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Game Awards 2023 : toutes les annonces, tous les trailers
Pourquoi regarder les Game Awards ? Pour tous ses World Premieres, ces annonces exclusives, ces bande-annonces inédites. Hélas, la cérémonie avait lieu dans la nuit de jeudi à vendredi. Alors, comme beaucoup dormaient, on vous fait un résumé en vidéo de ce qu’il ne fallait pas louper. Ne nous remerciez pas, ça nous fait plaisir.
- A lire également : tous les vainqueurs des Game Awards 2023
Monster Hunter Wilds, la grosse annonce des Game Awards
Information importante : la chasse aux monstres ouvrira en 2025. Monster Hunter est de retour avec Wilds, un titre qui semble être un monde ouvert. Dans ce trailer, on voit plusieurs régions et plusieurs créatures assez imposantes. De quoi plaire à tous les fans de la série, et ils sont très nombreux. On rappelle que Monster Hunter World est le jeu le plus vendu de l’histoire de Capcom…
Light No Fire, par les créateurs de No Man’s Sky
Pour Hello Games, il est temps de penser à l’avenir. Et l’avenir, c’est un jeu de survie, d’exploration et d’aventure à plusieurs sur une planète hostile. Dans Light No Fire, pas de voyage dans l’espace, mais de belles promesses. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Mais laissons leur le bénéfice du doute ; après un lancement désastreux, No Man’s Sky a su se reprendre de la plus belle des façons.
Exoborne sème le vent pour récolter la tempête
Propriété du géant chinois Tencent, Sharkmob a annoncé Exoborne. Ce titre compte se la jouer Extraction Shooter tout en rajoutant une dimension tactique dans un monde ouvert. A la vue de ce trailer, des exosquelettes, un grappin et quelques intempéries seront de la partie.
Den Of Wolves, par le créateur de Payday 1 et 2
10 Chambers est un studio fondé en 2015 par le designer de Payday et de sa suite. Il a d’abord sorti GTFO (dont voici la prochaine mise à jour), un FPS coopératif assez exigeant, et désormais, ce studio planche sur Den Of Wolves. Il s’agit tout simplement d’un Payday avec une esthétique techno-thriller voire Cyberpunk. Aucune date de sortie n’est pour le moment évoquée.
Last Sentinel, un jeu solo à gros budget par des anciens de Rockstar
Last Sentinel se révèle à travers cette cinématique des plus impressionnantes. Conçu par Lightspeed LA, lui aussi propriété de Tencent, ce titre sera un jeu d’action en monde ouvert situé dans un Tokyo dystopique. Pas de date de sortie pour le moment… On imagine alors que ce sera pour fin 2025, au mieux.
Marvel’s Blade, une future exclusivité Xbox
Pour Arkane Lyon, l’après Dishonored et Deathloop se nomme Blade. Cette future exclusivité Xbox se déroulera à Paris et prendra la forme d’un jeu d’action à la troisième personne. On a hâte d’en savoir davantage sur ce projet qui n’a pas de date de sortie pour le moment. Mais puisque le développement de Deathloop a pris fin en 2022 avec le portage Xbox, on suppose que ce devrait être pour 2025/2026.
Note : ce jeu n’a pas de lien avec le futur film Blade.
Final Fantasy VII Rebirth, tout en musique
Avant sa sortie toujours calée au 29 février 2024 (ça sera compliqué pour les anniversaires), FF7 Rebirth s’offre un trailer dédié à son thème musical.
The First Berserker: Khazan, un Souls Like coréen
Nexon a révélé le premier trailer de The First Berseker, un souls-like situé dans l’univers de Donjons & Dragons. Ici, la direction artistique fait des merveilles.
Lost Records : Bloom & Rage
Dontnod, le studio à l’origine de Life Is Strange, a dévoilé Lost Records, un jeu narratif prévu pour la fin d’année 2024. L’histoire ? Quatre anciennes amies se retrouvent 27 ans après un événement qui a changé leur vie et dont elles avaient promis ne jamais évoquer à nouveau.
La Suicide Squad en veut toujours à la Justice League
Sur fond de Gorillaz, Suicide Squad s’offre une nouvelle bande-annonce mêlant gameplay et cinématique. Ca sort le 2 février prochain.
Black Myth Wukong s’offre une date de sortie
Le rendez-vous est pris : ce sera le 20 août que sortira Black Myth Wukong. Ce trailer rappelle pas mal les anciens avec un enchainement de combats de boss.
Hideo Kojima révèle son exclusivité Xbox
Outre Death Stranding 2 (que l’on n’a pas vu), Kojima Productions planche sur OD, une exclusivité Xbox. Ce jeu d’horreur (?) est conçu en collaboration avec Jordan Peele (réalisateur de Get Out) et utilisera la technologie Metahuman de Epic Games.
Rise Of The Ronin s’offre une date de sortie
Exclusivité PS5, Rise Of The Ronin sortira le 22 mars prochain. C’est signé Koei Tecmo, et ça se ressent clairement.
Précision : ce jeu n’a aucun lien avec Ghost Of Tsushima.
Dragon Ball Sparking! Zero s’offre du gameplay
Nostalgiques de Dragon Ball Budokai ? Bandai Namco vous a entendus et a offert cette nuit ce premier trailer de gameplay de Dragon Ball Sparking Zero.
No Rest For The Wicked, par les créateurs de Ori
Moon Studios quitte la plateforme pour l’action avec No Rest For The Wicked, là encore un titre à l’esthétique magnifique. Ca sort le 1er mars sur PC, Xbox Series mais aussi PS5.
Hellblade 2 : pas de date mais un trailer
Senua’s Saga : Hellblade 2 est d’une beauté à couper le souffle. Ca sort en 2024, sans plus de précision.
Big Walk, le jeu WTF des Game Awards
Big Walk est la prochaine créations des auteurs de Goose Game. Ici, on ne retrouve pas d’oie mais d’étranges créatures qui devront coopérer dans un monde rempli de puzzles. C’est intrigant, c’est fascinant et avec des amis, ça promet une expérience inoubliable. Pour le meilleur ou pour le pire.
God Of War Ragnarök s’offre un DLC
A l’image de Returnal ou de Ghost Of Tsushima, God Of War Ragnarök va s’offrir un DLC gratuit. Ce contenu fera office d’épilogue et prendra la forme d’un roguelite avec des vagues d’ennemis à éliminer et pas mal d’améliorations à débloquer.
God Of War Ragnarök est sorti en novembre 2022 et s’est vendu à plus de 15 millions d’exemplaires. Le DLC Valhalla est prévu pour ce mardi 12 décembre.
Exodus se révèle sur fond de Muse
A la fin des années 2010, après 22 ans chez Bioware, James Ohlen partait fonder son propre studio de jeu vidéo. Son premier projet a été révélé au cours des Game Awards : Exodus.
Ce titre se présente comme un RPG narratif moderne avec Matthew McConaughey en guest-star. Le jeu nous envoie sur une planète hostile où il faut voler une technologie extraterrestre alors que le Terre se meurt. Problème: la dilatation du temps. Une journée pour le héros représente des décennies pour les autres. De ce fait, chaque choix aura des conséquences sur plusieurs générations…
Metaphor ReFantazio se précise
Nouvelle bande-annonce pour Metaphor, le prochain jeu des auteurs de Persona 5. Ca sort en fin d’année 2024 sur PC, PS5 et Xbox Series. La console de Sony n’est pas précisée dans le trailer pour une raison simple : Microsoft a obtenu les droits marketing du jeu.
The Finals s’offre un lancement surprise
Plusieurs raisons expliquent pourquoi Battlefield 2042 était moins bon que ces prédécesseurs. L’une d’elles est que la plupart des têtes pensantes ont quitté DICE pour former Embark. Ensemble, ils ont travaillé sur un nouveau FPS multijoueur, un titre très compétitif qui s’appelle The Finals. Après quelques betas, le voici désormais disponible en F2P sur PC, PS5 et Xbox Series.
Final Fantasy XVI voit double
Comme prévu, FF16 poursuivra son aventure à travers 2 DLC payants. Le premier, disponible dès maintenant, s’appelle Echoes Of The Fallen ; le second, The Rising Tide, arrivera quant à lui au printemps prochain.
Mais aussi… :
- Une cinématique et du gameplay pour Stormgate, un jeu de stratégie en temps réel par d’anciens développeurs de Warcraft 3 et Stracraft 2. On rappelle qu’il s’agira d’un free-to-play.
- Meta a révélé un nouveau trailer de Asgard’s Warth 2, la suite de l’un des meilleurs jeux VR.
- Une cinématique pour le F2P The First Descendant avec une confirmation que ce sera pour l’été 2024.
- Nouvelle vidéo pour Honkai Star Rail, meilleur jeu mobile de 2023 aux Game Awards.
- Edité à travers le label Originals d’Electronic Arts, Tales Of Kenzera est un magnifique jeu de plateforme en 2D. Ca sort le 23 avril.
- Vous reprendrez bien un peu de Warframe ?
- Saber (MudRunner, World War Z) développe un jeu de survie dans l’univers de Jurrasic Park. Son nom ? Jurassic Park : Survival. Malin !
- Première bande annonce de Visions Of Mana, un jeu issu de la série des Mana.
- Voici The Casting Of Frank Stone, un titre signé Supermassive (Until Dawn, Quarry, Dark Pictures) qui s’intègre dans l’univers de Dead By Deadlight.
- Ancienne haut placée chez Tango (The Evil Within, Ghostwire Tokyo), Ikumi Nakamura a révélé Kemuri, un jeu d’action où il faudra chasser des Yokai.
- SEGA a confirmé le développement de nouveaux jeux Jet Set Radio, Shinobi, Golden Axe, Streets Of Rage et Crazy Taxi.
- Une éternité plus tard, World Of Goo va avoir droit à une suite. Ca arrive légèrement après la mode des Bridge Constructor, mais ce n’est pas grave.
- Découvrez Windblown, le prochain jeu des créateurs de Dead Cells.
- Brothers : A Tale Of Two Sons s’offrira un remake le 28 février prochain.
- Skull & Bones partira à l’abordage le 16 février 2024. Sauf s’il est encore repoussé.
- Zenless Zone Zero (MiHoYo) s’est à nouveau montré.
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Les clones de Meccha Chameleon plus populaires que le jeu original sur Steam
Si votre petit jeu indé est un (immense) succès, il y a alors de fortes chances pour qu’il soit copié sur Roblox où il rayonnera davantage.
Dans sa revue de presse hebdomadaire, la newsletter Le Résumé Jeu Vidéo a mis l’accent sur un phénomène important et pourtant peu discuté : les copies.
Sur mobile, ce phénomène existe depuis de longues années. Chaque concept un peu nouveau connaît un immense nombre de déclinaisons. Cela tend même à s’accélérer avec l’IA Générative où chacun peut facilement vibe coder à l’aide de prompts. Mais désormais, c’est sur Roblox que les clones se multiplient… et connaissent un succès fou.
Roblox plus fort que Steam
A l’image de Fortnite, Roblox récompense financièrement les créateurs des niveaux les plus populaires. Certains innovent, d’autres s’inspirent fortement de ce qui se fait ailleurs.
Ces dernières semaines, Meccha Chameleon connait un succès fou sur Steam. Ce jeu de cache-cache où chaque joueur peut « se peindre » pour se fondre dans le décor a dépassé les 15 millions de ventes.
Sur Roblox, les expériences sont gratuites mais regorgent de micro-transactions. Il existe un nombre incalculable de jeux différents. Et dans le lot, pas mal de copies de Meccha Chameleon… qui attirent plus de monde que le jeu original sur Steam.
Ce constat a été publié sur Reddit par un utilisateur, il y a quelques jours. RoWatcherHQ a mis en ligne un graphique sur r/dataisbeautiful comparant la popularité du jeu Meccha Chameleon avec ses clones. Ceux-ci ont mis plusieurs jours avant de débarquer et désormais, ils le dépassent.

Ces copies posent un souci supplémentaire aux développeurs indés. A une époque où beaucoup de jeux peinent à être visibles, il y a désormais le risque de voir une expérience originale noyées au milieu de ses clones.
Pour rappel, Roblox attire chaque jour 150 millions de joueurs et parvient à dépasser, en nombre d’heures jouées chaque mois, Steam, PlayStation et Fortnite additionnés.
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Jean Guesdon dévoile les secrets d’Assassin’s Creed : Black Flag Resynced, Ubisoft, La série Netflix… tout ce qu’il faut savoir
Comment naît un Assassin’s Creed ? Pourquoi Black Flag est-il devenu l’un des épisodes préférés des joueurs ? Comment Ubisoft choisit-il les périodes historiques de la saga ?
Pour ce nouvel épisode de Tant qu’il y aura du WiFi, j’ai eu le plaisir de recevoir Jean Guesdon, directeur du contenu de la marque Assassin’s Creed chez Ubisoft. L’un des principaux artisans de la licence revient sur plus de quinze ans d’histoire, les coulisses du développement, le lore, Assassin’s Creed Black Flag Resynced et l’avenir de la franchise.
Si vous êtes passionné par Assassin’s Creed, Ubisoft, le développement de jeux vidéo ou les grandes licences du gaming, cette interview est incontournable.
Jean Guesdon, l’un des hommes derrière Assassin’s Creed
Depuis près de vingt ans, Assassin’s Creed est devenu l’une des licences les plus populaires de l’industrie du jeu vidéo.
Derrière chaque épisode se cache un travail colossal mêlant recherches historiques, direction artistique, narration, game design et cohérence scénaristique.
Jean Guesdon occupe aujourd’hui le poste de Directeur du contenu de la marque Assassin’s Creed chez Ubisoft. Son rôle consiste à garantir la cohérence de l’univers sur tous les supports : jeux vidéo, romans, bandes dessinées, projets transmedia et futures adaptations.
Au cours de notre entretien, il revient sur son parcours, depuis ses débuts dans le design industriel jusqu’à son arrivée chez Ubisoft Montréal, où il participera à plusieurs épisodes majeurs de la série.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced : le retour d’un monument
Impossible d’évoquer Assassin’s Creed sans parler de Black Flag.
Sorti en 2013, cet épisode mettant en scène Edward Kenway est encore considéré aujourd’hui par de nombreux joueurs comme le meilleur Assassin’s Creed jamais créé.
Ubisoft prépare désormais Assassin’s Creed Black Flag Resynced, une version entièrement modernisée du jeu.
Au programme :
- une refonte graphique grâce au moteur Anvil ;
- des effets de lumière modernisés ;
- une météo dynamique influençant la navigation ;
- un système de combat plus fluide ;
- des batailles navales améliorées ;
- de nouvelles missions ;
- des zones inédites ;
- plusieurs heures de contenu supplémentaires.
Jean Guesdon explique les défis que représente la modernisation d’un jeu devenu culte sans trahir ce qui faisait son identité.
Comment Ubisoft choisit les périodes historiques ?
L’une des questions que se posent tous les fans est simple :
Comment Ubisoft choisit-il la prochaine époque historique ?
Égypte, Renaissance italienne, Révolution française, Japon féodal, Grèce antique, Angleterre viking…
Chaque épisode demande plusieurs années de recherches.
Jean Guesdon explique que tout commence par une longue phase documentaire où historiens, scénaristes, artistes et game designers travaillent ensemble afin de construire un univers crédible.
L’objectif n’est pas de réaliser une simulation historique, mais de proposer une aventure immersive qui respecte l’esprit des grandes périodes de l’Histoire.
Le lore d’Assassin’s Creed : un immense puzzle
Au fil des années, Assassin’s Creed est devenu un univers extrêmement riche.
Entre les jeux principaux, les épisodes secondaires, les romans, les comics et les futures adaptations, maintenir une cohérence représente un véritable défi.
Jean Guesdon nous explique comment les équipes travaillent sur le lore afin que chaque nouvelle histoire s’intègre parfaitement dans la chronologie globale de la saga.
Cette vision à long terme est l’une des grandes forces d’Assassin’s Creed.
Une série Netflix très attendue
Parmi les sujets abordés figure également la future série Assassin’s Creed produite par Netflix.
Même si certains éléments restent confidentiels, Jean Guesdon évoque les défis liés à l’adaptation d’un univers aussi vaste vers un nouveau média.
Une étape importante pour une licence qui dépasse désormais largement le cadre du jeu vidéo.
Pourquoi Black Flag reste le préféré des joueurs ?
Plus de dix ans après sa sortie, Assassin’s Creed IV Black Flag continue d’être régulièrement cité parmi les meilleurs épisodes de la série.
Pourquoi un tel succès ?
Au cours du podcast, Jean Guesdon revient sur plusieurs éléments qui ont marqué les joueurs :
- Edward Kenway ;
- les combats navals ;
- les Caraïbes ;
- l’exploration ;
- la liberté offerte au joueur ;
- les célèbres chants de marins.
Autant d’éléments qui expliquent pourquoi Ubisoft a choisi de moderniser cet épisode emblématique.
Les coulisses du développement chez Ubisoft
Cette interview est aussi l’occasion de découvrir le fonctionnement interne d’un des plus grands studios de développement au monde.
Comment travaille une équipe répartie sur plusieurs pays ?
Combien de personnes participent à un Assassin’s Creed ?
Comment sont prises les grandes décisions créatives ?
Jean Guesdon partage plusieurs anecdotes inédites sur les différentes étapes de production d’un jeu AAA.
Une interview passionnante pour tous les fans de jeux vidéo
Que vous soyez un joueur de la première heure ou que vous découvriez simplement la licence, cet échange permet de mieux comprendre comment est construite une franchise mondiale comme Assassin’s Creed.
Au-delà de Black Flag Resynced, nous parlons également du futur de la série, des envies des équipes créatives et des périodes historiques qui pourraient encore être explorées.
Une conversation riche qui offre un regard rare sur les coulisses d’Ubisoft.
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Le plaisir de se perdre : quand l’exploration devient plus importante que la mission principale
Les meilleurs souvenirs de jeu vidéo ne sont presque jamais ceux des missions principales. Ce sont les détours imprévus, les zones découvertes par hasard, les moments où le joueur s’écarte du chemin tracé pour suivre sa propre curiosité. Cette dynamique, longtemps considérée comme un effet secondaire du design en monde ouvert, s’est imposée comme l’élément central de l’expérience pour de nombreux joueurs. Les concepteurs qui l’ont compris ajustent désormais leurs créations en conséquence, en investissant autant dans les périphéries de la carte que dans le tracé narratif principal. Cette transformation mérite une analyse attentive parce qu’elle reflète une compréhension plus fine de ce qui produit l’attachement durable au jeu.
Pourquoi la mission principale ne suffit plus
La mission principale d’un jeu remplit une fonction structurante mais elle a ses limites. Elle impose un rythme, des objectifs, des contraintes narratives qui ne correspondent pas toujours à ce que le joueur a envie de vivre dans le moment présent. Un joueur qui a passé sa journée à suivre des consignes au travail n’a pas forcément envie de suivre des consignes le soir dans son loisir, même quand ces consignes sont enveloppées dans une fiction agréable, comme le rappellent les longues réflexions consacrées à la liberté du joueur dans les blogs spécialisés.
L’exploration libre offre l’expérience inverse. Le joueur décide où aller, ce qu’il veut explorer, à quel rythme avancer. Cette liberté restaurée produit un type de plaisir que les missions structurées ne peuvent pas offrir, et beaucoup de joueurs constatent qu’ils retournent dans leurs jeux préférés non pas pour progresser dans l’histoire mais pour passer du temps dans leurs mondes. Les minecraft ps3 jeux ont popularisé cette dynamique auprès du grand public, et leur succès durable est l’un des meilleurs indicateurs de la valeur que les joueurs accordent à cette liberté.
La géographie comme contenu à part entière
Les meilleurs jeux d’aventure traitent la géographie comme un contenu à part entière plutôt que comme un simple support pour les missions. Chaque zone a son identité visuelle, son ambiance sonore, ses détails environnementaux qui récompensent l’observation. Le joueur qui prend le temps d’explorer trouve dans cette densité un plaisir comparable à celui de la lecture, où chaque page contient quelque chose qui mérite l’attention indépendamment de l’intrigue principale.
Cette densité ne s’improvise pas. Elle représente un investissement massif des équipes de conception qui peuplent les zones avec des éléments narratifs, des références cachées, des micro-histoires qui ne sont pas nécessaires à la mission principale mais qui transforment la simple promenade en exploration enrichissante. Les jeux qui réussissent cet investissement créent des mondes que les joueurs habitent vraiment, par opposition aux mondes qu’ils traversent simplement pour atteindre le prochain objectif.
Les récompenses émotionnelles de la dérive
L’exploration libre produit des récompenses émotionnelles différentes de celles que les missions structurées peuvent offrir. La surprise de trouver une zone inattendue. La satisfaction d’avoir résolu un puzzle environnemental sans y avoir été dirigé. La beauté d’un paysage découvert sans intention. Ces moments ne s’accumulent pas dans un compteur de progression mais ils s’inscrivent dans la mémoire du joueur avec une intensité que les récompenses calculées par les concepteurs n’atteignent pas.
Les neurosciences commencent à expliquer pourquoi ces moments produisent un attachement aussi fort, des mécanismes vulgarisés en détail dans les dossiers consacrés au système de récompense cérébral. Le système de récompense du cerveau réagit différemment aux découvertes spontanées qu’aux récompenses anticipées. La dopamine libérée lors d’une découverte inattendue produit une trace mnésique plus durable que celle des récompenses programmées. Les concepteurs qui comprennent ce mécanisme structurent leurs jeux pour multiplier les opportunités de surprise, sachant que c’est dans ces moments que l’attachement se construit.
Les conséquences sur la conception narrative
L’importance prise par l’exploration force les concepteurs à repenser leur approche narrative. Une histoire linéaire qui suppose que le joueur suivra le rythme prévu ne fonctionne plus dans un jeu qui encourage activement les détours. Les meilleurs scénaristes du médium ont développé des techniques pour rendre leurs récits compatibles avec des parcours non linéaires, en utilisant des indices distribués dans l’environnement, des conversations contextuelles, des fragments d’histoire qui s’assemblent dans n’importe quel ordre.
Cette flexibilité narrative est l’une des innovations les plus intéressantes des dernières années. Elle produit des histoires qui ne se déroulent pas mais qui se révèlent, dans un ordre qui dépend des choix du joueur. La même fiction peut être vécue de manière radicalement différente par deux joueurs sans qu’aucun ne se sente confronté à une histoire incomplète. C’est une forme d’écriture qui n’a aucun équivalent dans les médiums précédents.
Le défi des concepteurs face à l’exploration
Concevoir un jeu qui récompense vraiment l’exploration est plus difficile que ce que les présentations marketing suggèrent, une nuance soulignée dans les longues critiques publiées sur les mondes ouverts modernes. Le danger principal est le vide qui peut s’installer dans les zones secondaires si le concepteur n’y a pas investi suffisamment de contenu. Le joueur qui explore une zone et n’y trouve rien d’intéressant retire la leçon que l’exploration n’est pas récompensée, et cesse d’explorer dans la suite de la partie.
Les meilleurs concepteurs maintiennent une densité de récompense suffisante pour que chaque exploration produise quelque chose, même modeste. Une vue spectaculaire. Un dialogue inattendu avec un personnage secondaire. Un objet utile sans être essentiel. Cette politique de récompense systématique demande des budgets de développement importants mais elle produit l’attachement durable qui justifie ces budgets sur le long terme.
Pourquoi les rejouabilités s’allongent
Les jeux qui récompensent l’exploration produisent des durées de jeu qui dépassent largement ce que les missions principales suggèrent. Un jeu dont l’histoire principale dure quarante heures peut occuper un joueur passionné pendant plusieurs centaines d’heures grâce à l’exploration. Cette extension de la durée de vie est précieuse économiquement pour les studios et culturellement pour les joueurs qui s’attachent à leurs mondes préférés.
Les communautés qui se forment autour de ces jeux développent des cultures d’exploration qui amplifient encore le phénomène. Les joueurs partagent leurs découvertes, leurs cartes annotées, leurs théories sur les éléments cachés. Cette dimension sociale prolonge la vie du jeu bien au-delà de ce qu’une expérience purement individuelle permettrait, et elle crée un type d’engagement communautaire que les jeux à mission stricte ne génèrent presque jamais.
Ce que les voyages physiques nous enseignent sur les voyages virtuels
Une analogie utile éclaire le plaisir de l’exploration vidéoludique. Les voyageurs expérimentés savent que les meilleurs souvenirs d’un voyage ne sont presque jamais ceux de l’itinéraire planifié. Ce sont les détours imprévus, les rencontres fortuites, les lieux découverts en se perdant. Cette sagesse millénaire des voyageurs s’applique avec une précision étonnante aux jeux vidéo en monde ouvert. Le joueur qui suit son intuition et accepte de s’écarter du chemin tracé reproduit dans son loisir numérique l’attitude qui a toujours distingué les vrais voyageurs des touristes pressés, et il en retire les mêmes types de satisfaction profonde que les voyages physiques bien menés peuvent offrir à ceux qui acceptent de s’y abandonner.
