Jeux Vidéo
Metal Gear Solid : Quinzième anniversaire de la sortie française
Nous sommes en 1999. Ibrahimovic joue à Malmö, Jacques Chirac est à la tête du pays, Manau s’apprête à sortir Panique Celtique, le scandale Monica Lewinsky bat son plein, le Franc vit ses dernières heures et l’Europe découvre Metal Gear Solid, six mois après le Japon. Nous sommes le 26 février 1999.
Il ne s’agit pas du premier Metal Gear, encore moins du dernier, mais c’est pourtant à travers cet épisode que la série va véritablement décoller et susciter un incroyable engouement. Tant pour son héros, Snake, que pour son créateur : Hideo Kojima. Dès lors, le Japonais est élevé par toute une partie des joueurs au rang de génie. Bien entendu, quelques détracteurs refusent en bloc cette Kojimania. Le reproche le plus souvent fait est l’aspect cinématographique trop prononcé et les phases de codecs souvent synonymes d’ennui fatal. Mais Metal Gear Solid est sans doute l’épisode le moins critiqué. Est-ce le meilleur pour autant? Peut-être. MGS a su bouleverser les joueurs et est, 15 ans après sa sortie, encore et toujours considéré comme l’un des chef d’oeuvre de l’ère 3D, loin devant ses suites qui ont poussé à l’extrême les défauts soulevés précédemment. Cet épisode est certes assez bavard mais sa réalisation est tout simplement brillante et son gameplay une véritable réussite à l’image des premiers pas de Snake.
L’aventure débute par une longue cinématique. Solid Snake, confortablement installé dans un propulseur sous-marin, reçoit les ordres du Colonel Campbell : infiltrer le complexe nucléaire de Shadow Moses, sauver Donald Anderson (DARPA) et Kenneth Baker (ArmsTech), et réduire au silence une potentielle attaque terroriste. Après avoir terminé son trajet à la nage, Snake retire ses palmes et s’apprête à entamer le début d’une longue mission. Pas de tutoriel envahissant ici, une simple zone, le Dock De Cargaison, qui permet de manière intuitive de découvrir les bases du jeu, c’est-à-dire manier avec talent l’art de la discrétion et de la ruse. Le trentenaire est dans la base américaine. Il rampe, il se plaque contre un mur; il observe. Il apprend la ronde des gardes et les quelques particularités de l’environnement qui l’entoure. Cette flaque d’eau pourrait trahir sa présence tandis que cette ration pourrait être utile plus tard. Le chariot-élévateur paraît quant à lui être un bon endroit pour se cacher en attendant que l’ascenseur ne revienne. Une fois chose faite, une cinématique -encore une- s’enclenche. Solid Snake est prêt à découvrir la zone enneigée de l’héliport mais avant cela il enlève enfin son masque et sa tenue de plongée. Son visage apparaît en même temps que le nom d’Hideo Kojima puis c’est au tour de ‘Metal Gear Solid‘ d’être écrit en grand à l’écran: une légende est née.
Une fois en haut, la phase d’apprentissage continue : les caméras de sécurité sont vicieuses et marcher dans la neige révèle la présence de Snake. C’est aussi dans cette zone que le fils de Big Boss récupère ses premières armes, notamment des grenades Chaff et le pistolet SOCOM. La suite, on la connait. Elle est marquée par les nombreux twists et la rencontre avec les différents protagonistes de l’aventure. On repense à Meryl dont les yeux sont plus bleus que le ciel ou encore la rencontre avec Otacon, ou celle avec les membres de la Fox Hound. Chaque MGS a toujours eu une troupe d’élite prête à en découdre avec Snake : la Dead Cell dans le 2, la Cobra’s Unit dans le 3, les Beauty & the Beast dans le 4 et, donc, la Fox Hound dans MGS1. Et c’est bien cette dernière qui reste la plus mémorable. Les personnages sont bien travaillés et réussissent même à créer un lien émotionnel avec le joueur. La mort tragique de Sniper Wolf reste encore dans l’esprit de nombreux joueurs tout comme le combat contre Psycho Mantis. Les personnages sont complexes et on se souvient autant de leur personnalité que de leurs répliques.
A ce sujet, la VF y est pour beaucoup. Elle a certes déclenché quelques polémiques —elle est souvent jugée trop caricaturale— mais elle a permis de rendre le jeu plus accessible et de faciliter la mémorisation de certaines réparties qui, encore aujourd’hui, résonnent dans nos têtes. Le tout est également marqué par un certain décalage par rapport aux situations avec pas mal de vannes bien senties. Solid Snake, en tant que tête d’affiche, a bien entendu le beau rôle : « ils ont des 5.56 coups et des grenades« , « cochon qui s’en dédie« , « tu sais que t’es bon en math » etc. Contacté par nos soins, Emmanuel Bonami, LA voix française de Snake, nous a révélé que les acteurs entre eux plaisantaient beaucoup à ce sujet : « nous nous amusions souvent avec le chef de projet japonais à rejouer quelques réactions étonnantes, et très japonisantes, de Snake. Car bien qu’étant le ‘soldat ultime’, il ne comprenait pas toujours ce qu’on lui disait. ‘Snake, tu dois trouver l’ascenseur!’ – ‘L’ascenseur?’«
Emmanuel Bonami vivait alors à Londres quand la directrice artistique française de la VF lui a demandé de passer des essais. Une fois ceux-ci concluants, le globe-trotter —il a aussi vécu en Ukraine et réside maintenant en France— s’est retrouvé pendant 10 jours dans les studios mythiques d’Abbey Road à enregistrer chaque ligne de Solid Snake. « Nous en gardons tous un excellent souvenir » confie-t-il tout en assurant ne pas être déçu de ne pas avoir participé à la suite de l’aventure, cela faisant partie des aléas du job. « Au moment du 2, la PS2 était sortie depuis assez peu de temps et à ce moment là, les ventes ne s’étaient pas envolées. Konami a alors opté pour une version sous-titrée beaucoup moins onéreuse (et moins risquée) que le doublage dans les langues européennes qui coûtait très cher. Après, le jeu était précurseur. Nous ne savions pas ce qu’il allait devenir. Mais en voyant le potentiel d’un tel projet, nous avions assez vite parlé avec le DA français et le chef de projet japonais qu’il aurait été bien de faire la suite. Développer le personnage, affiner sa caractérisation et suivre son évolution. Après des choix sont faits, c’est le jeu de notre métier.«
On retrouve à peu près le même son de cloche chez Konami France que explique que face au timing serré, la quantité de textes et voix et les quelques critiques sur la VF, Konami Japon a alors tranché et supprimé les voix françaises au profit d’une VOST. C’est ainsi qu’à partir de MGS 2 et ce jusqu’à Peace Walker, Solid Snake et Big Boss ont toujours été doublés en anglais par David Hayter. Mais les fans français de la série gardent une affection particulière pour la voix française. A la demande d’UltimateMetalGear.com, le comédien a rempilé, le temps de doubler la scène d’introduction de MGS 4.
Depuis cette expérience, Emmanuel Bonami continue de faire du doublage en plus de sa carrière d’acteur. On a ainsi pu le retrouver au casting d’Half Life 2, ou plus récemment dans Remember Me et LEGO Batman : DC Universe 2 dans le costume de Bruce Wayne. Mais Solid Snake reste un rôle à part : « [On m’en reparle] assez régulièrement d’ailleurs. Même après 15 ans. Ça fait toujours énormément plaisir. » En revanche, il indique qu’on ne l’a jamais reconnu rien qu’à son organe vocal : « Ma voix naturelle est assez différente. » conclut-il.
L’aspect sonore de Metal Gear Solid n’englobe naturellement pas seulement le doublage. Il y a aussi les bruitages. Ceux de Snake lorsqu’il court ou tout simplement celui du codec. Un son inimitable, définitivement caractéristique de la série et qui a servi de sonnerie de portable à beaucoup de monde. Et il y a enfin les différents thèmes musicaux qui accompagnent le joueur tout au long de sa progression dans l’aventure. Harry Gregson Williams n’a pas travaillé sur ce titre –le budget étant trop serré-, mais on retrouve quand même des compositions de haut-niveau comme The Best Is Yet To Come, Enclosure, ou bien sûr le Main Theme. Tous sont devenus des classiques avec le temps, preuve que celui-ci n’a aucun effet sur le jeu; les années passent, nos souvenirs restent intacts. Nous sommes le 26 février 2014.
. . .
?
. . .
Le développement de Metal Gear Solid a débuté en 1995 pour s’achever trois ans plus tard. Le jeu est sorti sur PlayStation, puis PC, mais était à l’origine prévu sur 3DO pour 1994 et devait s’appeler Metal Gear 3. Ce nom fut finalement abandonné au profit du suffixe Solid —rappelant notamment le nom du héros et l’utilisation de la 3D—, les deux premiers épisodes n’étant pas assez populaires. De même, c’est le faible succès de la 3DO qui a poussé Hideo Kojima et son équipe à transférer le projet sur la machine de Sony.
Dès le début, le créateur japonais a voulu faire de Metal Gear Solid le meilleur jeu de l’ère PlayStation, mais il a vite dû faire face aux limitations du hardware et reporter à plus tard certaines idées comme celle de pouvoir cacher les corps dans des casiers. Forcément, de telles ambitions ont un coût. Outre les longs mois de développement, Hideo Kojima est parti à la rencontre du SWAT californien afin de comprendre leur méthode de travail, et d’importantes dépenses marketing ont été effectuées. On parle de 8 millions de dollars ainsi que de la diffusion de 12 millions de démos. Mais ces données concernent visiblement uniquement le lancement mondial.
Pour en savoir plus sur la manière dont la France a accueilli Metal Gear Solid, nous sommes partis à la rencontre de Stéphanie Hattenberger, Directrice Marketing et Communication à Konami France, afin d’en apprendre davantage.

julientellouck.com : Metal Gear Solid n’est pas le premier épisode de la série et c’est pourtant le plus populaire. . .
Stéphanie Hattenberger : On a dépassé le quart de siècle pour la série Metal Gear. Maintenant les gens commencent à le savoir mais il y en a plein qui l’ont découvert récemment : cela fait 27 ans. Mais à l’époque c’était effectivement la version MSX et le jeu vidéo n’était pas ce qu’il est devenu dans les années suivantes. Et ce qui a vraiment fait le succès grand public de Metal Gear, c’est l’arrivée sur PlayStation première du nom. C’est là vraiment que les gens ont découvert la série Metal Gear Solid et que ça s’est envolé.
Ça a été l’un des plus gros budgets de lancement à l’époque pour Konami et le Jeu Vidéo. [. . .] On s’est dit que sur un jeu comme ça, on n’allait pas se cantonner aux gamers, au petit microcosme du jeu vidéo, mais qu’on allait s’ouvrir à des médias nationaux qui ne communiquaient pas sur le jeu vidéo. On a été novateur et précurseur.
L’engouement vous a-t-il alors surpris?
Je me souviens qu’à titre personnel, je travaillais à l’époque chez SEGA. Je ne connaissais pas très bien Konami, je devais quitter le jeu vidéo, et Konami m’appelle. J’avais joint des journalistes que je connaissais bien de Player One et je leur ai dit « vous pouvez me briefer sur Konami?« . Je n’avais pas fait attention à Metal Gear et le rédacteur en chef du magazine me dit : « ne réfléchis même pas, vas-y. Ils ont un jeu qui s’appelle Metal Gear Solid, ça va juste être une bombe, LE jeu de la PlayStation. Il faut que tu y ailles. » C’était presque un an et demi, deux ans avant que le jeu sorte. Il y avait déjà le Kojima-style avec les teasers et ça faisait le buzz.
C’est un jeu qui a marqué les esprits pour plusieurs raisons. C’était la première fois qu’il y avait un tel scénario, une approche à ce point cinématographique. Aujourd’hui cela paraît évident mais quand on se replonge en 1998, et même un peu avant en 1996, ce n’était pas du tout le cas. C’était un jeu mature, adulte, qui démontrait les capacités de la PlayStation, qui marquait le tournant du jeu vidéo de manière générale, peu importe le constructeur et le jeu. Je me souviens qu’à l’époque l’âge moyen du joueur de jeu vidéo était de 12 ans et demi. Aujourd’hui c’est plutôt 38 ans. C’est un des jeux, et la PlayStation avec, qui a commencé ce cycle là pour arriver à une certaine maturité.
En fait c’était le jeu qui, en terme d’équipe et de réalisation, musique et scénario était le plus proche d’un film. Aujourd’hui cela paraît normal, mais non. Autrefois, ça ne l’était pas du tout. Et c’est justement ce qui a marqué la série et le jeu vidéo. Même Ubisoft s’en est servi quelque part pour Splinter Cell. Il y aussi énormément de développeurs qui se sont inspirés de Metal Gear. C’est un jeu tout simplement magique qui marquait les esprits et qui était complètement novateur à tous les niveaux.
Les gens ont aussi découvert Kojima et sa manière de travailler. Des teasers, de l’humour. . . C’était aussi novateur en terme de communication. Ça n’existait pas et c’était calqué sur le cinéma.
Comment s’est passé justement le lancement de Metal Gear Solid? Au niveau marketing par exemple puisqu’il s’agissait d’installer la licence.
Kojima a vraiment ses attentes et nous drive. Il a un timing particulier pour ses vidéos ou pour distiller ses informations dans le temps comme personne ne le fait. On a tous les news, les previews mais dans un timing assez court. Kojima attaque bien en amont. Il fait monter la sauce petit à petit, il donne suffisamment d’informations pour susciter l’envie mais pas trop pour ne pas tout dévoiler. Je me souviens qu’à l’époque c’était difficile avec la presse spécialisée de leur dire « attention dans les tests, imaginez que c’est un film. Si vous allez au cinéma et que votre ami vous raconte la fin avant, quel est l’intérêt? Et en plus vous serez déçus. Pour tester le jeu, pareil, faites attention. » Donc déjà en terme de relation presse, au delà de la campagne marketing pure, ça a été de distiller les informations petit à petit et monter en puissance jusqu’au bouquet final. Et on a monté ça comme on aurait pu communiquer sur un film.
Sur le plan marketing, ça a été là encore novateur : l’un des plus gros budgets de lancement à l’époque pour Konami et le jeu vidéo. Avec ce jeu là, j’ai été l’une des premières à aller sur des magazines dits ‘grand public’, au delà de la presse spécialisée jeu vidéo. Là encore, ça paraît normal aujourd’hui d’ouvrir un magazine de foot, cinéma ou musique et d’y trouver du JV. Mais à l’époque, jamais. On s’est dit que sur un jeu comme ça, on n’allait pas se cantonner aux gamers, au petit microcosme du jeu vidéo, mais qu’on allait s’ouvrir à des médias nationaux qui ne communiquaient pas dessus. On a été novateur et précurseur.
Il y a également eu des campagnes de radio nationales et locales très importantes. On a été aussi le premier éditeur à faire des campagnes 4×3 alors qu’à l’époque, cela n’existait pas. Personne n’avait osé, pensant que ça allait être trop cher, que c’était réservé à L’Oreal, aux marques de voitures. . . On s’est dit : si on veut rendre grand public ce titre là, allons alors sur des supports qui n’ont jamais été utilisés. Il y a donc eu des campagnes 4×3 et on a apposé de grandes bâches sur les immeubles autour du périphérique; on en a fait partout autour de Paris. Du jamais réalisé! Il y a eu aussi une grosse campagne TV sur TF1, M6, Canal. . . On avait un deal avec Sony : c’était un jeu ultra important pour eux.
Le premier truc, c’était vraiment d’aller sur des médias qui n’existent pas aux yeux du jeu vidéo pour promouvoir un titre un peu à la manière du cinéma. Donc c’est vrai qu’en terme de budget. . .
On peut aisément deviner qu’il y avait une grosse pression à l’époque.
Ah oui, c’est clair. Parce qu’il ne faut pas se planter, parce qu’on a un gros budget. . . Le jeu, en tant que tel, c’était déjà des dizaines de millions de dollars. Si je ne dis pas de bêtises, à l’époque, ça avait dépassé les budgets de production du film Terminator. Depuis, bien évidemment des films ont ultra-dépassé ce budget là, mais, à l’époque, c’était la référence en terme de budget cinéma. C’était énorme. Et Metal Gear était au dessus de ça. C’était complètement nouveau et tu te dis alors qu’entre le coup de développement, les années, le budget investi vers des médias vers lesquels personne n’est jamais allé, tu as un grosse pression et tu es attendu au tournant par tout le monde. Et ça a fonctionné. Car la recette du jeu était là et le plan de com’ était massif.
Est-ce que désormais MGS est la licence la plus forte de Konami? Après tout, PES rencontre des difficultés face à Fifa. . .
C’est une des licences en fait. On ne peut pas trop comparer. . . Même si PES a effectivement baissé, sans même parler de ventes, sa notoriété est bien là. Je pense que Metal Gear, la série des PES, des Castlevania sont vraiment incomparables. Ils ont quand même un gros point commun : Metal Gear, Castlevania et bientôt PES ont dépassé le quart de siècle. Des licences qui perdurent dans le temps comme ça, c’est assez exceptionnel.
En terme de vente, jamais on ne dépassera ce qu’on a fait sur PES, notamment en France en tout cas. PES reste grand public, peu importe le résultat et les années; Metal Gear ne connaitra jamais les ventes qu’a pu atteindre PES de par son rating et le public auquel il s’adresse. On s’aperçoit parfois que Metal Gear ne parle pas à la jeune génération. Beaucoup ne connaissent pas et mettre dans les mains d’un jeune un MGS quand il n’a pas vécu les premiers épisodes, ce n’est pas évident. Il y en a même que ça agace parce qu’ils ne comprennent pas.
Quant à Ground Zeroes et The Phantom Pain, si on additionne leurs deux budgets, cela s’annonce comme un énorme pari pour Konami, non?
C’est clair. Alors je ne connais pas encore la date de sortie de The Phantom Pain, je ne connais pas encore mes budgets —ça sera mon autre année fiscale—, mais c’est sûr que ça va être un enjeu énorme, un gros budget. Déjà le coût de développement est très important. Ça a nécessité le Fox Engine. . . A tous les niveaux il y a de gros gros enjeux et on aura sans doute une grosse grosse pression sur ce titre là. En quelque sorte, avec TPP on recommence presque à zéro sur la série. Le 5 est un nouveau départ. Et puis cela fait longtemps que l’on n’a pas eu un « vrai » Metal Gear Solid — Peace Walker et Rising étaient un peu à part—, depuis 2008 en fait.
. . .
!
. . .
La commercialisation de Metal Gear Solid à la fin des années 90 a également fait sortir de l’anonymat un certain Hideo Kojima. Le créateur emblématique de la série aux multiples casquettes est d’ailleurs désormais l’une des personnalités les plus connues et respectées de l’industrie du jeu vidéo grâce à cette saga. Pourtant, à l’époque, rien ne semblait joué. Dans une interview accordée à Gamekult à l’été 2009, le père de la série déclarait : « je ne pensais pas que cela aurait un tel impact, mais c’est vrai qu’en tant que créateur j’avais confiance dans le projet [. . .] J’étais à peu près certain de sa qualité, mais je n’aurais jamais imaginé qu’il laisserait une telle empreinte, d’ailleurs je ne m’en souciais pas vraiment.«
Hideo Kojima est néanmoins bel et bien devenu au fil dans ans plus qu’un nom : une véritable marque et un gage de qualité. C’est ainsi que Konami n’hésite jamais à le mettre en avant. « C’est un nom très fort et ça a aussi un côté très cinéma. Pour de grosses productions, le réalisateur ou le producteur est mis en avant; Kojima a effectivement ce rôle là. Les joueurs et le grand public connaissent son nom, son visage. » explique Stéphanie Hattenberger. Lors du retour en grâce de Castlevania, l’éditeur japonais n’a ainsi pas hésité à mettre grandement en avant Kojima qui n’était alors que le producteur du titre, le jeu étant développé par Mercurysteam, un studio espagnol.
Le père de la saga MGS est finalement l’ambassadeur de luxe de Konami et chacune de ses apparitions crée l’émeute. Dans le cadre de la sortie de Metal Gear Solid 3, Konami France avait proposé à Hideo Kojima de faire une séance de dédicace au feu-Virgin Megastore des Champs-Elysées. Il apprécie et valide l’idée mais l’enseigne de Richard Branson est contrainte d’annuler à quelques jours de l’événement. C’est finalement la Fnac Saint-Lazare qui est alors choisie au dernier moment. Stéphanie Hattenberger explique alors : « Je ne m’étais pas rendu compte à quel point Kojima était connu et pouvait déplacer les foules. La séance devait avoir lieu entre 18 et 19h. . . On n’avait pas eu le temps de communiquer et je stressais tellement que, la veille, je suis allée voir tous mes collègues : ‘vous n’avez pas des amis, des frères qui ne savent pas quoi faire demain et qui pourraient venir nous faire un peu de foule à la Fnac Saint Lazare?' »
Le lendemain, jour de la dédicace, la neige s’abat sur la capitale, faisant au passage chuter le mercure. Pourtant, et ce dès le matin, la file grossit à mesure que le temps passe. « La Fnac m’appelle à 10h et me dit : ‘c’est bizarre mais il y a plein de monde qui fait la queue et il y a même des gens qui viennent de Belgique ou d’Angleterre‘ ». A la mi-journée, la Préfecture de Paris est intervenue à la vue de l’attroupement tandis que la police a été obligée d’intervenir car le boulevard Haussmann était alors bloqué. « C’était juste hallucinant, je n’avais jamais vu ça.«
Naturellement, nombreux sont ceux qui n’ont pu approcher leur idole et ont finalement attendu de longues heures dans le froid et la neige pour rien. « On avait essayé de faire passer le plus de monde possible. Mais à un moment, tu essayes de faire prolonger mais quand le magasin ferme, tu ne peux plus. » La sortie d’Hideo Kojima de la Fnac a également été assez mouvementée. Des fans ont repéré le véhicule aux vitres fumées et ont alors couru sur la route pour espérer l’apercevoir. « C’était la première expérience de ce genre pour Kojima et il avait été un peu traumatisé : les gens se déplaçaient pour lui dans des conditions hallucinantes et il ne pouvait même pas voir tout le monde. Le soir il s’est demandé : ‘qu’est-ce que je peux faire pour m’excuser? Je ne peux pas laisser les gens comme ça.’ » raconte Stéphanie Hattenberger.
À l’hôtel, Hideo Kojima et Yoji Shinkawa ont alors décidé d’écrire un message pour leurs fans français afin de les remercier d’être venus en nombre et pour s’excuser de n’avoir pu satisfaire tout le monde. Ce mot ainsi que le dessin de Yoji Shinkawa furent publiés dans un quotidien gratuit quelques jour après l’événement. Mais Hideo Kojima a finalement eu une autre occasion de se faire pardonner. Alors qu’il visitait le quartier de La Défense, lui et les équipes française et japonaise se sont rendus dans un Micromania. Derrière son comptoir, le vendeur tournait le dos à l’entrée de sa boutique. « Il se retourne et là je le vois ouvrir de grands yeux. J’ai cru qu’il allait tomber dans les pommes. Quand il s’est remis de ses émotions, ça a été le plus beau jour de sa vie. » atteste Stéphanie. Le jeune homme raconta alors qu’il avait posé un jour de congé la veille afin de se rendre à la Fnac Saint-Lazare dans l’espoir de d’approcher Hideo Kojima. Malheureusement, il faisait partie des centaines de personnes restés dehors. Et là, il était désormais seul avec Kojima et son équipe. « On a expliqué à Hideo Kojima ce qui s’était passé et il a alors commencé à fouiller dans son sac à dos et lui a offert tout ce qu’il avait en goodies. » S’en suivirent photos, dédicaces etc.
Désormais, des mesures sont prises afin d’éviter ces débordements et il est presque acquis qu’Hideo Kojima sera de retour en France. Au plus tôt pour Ground Zeroes, au plus tard pour The Phantom Pain. Après tout, le créateur nippon apprécie grandement notre pays et ses habitants. « Pour Metal Gear et pour Kojima, la France a toujours été assez importante. On essaye toujours de trouver des idées sympathiques qui sortent de l’ordinaire. Ce qu’il adore aussi en France, et il nous l’a redit en mars dernier pour le lancement de Rising, c’est à chaque fois notre pays qui a les plus beaux cosplayers et costumes. C’est quelque chose qui l’a marqué et le marque encore. Et même s’il commence à en avoir l’habitude depuis le temps qu’on fait des événements, ça l’étonne toujours. » conclut Stéphanie Hattenberger. Les fans peuvent donc dès à présent commencer à préparer leur plus beau cosplay à l’occasion de la future sortie de MGS V, histoire de faire perdurer l’aura française auprès du Japonais.
http://www.youtube.com/watch?v=kfaxquIn060
Un grand merci à Stéphanie Hattenberger et Emmanuel Bonami.
crédits images
Jeux Vidéo
Tomb Raider: Legacy of Atlantis célèbre les 30 ans de Lara Croft avec un teaser
Amazon Games, Crystal Dynamics et Flying Wild Hog célèbrent les 30 ans de Tomb Raider avec un nouveau teaser de Legacy of Atlantis.
Lara Croft célèbre ses 30 ans avec une nouvelle bande-annonce de Tomb Raider: Legacy of Atlantis. Amazon Games, Crystal Dynamics et Flying Wild Hog profitent de cet anniversaire pour remettre le prochain épisode sous les projecteurs, quelques mois avant sa sortie.
Un teaser pour les 30 ans de Tomb Raider
Amazon Games et les studios Crystal Dynamics et Flying Wild Hog ont diffusé un nouveau teaser de Tomb Raider: Legacy of Atlantis. Cette vidéo accompagne le trentième anniversaire de la franchise, lancée en 1996 avec le premier Tomb Raider.
Ce nouvel aperçu se présente avant tout comme une célébration de l’héritage de Lara Croft. L’annonce ne s’accompagne pas de nouvelles informations détaillées sur le gameplay, l’histoire ou les différentes éditions du jeu.
Une sortie prévue en février 2027
Tomb Raider: Legacy of Atlantis est attendu le 12 février 2027 sur PlayStation 5, Xbox Series, Nintendo Switch 2 et PC via Steam. Cette sélection de plateformes confirme que l’aventure doit paraître simultanément sur consoles et ordinateur.
Le projet réunit Crystal Dynamics, studio historiquement associé à la licence depuis Tomb Raider: Legend, et Flying Wild Hog. Amazon Games assure pour sa part l’édition du titre.
Lara Croft prépare son retour
Cette bande-annonce anniversaire permet à Legacy of Atlantis de relancer sa communication sans dévoiler davantage son contenu. Il faudra donc attendre de prochaines présentations pour découvrir plus précisément la proposition de cet épisode et ses nouveautés.
En attendant, sa date de lancement demeure fixée au 12 février 2027 sur PS5, Xbox Series, Switch 2 et PC.
Source : Gematsu
Jeux Vidéo
Call of Duty Modern Warfare 4 détaille sa campagne en Corée et son multijoueur
Infinity Ward présente la campagne coréenne de Call of Duty: Modern Warfare 4, le système Gunny et l’étonnante carte évolutive Kill Block.
Infinity Ward a présenté plusieurs nouveautés de Call of Duty: Modern Warfare 4 dans le podcast officiel Xbox. Le studio a notamment abordé sa campagne située en grande partie dans la péninsule coréenne, le multijoueur et le retour de DMZ.
Une campagne centrée sur la péninsule coréenne
Modern Warfare 4 proposera d’incarner le soldat Park lors d’une mission d’ouverture en Corée du Sud. Infinity Ward explique avoir choisi un environnement encore peu exploré par la série afin de renouveler son univers tout en conservant une tonalité contemporaine.
Le studio dit avoir mené des recherches sur la Corée et ses forces armées. Il s’appuie également sur des collaborateurs coréens pour vérifier différents éléments culturels, des inscriptions visibles dans les décors jusqu’aux objets du quotidien.
La campagne suivra deux perspectives. D’un côté, Park et son escouade offriront un nouveau point de vue sur le conflit. De l’autre, Price et Ghost resteront au cœur du récit. Après les événements de Modern Warfare 3, Price est en fuite et la Task Force 141 a été en grande partie dissoute. Les deux intrigues commenceront séparément avant de révéler leur influence mutuelle.
Gunny simplifie la création des armes
En multijoueur, le système Gunny viendra compléter Gunsmith. Il pourra générer rapidement une configuration d’arme, sans obliger le joueur à sélectionner lui-même chaque accessoire. Infinity Ward le présente à la fois comme un outil accessible aux nouveaux venus et comme un point de départ que les habitués pourront ensuite modifier.
Le studio a également dévoilé Kill Block, une carte dite « vivante » composée de plus de 500 sections différentes. Son agencement pourra changer entre les parties, avec des éléments inspirés d’anciennes cartes de Modern Warfare, dont Crash, Vacant et Highrise.
Kill Block a d’abord été pensée pour Gunfight, mais elle prendra aussi en charge plusieurs modes à réapparition ainsi que Team Deathmatch, Domination, Search and Destroy et Kill Confirmed.
Ground War et DMZ au programme
Le mode Ground War se déroulera notamment à Hajin. Sa variante Combat Outpost permettra aux équipes de conserver des points afin d’obtenir des bonus collectifs, comme un UAV puis un colis stratégique.
Infinity Ward confirme aussi la présence d’un nouveau mode DMZ. Le podcast promet d’en détailler le fonctionnement, mais les informations fournies ici ne permettent pas encore d’en préciser les principales évolutions.
Modern Warfare 4 entend ainsi combiner une nouvelle perspective narrative, des outils plus accessibles et des cartes capables de renouveler les affrontements. La présentation complète est disponible sur Xbox Wire.
Jeux Vidéo
Final Fantasy Resonance est disponible et renoue avec les racines de la saga
Square Enix revisite l’histoire de Final Fantasy Brave Exvius dans un RPG solo en HD-2D, désormais disponible sur Xbox Series X|S et PC.
Final Fantasy Resonance est désormais disponible sur Xbox Series X|S et PC. Ce nouveau RPG de Square Enix et Lancarse réinvente l’histoire de Final Fantasy Brave Exvius avec des combats au tour par tour, une progression repensée et, pour la première fois dans la série, une direction artistique HD-2D.
Final Fantasy Brave Exvius entièrement reconstruit
Final Fantasy Resonance reprend la trame de Final Fantasy Brave Exvius, jeu mobile free-to-play exploité entre 2015 et 2025. Il ne s’agit cependant pas d’un simple portage : le monde, les combats et la progression ont été reconstruits pour former une aventure solo vendue comme un jeu complet.
L’histoire suit Rain et Lasswell, deux chevaliers du royaume de Grandshelt. Après l’attaque du château et la destruction du Cristal de la Terre, les deux héros partent empêcher les Sworn Six de s’en prendre aux autres cristaux élémentaires. Ils sont notamment accompagnés par Fina, une magicienne amnésique liée à ces événements.
Le premier Final Fantasy en HD-2D
Final Fantasy Resonance marque l’arrivée du style HD-2D dans la série principale de Square Enix. Déjà employée dans Octopath Traveler et Triangle Strategy, cette esthétique mélange personnages en pixel art, environnements en 3D, éclairages dynamiques, profondeur de champ et mouvements de caméra cinématographiques.
Le jeu assume également son héritage avec des éléments emblématiques de la franchise : cristaux, chocobos, mogs, aéronefs, espers et magitek sont au rendez-vous. Plusieurs activités annexes sont annoncées, dont un Colisée, la Chambre des armes et des affrontements contre Gilgamesh ou Ultima Weapon.
Des combats au tour par tour et des héros cultes
Les affrontements abandonnent l’Active Time Battle au profit d’un système entièrement au tour par tour. Une frise indique l’ordre des actions, tandis que chaque adversaire dispose d’une jauge de stagger. La briser étourdit l’ennemi et accorde une action supplémentaire. Étourdir tous les adversaires encore présents permet à toute l’équipe de rejouer en fin de tour.
Le système des Visions complète la personnalisation. Ces échos de personnages historiques de Final Fantasy transmettent leurs capacités aux membres du groupe. Xbox Wire cite notamment le Guerrier de la Lumière, Cloud, Terra et Djidane. Leur maîtrise débloque progressivement de nouvelles aptitudes, sans tirage aléatoire ni monétisation héritée du modèle gacha.
Une démo et la compatibilité Xbox Play Anywhere
Final Fantasy Resonance est accessible sur Xbox Series X|S et Xbox sur PC. Il prend en charge Xbox Play Anywhere, permettant de jouer sur console et ordinateur avec un seul achat. Une démo gratuite comprenant l’intégralité du premier chapitre est également proposée, avec une sauvegarde transférable vers la version complète.
En conclusion, Square Enix mise sur une formule volontairement classique, modernisée par le HD-2D, des combats accélérables, les déplacements rapides et la mémorisation des faiblesses ennemies. De quoi présenter Final Fantasy Resonance comme un pont entre l’époque 16 bits de la saga et les standards actuels du RPG.












