a mis l’accent sur un phénomène important et pourtant peu discuté : les copies.

Sur mobile, ce phénomène existe depuis de longues années. Chaque concept un peu nouveau connaît un immense nombre de déclinaisons. Cela tend même à s’accélérer avec l’IA Générative où chacun peut facilement vibe coder à l’aide de prompts. Mais désormais, c’est sur Roblox que les clones se multiplient… et connaissent un succès fou.

Roblox plus fort que Steam

A l’image de Fortnite, Roblox récompense financièrement les créateurs des niveaux les plus populaires. Certains innovent, d’autres s’inspirent fortement de ce qui se fait ailleurs.

Ces dernières semaines, Meccha Chameleon connait un succès fou sur Steam. Ce jeu de cache-cache où chaque joueur peut « se peindre » pour se fondre dans le décor a dépassé les 15 millions de ventes.

Sur Roblox, les expériences sont gratuites mais regorgent de micro-transactions. Il existe un nombre incalculable de jeux différents. Et dans le lot, pas mal de copies de Meccha Chameleon… qui attirent plus de monde que le jeu original sur Steam.

Ce constat a été publié sur Reddit par un utilisateur, il y a quelques jours. RoWatcherHQ a mis en ligne un graphique sur r/dataisbeautiful comparant la popularité du jeu Meccha Chameleon avec ses clones. Ceux-ci ont mis plusieurs jours avant de débarquer et désormais, ils le dépassent.

Ces copies posent un souci supplémentaire aux développeurs indés. A une époque où beaucoup de jeux peinent à être visibles, il y a désormais le risque de voir une expérience originale noyées au milieu de ses clones.

Pour rappel, Roblox attire chaque jour 150 millions de joueurs et parvient à dépasser, en nombre d’heures jouées chaque mois, Steam, PlayStation et Fortnite additionnés.

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Jean Guesdon dévoile les secrets d’Assassin’s Creed : Black Flag Resynced, Ubisoft, La série Netflix… tout ce qu’il faut savoir

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Comment naît un Assassin’s Creed ? Pourquoi Black Flag est-il devenu l’un des épisodes préférés des joueurs ? Comment Ubisoft choisit-il les périodes historiques de la saga ?

Pour ce nouvel épisode de Tant qu’il y aura du WiFi, j’ai eu le plaisir de recevoir Jean Guesdon, directeur du contenu de la marque Assassin’s Creed chez Ubisoft. L’un des principaux artisans de la licence revient sur plus de quinze ans d’histoire, les coulisses du développement, le lore, Assassin’s Creed Black Flag Resynced et l’avenir de la franchise.

Si vous êtes passionné par Assassin’s Creed, Ubisoft, le développement de jeux vidéo ou les grandes licences du gaming, cette interview est incontournable.

Jean Guesdon, l’un des hommes derrière Assassin’s Creed

Depuis près de vingt ans, Assassin’s Creed est devenu l’une des licences les plus populaires de l’industrie du jeu vidéo.

Derrière chaque épisode se cache un travail colossal mêlant recherches historiques, direction artistique, narration, game design et cohérence scénaristique.

Jean Guesdon occupe aujourd’hui le poste de Directeur du contenu de la marque Assassin’s Creed chez Ubisoft. Son rôle consiste à garantir la cohérence de l’univers sur tous les supports : jeux vidéo, romans, bandes dessinées, projets transmedia et futures adaptations.

Au cours de notre entretien, il revient sur son parcours, depuis ses débuts dans le design industriel jusqu’à son arrivée chez Ubisoft Montréal, où il participera à plusieurs épisodes majeurs de la série.

Assassin’s Creed Black Flag Resynced : le retour d’un monument

Impossible d’évoquer Assassin’s Creed sans parler de Black Flag.

Sorti en 2013, cet épisode mettant en scène Edward Kenway est encore considéré aujourd’hui par de nombreux joueurs comme le meilleur Assassin’s Creed jamais créé.

Ubisoft prépare désormais Assassin’s Creed Black Flag Resynced, une version entièrement modernisée du jeu.

Au programme :

  • une refonte graphique grâce au moteur Anvil ;
  • des effets de lumière modernisés ;
  • une météo dynamique influençant la navigation ;
  • un système de combat plus fluide ;
  • des batailles navales améliorées ;
  • de nouvelles missions ;
  • des zones inédites ;
  • plusieurs heures de contenu supplémentaires.

Jean Guesdon explique les défis que représente la modernisation d’un jeu devenu culte sans trahir ce qui faisait son identité.

Comment Ubisoft choisit les périodes historiques ?

L’une des questions que se posent tous les fans est simple :

Comment Ubisoft choisit-il la prochaine époque historique ?

Égypte, Renaissance italienne, Révolution française, Japon féodal, Grèce antique, Angleterre viking…

Chaque épisode demande plusieurs années de recherches.

Jean Guesdon explique que tout commence par une longue phase documentaire où historiens, scénaristes, artistes et game designers travaillent ensemble afin de construire un univers crédible.

L’objectif n’est pas de réaliser une simulation historique, mais de proposer une aventure immersive qui respecte l’esprit des grandes périodes de l’Histoire.

Le lore d’Assassin’s Creed : un immense puzzle

Au fil des années, Assassin’s Creed est devenu un univers extrêmement riche.

Entre les jeux principaux, les épisodes secondaires, les romans, les comics et les futures adaptations, maintenir une cohérence représente un véritable défi.

Jean Guesdon nous explique comment les équipes travaillent sur le lore afin que chaque nouvelle histoire s’intègre parfaitement dans la chronologie globale de la saga.

Cette vision à long terme est l’une des grandes forces d’Assassin’s Creed.

Une série Netflix très attendue

Parmi les sujets abordés figure également la future série Assassin’s Creed produite par Netflix.

Même si certains éléments restent confidentiels, Jean Guesdon évoque les défis liés à l’adaptation d’un univers aussi vaste vers un nouveau média.

Une étape importante pour une licence qui dépasse désormais largement le cadre du jeu vidéo.

Pourquoi Black Flag reste le préféré des joueurs ?

Plus de dix ans après sa sortie, Assassin’s Creed IV Black Flag continue d’être régulièrement cité parmi les meilleurs épisodes de la série.

Pourquoi un tel succès ?

Au cours du podcast, Jean Guesdon revient sur plusieurs éléments qui ont marqué les joueurs :

  • Edward Kenway ;
  • les combats navals ;
  • les Caraïbes ;
  • l’exploration ;
  • la liberté offerte au joueur ;
  • les célèbres chants de marins.

Autant d’éléments qui expliquent pourquoi Ubisoft a choisi de moderniser cet épisode emblématique.

Les coulisses du développement chez Ubisoft

Cette interview est aussi l’occasion de découvrir le fonctionnement interne d’un des plus grands studios de développement au monde.

Comment travaille une équipe répartie sur plusieurs pays ?

Combien de personnes participent à un Assassin’s Creed ?

Comment sont prises les grandes décisions créatives ?

Jean Guesdon partage plusieurs anecdotes inédites sur les différentes étapes de production d’un jeu AAA.

Une interview passionnante pour tous les fans de jeux vidéo

Que vous soyez un joueur de la première heure ou que vous découvriez simplement la licence, cet échange permet de mieux comprendre comment est construite une franchise mondiale comme Assassin’s Creed.

Au-delà de Black Flag Resynced, nous parlons également du futur de la série, des envies des équipes créatives et des périodes historiques qui pourraient encore être explorées.

Une conversation riche qui offre un regard rare sur les coulisses d’Ubisoft.

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Le plaisir de se perdre : quand l’exploration devient plus importante que la mission principale

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Les meilleurs souvenirs de jeu vidéo ne sont presque jamais ceux des missions principales. Ce sont les détours imprévus, les zones découvertes par hasard, les moments où le joueur s’écarte du chemin tracé pour suivre sa propre curiosité. Cette dynamique, longtemps considérée comme un effet secondaire du design en monde ouvert, s’est imposée comme l’élément central de l’expérience pour de nombreux joueurs. Les concepteurs qui l’ont compris ajustent désormais leurs créations en conséquence, en investissant autant dans les périphéries de la carte que dans le tracé narratif principal. Cette transformation mérite une analyse attentive parce qu’elle reflète une compréhension plus fine de ce qui produit l’attachement durable au jeu.

Pourquoi la mission principale ne suffit plus

La mission principale d’un jeu remplit une fonction structurante mais elle a ses limites. Elle impose un rythme, des objectifs, des contraintes narratives qui ne correspondent pas toujours à ce que le joueur a envie de vivre dans le moment présent. Un joueur qui a passé sa journée à suivre des consignes au travail n’a pas forcément envie de suivre des consignes le soir dans son loisir, même quand ces consignes sont enveloppées dans une fiction agréable, comme le rappellent les longues réflexions consacrées à la liberté du joueur dans les blogs spécialisés.

L’exploration libre offre l’expérience inverse. Le joueur décide où aller, ce qu’il veut explorer, à quel rythme avancer. Cette liberté restaurée produit un type de plaisir que les missions structurées ne peuvent pas offrir, et beaucoup de joueurs constatent qu’ils retournent dans leurs jeux préférés non pas pour progresser dans l’histoire mais pour passer du temps dans leurs mondes. Les minecraft ps3 jeux ont popularisé cette dynamique auprès du grand public, et leur succès durable est l’un des meilleurs indicateurs de la valeur que les joueurs accordent à cette liberté.

La géographie comme contenu à part entière

Les meilleurs jeux d’aventure traitent la géographie comme un contenu à part entière plutôt que comme un simple support pour les missions. Chaque zone a son identité visuelle, son ambiance sonore, ses détails environnementaux qui récompensent l’observation. Le joueur qui prend le temps d’explorer trouve dans cette densité un plaisir comparable à celui de la lecture, où chaque page contient quelque chose qui mérite l’attention indépendamment de l’intrigue principale.

Cette densité ne s’improvise pas. Elle représente un investissement massif des équipes de conception qui peuplent les zones avec des éléments narratifs, des références cachées, des micro-histoires qui ne sont pas nécessaires à la mission principale mais qui transforment la simple promenade en exploration enrichissante. Les jeux qui réussissent cet investissement créent des mondes que les joueurs habitent vraiment, par opposition aux mondes qu’ils traversent simplement pour atteindre le prochain objectif.

Les récompenses émotionnelles de la dérive

L’exploration libre produit des récompenses émotionnelles différentes de celles que les missions structurées peuvent offrir. La surprise de trouver une zone inattendue. La satisfaction d’avoir résolu un puzzle environnemental sans y avoir été dirigé. La beauté d’un paysage découvert sans intention. Ces moments ne s’accumulent pas dans un compteur de progression mais ils s’inscrivent dans la mémoire du joueur avec une intensité que les récompenses calculées par les concepteurs n’atteignent pas.

Les neurosciences commencent à expliquer pourquoi ces moments produisent un attachement aussi fort, des mécanismes vulgarisés en détail dans les dossiers consacrés au système de récompense cérébral. Le système de récompense du cerveau réagit différemment aux découvertes spontanées qu’aux récompenses anticipées. La dopamine libérée lors d’une découverte inattendue produit une trace mnésique plus durable que celle des récompenses programmées. Les concepteurs qui comprennent ce mécanisme structurent leurs jeux pour multiplier les opportunités de surprise, sachant que c’est dans ces moments que l’attachement se construit.

Les conséquences sur la conception narrative

L’importance prise par l’exploration force les concepteurs à repenser leur approche narrative. Une histoire linéaire qui suppose que le joueur suivra le rythme prévu ne fonctionne plus dans un jeu qui encourage activement les détours. Les meilleurs scénaristes du médium ont développé des techniques pour rendre leurs récits compatibles avec des parcours non linéaires, en utilisant des indices distribués dans l’environnement, des conversations contextuelles, des fragments d’histoire qui s’assemblent dans n’importe quel ordre.

Cette flexibilité narrative est l’une des innovations les plus intéressantes des dernières années. Elle produit des histoires qui ne se déroulent pas mais qui se révèlent, dans un ordre qui dépend des choix du joueur. La même fiction peut être vécue de manière radicalement différente par deux joueurs sans qu’aucun ne se sente confronté à une histoire incomplète. C’est une forme d’écriture qui n’a aucun équivalent dans les médiums précédents.

Le défi des concepteurs face à l’exploration

Concevoir un jeu qui récompense vraiment l’exploration est plus difficile que ce que les présentations marketing suggèrent, une nuance soulignée dans les longues critiques publiées sur les mondes ouverts modernes. Le danger principal est le vide qui peut s’installer dans les zones secondaires si le concepteur n’y a pas investi suffisamment de contenu. Le joueur qui explore une zone et n’y trouve rien d’intéressant retire la leçon que l’exploration n’est pas récompensée, et cesse d’explorer dans la suite de la partie.

Les meilleurs concepteurs maintiennent une densité de récompense suffisante pour que chaque exploration produise quelque chose, même modeste. Une vue spectaculaire. Un dialogue inattendu avec un personnage secondaire. Un objet utile sans être essentiel. Cette politique de récompense systématique demande des budgets de développement importants mais elle produit l’attachement durable qui justifie ces budgets sur le long terme.

Pourquoi les rejouabilités s’allongent

Les jeux qui récompensent l’exploration produisent des durées de jeu qui dépassent largement ce que les missions principales suggèrent. Un jeu dont l’histoire principale dure quarante heures peut occuper un joueur passionné pendant plusieurs centaines d’heures grâce à l’exploration. Cette extension de la durée de vie est précieuse économiquement pour les studios et culturellement pour les joueurs qui s’attachent à leurs mondes préférés.

Les communautés qui se forment autour de ces jeux développent des cultures d’exploration qui amplifient encore le phénomène. Les joueurs partagent leurs découvertes, leurs cartes annotées, leurs théories sur les éléments cachés. Cette dimension sociale prolonge la vie du jeu bien au-delà de ce qu’une expérience purement individuelle permettrait, et elle crée un type d’engagement communautaire que les jeux à mission stricte ne génèrent presque jamais.

Ce que les voyages physiques nous enseignent sur les voyages virtuels

Une analogie utile éclaire le plaisir de l’exploration vidéoludique. Les voyageurs expérimentés savent que les meilleurs souvenirs d’un voyage ne sont presque jamais ceux de l’itinéraire planifié. Ce sont les détours imprévus, les rencontres fortuites, les lieux découverts en se perdant. Cette sagesse millénaire des voyageurs s’applique avec une précision étonnante aux jeux vidéo en monde ouvert. Le joueur qui suit son intuition et accepte de s’écarter du chemin tracé reproduit dans son loisir numérique l’attitude qui a toujours distingué les vrais voyageurs des touristes pressés, et il en retire les mêmes types de satisfaction profonde que les voyages physiques bien menés peuvent offrir à ceux qui acceptent de s’y abandonner.

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