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Amy Hennig parle des budgets jeux vidéo qui explosent
Depuis la fin du projet Star Wars par Visceral Games, Amy Hennig ne s’est jamais exprimée. Au cours d’une conversation avec Sean Vanaman, elle a néanmoins accepté de revenir sur ces budgets qui explosent et la transformation du jeu vidéo, à défaut de revenir en détails sur cette aventure de 3 ans.
Qu’importe la forme, la narration a toujours été un élément important dans les jeux vidéo. On retrouve cela à la fois chez les indés ou dans les blockbusters, ces AAA qui bénéficient d’un gros budget. Ces dernières années, Naughty Dog a toujours été salué pour l’écriture de ses jeux. Il y a The Last Of Us, mais aussi la série des Uncharted. On doit notamment les aventures de Nathan Drake à une personne: Amy Hennig. Elle a occupé le poste de Directrice Créative dès les débuts du Project Big puis a quitté le studio californien en 2014. Elle a ensuite rejoint Visceral Games pour plancher sur Battlefield Hardline et surtout un jeu d’action Star Wars.
Sean Vanaman a quant à lui dirigé la première saison de The Walking Dead par Telltale. Il a ensuite quitté cette structure pour créer la sienne. Avec Campo Santo, il a sorti Firewatch. Ce titre est souvent décrit comme un simulateur de marche et a été très bien reçu par la presse spécialisée et les joueurs. Lors des Game Awards 2017, Campo Santo a révélé son nouveau projet: In The Valley Of Gods.
Amy Hennig et Sean Vanaman ont chacun des parcours différents et n’ont pas forcément la même vision. Ils ont été réunis par Polygon qui en profité pour retranscrire cette surprenante rencontre. De nombreux sujets sont abordés. C’est souvent très intéressant car ils n’ont pas la même expérience. Contrairement à Sean Vanaman, Amy Hennig a principalement travaillé sur des productions à gros budget. Et à plusieurs reprises, elle est revenue sur ces coûts qui ne cessent de s’envoler.
« Ce qui s’est passé avec notre projet Star Wars n’est pas arrivé à l’improviste » déclare l’Américaine de 53 ans. Selon elle, il y aurait presque un décalage entre les demandes des joueurs et la réalité économique actuelle. « Il y a un vrai problème qui est la hausse des coûts de développement et le désir, voire les demandes mêmes des consommateurs en terme d’heures de jeu, modes présents, graphismes et tout ce genre de choses. Si les coûts sont de, disons 100 millions de dollars ou plus pour faire un jeu, comment est-ce que vous faites pour avoir un retour sur investissement ou pour dégager un profit?«
Amy Hennig n’a pas tort. Avec le temps —et indirectement l’arrivée de nouvelles générations—, les exigences des joueurs ont évolué. Autrefois, il était normal d’acheter plein tarif un jeu de 8h uniquement constitué d’une aventure linéaire en solo. Désormais, ce n’est plus le cas. En 2015, lors de la sortie de The Order 1886, on a par exemple assisté à une levée de bouclier face à cette faible durée de vie. Ces derniers temps, les productions solo de Bethesda connaissent certaines difficultés.
Le constat est identique chez Remedy. « Le fait est que les traditionnels jeux solo AAA sont très chers à produire. Les attentes des joueurs sont très hautes en matière de durée de vie, de fonctionnalités, de productions… » explique Thomas Puha, responsable de la communication au sein du studio finlandais. « Si on fait un bond de 10 ans en arrière, on remarque que le marché des consoles fait la même taille qu’aujourd’hui. Mais les coûts de développement ont été multipliés par 10. C’est évidemment un problème.«
Pour résumer de manière très simpliste, si un titre ne possède pas une forte composante multijoueur, il se doit alors d’être un immense monde ouvert à explorer. La charge de travail par rapport à autrefois est donc décuplé et le prix des jeux reste pourtant le même. « On ne peut changer ce tarif de 60 dollars, non? » déclare Amy Hennig avant de rappeler que les loot boxes et la notion de jeux-service sont une réponse à ce problème de hausse des coûts.
« Les budgets ne cessent de s’envoler, les attentes sont toujours revues à la hausse, et il devient de plus en plus insensé de produire ces jeux. » semble presque se lamenter Amy Hennig. Il est donc important de trouver de nouvelles sources de revenus. Pour le moment, cela passe par ces micro-transactions. Elles sont souvent critiquées mais elles font largement recette; GTA Online et FIFA Ultimate Team génèrent plusieurs millions de dollars chaque mois. Mais cela n’empêche pas que tout se joue au lancement même d’un jeu, ce qui explique les offres de précommande en tout genre. « En ce qui me concerne, nous devions vendre au moins 5 millions de jeux au lancement puis atteindre les 8 ou 9 millions. Et le résultat aurait quand même été modeste. » affirme Amy Hennig évoquant sans doute son jeu Star Wars.
Il faut bien comprendre que les équipes de développement de jeux AAA sont maintenant constituées de plusieurs centaines de personnes; parfois, on s’approche, voire même dépasse, le millier. Quand on ajoute les coûts de marketing —il faut bien que le grand public soit au courant de l’existence du jeu—, on arrive à des sommes folles.
En jetant coup d’oeil en arrière, on voit que ce phénomène n’est pas nouveau. A l’époque, Jason Rubin expliquait que les coûts étaient multipliés à chaque nouvelle génération. Invité à la Australian Game Developer Conference en 2004, l’ancien fondateur de Naughty Dog révélait le budget de quelques-uns de ses jeux. Les trois premiers Crash Bandicoot ont ainsi chacun coûté environ 2 millions de dollars. La production de la trilogie Jak & Daxter a quant à elle nécessité entre 10 et 15 millions de dollars par épisode; le troisième est le moins cher mais il a bénéficié de seulement 13 mois de développement contre 24 pour les deux autres.
Autres exemples, le cas Call Of Duty. L’épisode Finest Hour (GC, PS2, Xbox) a coûté 8,5 millions de dollars. Call Of Duty 2 (PC, 360) a quant à lui demandé un investissement de 14,5 millions de dollars. Puis il y a eu Call Of Duty Modern Wafare 2 dont le budget total a atteint les 200 millions. Le développement compte pour environ 1/4 de cette somme, le reste est lié au marketing et la distribution du jeu.
Cette surenchère ne semble pas prête de s’arrêter. Puisque plusieurs dizaines de millions de dollars sont en jeu, on comprend un peu mieux pourquoi les gros éditeurs souhaitent limiter les risques. Au moment, de donner leur feu vert à un nouveau projet, ils veulent s’assurer que tout soit fait pour qu’il soit rentable. Si Amy Hennig refuse de parler de son ancien jeu Star Wars, on comprend à demi-mot pourquoi Electronic Arts l’a annulé, ou du moins transféré à une autre équipe. Celui qu’on connaissait sous le nom de code Ragtag ne semblait pas adapté à notre époque.
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Sony : pourquoi la fermeture de Bluepoint Games est tragique… et logique
Ce jeudi, Sony a annoncé la fermeture de Bluepoint Games, studio auteur de jeux majeurs sur PlayStation. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de fans se sont dit attristés par cette nouvelle qui est, hélas, logique.
Qui était Bluepoint Games ?
Bluepoint Games est un studio texan fondé en 2006. Pour son 20ème anniversaire, il fermera ses portes.
Au cours de son existence, cette équipe d’environ 70 personnes a sorti de nombreux portages (Titanfall, PlayStation All-Stars Battle Royal…), remasters (Metal Gear Solid HD Collection, Uncharted Collection, God Of War Collection…) et remake (Shadow Of The Colossus, Demon’s Souls). Bluepoint était connu pour son excellence ; c’est un studio qui ne décevait pas.
En 2021, Sony annonçait le rachat de Bluepoint pour une somme non-dévoilée. Celle-ci ne devait pas être élevée car Bluepoint ne possédait aucune licence ; Sony rachetait là un savoir-faire.


Plutôt que de plancher sur un nouveau remake, Bluepoint aida Sony Santa Monica sur le développement de God Of War Ragnarok. En 2022, l’équipe texane travailla sur son premier jeu original, un jeu-service dans l’univers de God Of War.
En début d’année 2025, ce projet fut annulé comme le rapporta Bloomberg. Et un an plus tard, Sony annonça la fermeture de Bluepoint.
Une génération où les remakes sont légion
Il est toujours triste de voir un studio de qualité fermer ses portes. Il y a également un sentiment d’incompréhension. Bluepoint était réputé pour son expertise en matière de remasters et remakes. Ceux de Shadow Of The Colossus et de Demon’s Souls sont brillants.
Il est étonnant de voir que Sony ne leur a pas demandé de continuer dans cette voie. D’autant plus que cette génération PS5 voit de nombreux remakes sortir, souvent avec un joli succès. De tête, on peut citer Silent Hill 2… Metal Gear Solid Delta… Dragon Quest I, II et III… The Elder Scrolls Oblivion… Final Fantasy VII… Resident Evil 2, 3 et 4…
Les éditeurs acceptent de prendre ces paris car ils s’appuient sur des licences populaires capables de plaire à un nouveau public comme aux nostalgiques. Ce sont également des jeux plus faciles à concevoir car les développeurs peuvent s’appuyer sur les matériaux d’origine.
De nombreux jeux mériteraient un magnifique remake façon Demon’s Souls. Ce dernier était à l’origine un jeu PS3. Sur cette même génération les inFamous, MotorStorm et Uncharted auraient pu bénéficier d’un tel traitement. On peut également se demander pourquoi c’est Sony Santa Monica qui développera le remake de la trilogie God Of War, plutôt que Bluepoint. Sans doute car son sort était déjà scellé.
Sony et le mirage des jeux-service
Depuis plusieurs années, Sony s’est mis en tête de s’imposer dans le milieu des jeux-service, ces titres multijoueurs sans cesse mis à jour et financés grâce aux micro-transactions. Le Japonais affiche un bilan contrasté. De nombreux projets ont été annulés en cours de route, d’autres ont échoué, et certains ont réussi, à l’image de Helldivers ou MLB The Show.
Sony continue d’investir dans ce domaine. On a récemment découvert 4Loop lors du dernier State Of Play ; une semaine avant, il avait officialisé Horizon Hunters Gathering. Et on attend toujours FairGames par Haven, studio racheté en 2022.

Si l’annonce de jeux multi fait souvent froncer les sourcils sur les réseaux sociaux, il faut bien se rendre compte que ceux-ci sont hyper populaires. Prenez simplement les jeux les plus joués chaque semaine ou les jeux les plus vendus en 2025. Tous ces classements sont dominés par des titres multijoueur. Et Sony veut sa part du gâteau. Ce n’est pas grave si plusieurs jeux n’y arrivent pas car un seul succès peut effacer ces échecs.
Résultat, Sony a poussé ses studios à aller dans cette voie, et cela a fait des dégâts avec plusieurs annulations et des fermetures de studios.
Une industrie qui ne va pas bien
Sony affiche de très jolis résultats, la PS5 est la console la plus rentable de son histoire, mais malgré tout, le marché du jeu vidéo peine. Celui des consoles a tendance à stagner plutôt que croître. Et les coûts de développement explosent.
Les Etats-Unis sont notamment touchés par cela. Développer un jeu vidéo outre-atlantique demande d’importants budgets contrairement à l’Europe de l’Est, par exemple. Comparez simplement Cronos The New Dawn fait par Bloober en Pologne et The Callisto Protocol conçu par Striking Distance, équipe située sur la côte ouest américaine. Le premier a coûté moins de 30 millions d’euros, le second 160 millions de dollars.
Ce n’est pas pour rien si désormais 1/3 des coûts de production vont des studios tiers ; cela fait baisser la facture. De même, on note que les Etats-Unis ont été très touchés par les licenciements ces dernières années —environ 60% des limogeages mondiaux— et désormais, ils ne compte que pour 20% des postes ouverts. En d’autres termes, les éditeurs fuient les Etats-Unis.
Que signifie la fermeture de Bluepoint ?
D’un point de vue joueur, c’est triste de voir un studio avec une telle expertise fermer. D’un point de vue business, ça se comprend. Malheureusement.
Bluepoint ne semblait plus entrer dans les plans de Sony. Le studio n’a pas su proposer un jeu-service convaincant —ce qui est la stratégie actuelle— et il est situé dans une région où les coûts sont élevés. Le couperet paraît logique.
Sous l’ère d’Hermen Hulst, patron des studios PlayStation, seuls les immenses succès semblent compter, au détriment des petites victoires. C’est l’inverse de la philosophie de Shawn Layden, son prédécesseur. L’Américain s’est toujours fait l’avocat de projets variés à travers des budgets mieux maitrisés.

Au cours des dernières années, PlayStation Studios a changé. Il a fait plusieurs acquisitions dans cette optique des jeux-services. Et il a fermé des structures à cause de ces échecs.
En soi, Sony n’a pas abandonné les jeux solo. Mais il souhaite davantage se diversifier. En 2026 Sony prévoit de sortir Saros, Wolverine et la suite de Kena. Et il a publié God Of War Sons Of Sparta il y a quelques jours. Et en matière de jeux multi, Sony a dans les cartons MLB The Show 26, Marathon et Marvel Tokon, en plus de la grosse mise à jour gratuite Legends pour Ghost Of Yotei.
Sony se veut plus exigeant dans ses objectifs de rentabilité. Et désormais, on peut se demander quel sera l’avenir de plusieurs de ses studios. Que se passera-t-il à la fin de l’été si Marathon ne parvient pas à s’imposer ? Quel avenir pour Bend qui n’a pas eu le droit de faire une suite à Days Gone ? Même question pour Media Molecule qui n’a même pas sorti de versions PS5 ou PC pour Dreams…
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GTA 6, PS6, Clair Obscur 2 : pourquoi ce podcast avec Thomas Grellier est à ne surtout pas manquer
GTA 6 va-t-il vraiment changer le jeu ?
À quoi faut-il s’attendre pour la PS6 ?
Et comment un jeu indépendant français comme Clair Obscur a réussi à bousculer l’industrie ?
Dans le nouvel épisode du podcast Tant qu’il y aura du Wi-Fi !, Julien Tellouck reçoit Thomas Grellier pour une discussion passionnante, accessible et ultra éclairante sur le présent — et surtout l’avenir — du jeu vidéo.
Un épisode pensé pour donner des clés de compréhension, pas juste commenter l’actualité.
Un invité rare, une parole claire
Thomas Grellier n’est pas un simple commentateur.
Il a vécu l’évolution du jeu vidéo de l’intérieur, depuis le lancement de la première Xbox en 2000 jusqu’aux enjeux colossaux d’aujourd’hui.
Dans cet épisode, il partage :
• sa vision du marché actuel,
• les coulisses du développement des gros jeux,
• et ce que les joueurs ne voient jamais derrière les annonces spectaculaires.
GTA 6 : pourquoi l’attente est aussi énorme
Impossible de parler jeu vidéo aujourd’hui sans évoquer GTA 6.
Mais au-delà du hype, l’épisode pose les vraies questions :
- Pourquoi GTA 6 doit être terminé bien avant sa sortie ?
- Pourquoi la pression autour du jeu est sans précédent ?
- Et pourquoi il ne peut pas se permettre le moindre faux pas ?
PS6 : ce que l’on peut déjà anticiper
Autre sujet brûlant : la PlayStation 6.
Sans rumeur gratuite ni fantasme, Julien Tellouck et Thomas Grellier analysent les tendances lourdes du marché :
- évolution des usages,
- attentes des joueurs,
- avenir des consoles face au cloud et au cross-platform.
Clair Obscur : la preuve que tout n’est pas qu’AAA
L’épisode met aussi en lumière Clair Obscur, un jeu indépendant français devenu un vrai symbole.
Pourquoi ce succès est important ?
Parce qu’il montre que :
- l’innovation peut venir de studios plus modestes,
- le public est prêt à suivre des propositions fortes,
- et que le jeu vidéo français a un vrai rôle à jouer.
Le podcast avec Thomas Grellier est disponible dès maintenant sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes de streaming audio :
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Kayane raconte son parcours dans Tant qu’il y aura du Wi-Fi
Commencer le jeu vidéo à 4 ans, affronter des adultes en tournoi à 9 ans et devenir l’une des figures majeures de l’eSport français : le parcours de Kayane est tout sauf ordinaire.
Dans le dernier épisode du podcast Tant qu’il y aura du Wi-Fi, Kayane se livre sans filtre sur son histoire, ses combats et la réalité du gaming professionnel.
Très tôt plongée dans l’univers des jeux de combat avec Tekken et Soul Calibur, elle découvre un milieu exigeant, souvent hostile, où être une jeune fille n’allait pas de soi. Mépris, soupçons de triche, refus d’inscription aux tournois : Kayane raconte comment ces obstacles ont forgé son mental de compétitrice.
Mais l’épisode va bien au-delà du récit personnel. Elle y dévoile la face cachée de l’eSport, notamment la réalité économique des jeux de combat, loin des clichés sur les cashprizes millionnaires. Même au plus haut niveau, vivre de sa passion demande indépendance, créativité et sens de la communication.
Game One, sponsors, conventions, réseaux sociaux, mentorat… Kayane explique comment elle a construit une carrière durable tout en restant fidèle à ses valeurs.
Elle aborde aussi un sujet essentiel : la place des femmes dans le gaming, avec un discours lucide, nuancé et profondément humain.
Un épisode inspirant et nécessaire pour comprendre ce qu’est vraiment l’eSport aujourd’hui.
Le podcast avec Kayane est disponible dès maintenant sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes de streaming audio :
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