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E3 2019: Beaucoup de cinématiques, peu de gameplay
A l’E3 2019, les cinématiques et autres CG Trailers (images de synthèse) ont pris le dessus sur les phases de gameplay. Pourquoi?
A l’E3 2019, on annonce beaucoup de jeux. En revanche, on refuse de réellement les montrer. Pour cette nouvelle édition du salon américain, les cinématiques et autres CG Trailer ont nettement pris le dessus sur le phases de gameplay. A croire qu’il faut cacher la vérité pour faire naître un rêve.
L’an passé, Microsoft teasait le retour du Masterchief dans Halo: Infinite. Douze mois plus tard, on espérait voir la mascotte de Xbox en action, prête à dézinguer tout le monde. On l’a finalement retrouvée dans une longue cinématique peu impressionnante.
De son côté, Bethesda avait prévenu qu’il ne montrerait ni Starfield ni The Elder Scrolls VI. Ces deux jeux doivent encore connaître un long temps de développement et n’arriveront que dans quelques années, probablement une fois que la next-gen sera bien établie. L’éditeur américain avait néanmoins deux grosses surprises dans ses valises pour l’E3: Deathloop et Ghostwire Tokyo. Il s’agit de deux nouvelles licences respectivement conçues par la branche française d’Arkane (Dishonored) et Tango (The Evil Within). On a vu chacun de ces jeux. Mais uniquement par le biais de cinématiques.
Chez Ubisoft, lorsqu’il s’agit de parler de Watch Dogs 3, on diffuse une bande-annonce en image de synthèse. En revanche, on l’accompagne d’une longue présentation de 10 minutes. C’est absolument parfait. On en prend plein la vue et on comprend facilement les mécaniques principales de jeu. Le Français n’est toutefois pas exempt de défauts. Rainbow Six Quarantine est attendu pour début 2020 et a refusé de se dévoiler. Il est pourtant probable que ça ressemble un peu à l’événement Outbreak de Rainbow Six Siege.
Ça a été la même chose chez Square. Marvel’s Avengers a davantage montré ses graphismes, ses visages et son contexte que son gameplay. Outriders, par les créateurs de Bulletstorm, s’est quant à lui contenté d’un CG Trailer.
Des cinématiques à l’E3 pour faire naître une forme de hype.
On pourrait citer plein d’autres exemples. Le fait est que les cinématiques ont régné sur l’E3, conférant ainsi une petite forme de frustration. Oui, ces bande-annonces sont bien jolies, mais elles ne représentent en rien les futurs titres auxquels nous jouerons.
Il y a plusieurs raisons qui poussent les éditeurs à multiplier les CG Trailers. Ces images de synthèse proposent un rendu sublime et font rêver chacun d’entre nous. Ce n’est clairement pas ce à quoi nous jouerons, mais ça pose cependant des bases. Ça donne le ton et ça éclaire sur l’ambiance générale du titre. On n’a par exemple rien vu d’Outriders mais on peut dire que ce sera un jeu de tir en coop à 3 plutôt arcade voire bourrin.

Les CG Trailers marquent souvent les esprits. C’est tout de suite plus facile pour installer une nouvelle licence dans l’esprit des gens. Ça permet aussi de faire parler alors qu’on n’a rien montré. Plus tard, il sera plus simple de reprendre la communication en montrant, pour la première fois, du gameplay. Mais attention: pas le droit de se foirer. A partir du moment où on a fait naître des attentes, il faut assumer. Et lorsque c’est réussi, le jeu en question a alors fait parler deux fois plus de lui.
Tout est une question de communication.
CyberPunk 2077 est peut-être la star de cet E3 grâce à son « cinematic story trailer » et Keanu Reeves. Du gameplay a été montré, mais uniquement pour les membres de la presse qui se sont déplacés jusqu’à Los Angeles. Ceux qui sont restés tranquillement chez eux devront patienter jusqu’en août, avec la GamesCom et la PAX.
CD Projekt s’est exprimé à ce sujet. La volonté du studio polonais est de toucher le public le plus large possible. En diffusant d’abord cette longue cinématique, il réussit à construire une forme de hype et même à intéresser de nouvelles personnes. L’E3 est une première étape, la GamesCom en est une seconde. Tout est une question de communication afin de maximiser le potentiel commercial de CyberPunk 2077.

Enfin, il y aussi un aspect économique. Il est parfois plus rentable de payer un studio tierce pour un joli CG Trailer plutôt que de demander à sa propre équipe de concevoir une bande-annonce avec des images du jeu. Ça leur ferait perdre du temps, d’autant plus que le jeu est loin d’être terminé et donc moche.
Bref, tout est une question d’argent et d’image. Il faut que ce soit joli, il faut faire rêver, il faut faire parler… Puis on peut passer aux choses sérieuses en montrant pour de vrai le jeu. C’est alors que l’on peut enfin découvrir si on a eu raison d’y croire.
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Sony : pourquoi la fermeture de Bluepoint Games est tragique… et logique
Ce jeudi, Sony a annoncé la fermeture de Bluepoint Games, studio auteur de jeux majeurs sur PlayStation. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de fans se sont dit attristés par cette nouvelle qui est, hélas, logique.
Qui était Bluepoint Games ?
Bluepoint Games est un studio texan fondé en 2006. Pour son 20ème anniversaire, il fermera ses portes.
Au cours de son existence, cette équipe d’environ 70 personnes a sorti de nombreux portages (Titanfall, PlayStation All-Stars Battle Royal…), remasters (Metal Gear Solid HD Collection, Uncharted Collection, God Of War Collection…) et remake (Shadow Of The Colossus, Demon’s Souls). Bluepoint était connu pour son excellence ; c’est un studio qui ne décevait pas.
En 2021, Sony annonçait le rachat de Bluepoint pour une somme non-dévoilée. Celle-ci ne devait pas être élevée car Bluepoint ne possédait aucune licence ; Sony rachetait là un savoir-faire.


Plutôt que de plancher sur un nouveau remake, Bluepoint aida Sony Santa Monica sur le développement de God Of War Ragnarok. En 2022, l’équipe texane travailla sur son premier jeu original, un jeu-service dans l’univers de God Of War.
En début d’année 2025, ce projet fut annulé comme le rapporta Bloomberg. Et un an plus tard, Sony annonça la fermeture de Bluepoint.
Une génération où les remakes sont légion
Il est toujours triste de voir un studio de qualité fermer ses portes. Il y a également un sentiment d’incompréhension. Bluepoint était réputé pour son expertise en matière de remasters et remakes. Ceux de Shadow Of The Colossus et de Demon’s Souls sont brillants.
Il est étonnant de voir que Sony ne leur a pas demandé de continuer dans cette voie. D’autant plus que cette génération PS5 voit de nombreux remakes sortir, souvent avec un joli succès. De tête, on peut citer Silent Hill 2… Metal Gear Solid Delta… Dragon Quest I, II et III… The Elder Scrolls Oblivion… Final Fantasy VII… Resident Evil 2, 3 et 4…
Les éditeurs acceptent de prendre ces paris car ils s’appuient sur des licences populaires capables de plaire à un nouveau public comme aux nostalgiques. Ce sont également des jeux plus faciles à concevoir car les développeurs peuvent s’appuyer sur les matériaux d’origine.
De nombreux jeux mériteraient un magnifique remake façon Demon’s Souls. Ce dernier était à l’origine un jeu PS3. Sur cette même génération les inFamous, MotorStorm et Uncharted auraient pu bénéficier d’un tel traitement. On peut également se demander pourquoi c’est Sony Santa Monica qui développera le remake de la trilogie God Of War, plutôt que Bluepoint. Sans doute car son sort était déjà scellé.
Sony et le mirage des jeux-service
Depuis plusieurs années, Sony s’est mis en tête de s’imposer dans le milieu des jeux-service, ces titres multijoueurs sans cesse mis à jour et financés grâce aux micro-transactions. Le Japonais affiche un bilan contrasté. De nombreux projets ont été annulés en cours de route, d’autres ont échoué, et certains ont réussi, à l’image de Helldivers ou MLB The Show.
Sony continue d’investir dans ce domaine. On a récemment découvert 4Loop lors du dernier State Of Play ; une semaine avant, il avait officialisé Horizon Hunters Gathering. Et on attend toujours FairGames par Haven, studio racheté en 2022.

Si l’annonce de jeux multi fait souvent froncer les sourcils sur les réseaux sociaux, il faut bien se rendre compte que ceux-ci sont hyper populaires. Prenez simplement les jeux les plus joués chaque semaine ou les jeux les plus vendus en 2025. Tous ces classements sont dominés par des titres multijoueur. Et Sony veut sa part du gâteau. Ce n’est pas grave si plusieurs jeux n’y arrivent pas car un seul succès peut effacer ces échecs.
Résultat, Sony a poussé ses studios à aller dans cette voie, et cela a fait des dégâts avec plusieurs annulations et des fermetures de studios.
Une industrie qui ne va pas bien
Sony affiche de très jolis résultats, la PS5 est la console la plus rentable de son histoire, mais malgré tout, le marché du jeu vidéo peine. Celui des consoles a tendance à stagner plutôt que croître. Et les coûts de développement explosent.
Les Etats-Unis sont notamment touchés par cela. Développer un jeu vidéo outre-atlantique demande d’importants budgets contrairement à l’Europe de l’Est, par exemple. Comparez simplement Cronos The New Dawn fait par Bloober en Pologne et The Callisto Protocol conçu par Striking Distance, équipe située sur la côte ouest américaine. Le premier a coûté moins de 30 millions d’euros, le second 160 millions de dollars.
Ce n’est pas pour rien si désormais 1/3 des coûts de production vont des studios tiers ; cela fait baisser la facture. De même, on note que les Etats-Unis ont été très touchés par les licenciements ces dernières années —environ 60% des limogeages mondiaux— et désormais, ils ne compte que pour 20% des postes ouverts. En d’autres termes, les éditeurs fuient les Etats-Unis.
Que signifie la fermeture de Bluepoint ?
D’un point de vue joueur, c’est triste de voir un studio avec une telle expertise fermer. D’un point de vue business, ça se comprend. Malheureusement.
Bluepoint ne semblait plus entrer dans les plans de Sony. Le studio n’a pas su proposer un jeu-service convaincant —ce qui est la stratégie actuelle— et il est situé dans une région où les coûts sont élevés. Le couperet paraît logique.
Sous l’ère d’Hermen Hulst, patron des studios PlayStation, seuls les immenses succès semblent compter, au détriment des petites victoires. C’est l’inverse de la philosophie de Shawn Layden, son prédécesseur. L’Américain s’est toujours fait l’avocat de projets variés à travers des budgets mieux maitrisés.

Au cours des dernières années, PlayStation Studios a changé. Il a fait plusieurs acquisitions dans cette optique des jeux-services. Et il a fermé des structures à cause de ces échecs.
En soi, Sony n’a pas abandonné les jeux solo. Mais il souhaite davantage se diversifier. En 2026 Sony prévoit de sortir Saros, Wolverine et la suite de Kena. Et il a publié God Of War Sons Of Sparta il y a quelques jours. Et en matière de jeux multi, Sony a dans les cartons MLB The Show 26, Marathon et Marvel Tokon, en plus de la grosse mise à jour gratuite Legends pour Ghost Of Yotei.
Sony se veut plus exigeant dans ses objectifs de rentabilité. Et désormais, on peut se demander quel sera l’avenir de plusieurs de ses studios. Que se passera-t-il à la fin de l’été si Marathon ne parvient pas à s’imposer ? Quel avenir pour Bend qui n’a pas eu le droit de faire une suite à Days Gone ? Même question pour Media Molecule qui n’a même pas sorti de versions PS5 ou PC pour Dreams…
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GTA 6, PS6, Clair Obscur 2 : pourquoi ce podcast avec Thomas Grellier est à ne surtout pas manquer
GTA 6 va-t-il vraiment changer le jeu ?
À quoi faut-il s’attendre pour la PS6 ?
Et comment un jeu indépendant français comme Clair Obscur a réussi à bousculer l’industrie ?
Dans le nouvel épisode du podcast Tant qu’il y aura du Wi-Fi !, Julien Tellouck reçoit Thomas Grellier pour une discussion passionnante, accessible et ultra éclairante sur le présent — et surtout l’avenir — du jeu vidéo.
Un épisode pensé pour donner des clés de compréhension, pas juste commenter l’actualité.
Un invité rare, une parole claire
Thomas Grellier n’est pas un simple commentateur.
Il a vécu l’évolution du jeu vidéo de l’intérieur, depuis le lancement de la première Xbox en 2000 jusqu’aux enjeux colossaux d’aujourd’hui.
Dans cet épisode, il partage :
• sa vision du marché actuel,
• les coulisses du développement des gros jeux,
• et ce que les joueurs ne voient jamais derrière les annonces spectaculaires.
GTA 6 : pourquoi l’attente est aussi énorme
Impossible de parler jeu vidéo aujourd’hui sans évoquer GTA 6.
Mais au-delà du hype, l’épisode pose les vraies questions :
- Pourquoi GTA 6 doit être terminé bien avant sa sortie ?
- Pourquoi la pression autour du jeu est sans précédent ?
- Et pourquoi il ne peut pas se permettre le moindre faux pas ?
PS6 : ce que l’on peut déjà anticiper
Autre sujet brûlant : la PlayStation 6.
Sans rumeur gratuite ni fantasme, Julien Tellouck et Thomas Grellier analysent les tendances lourdes du marché :
- évolution des usages,
- attentes des joueurs,
- avenir des consoles face au cloud et au cross-platform.
Clair Obscur : la preuve que tout n’est pas qu’AAA
L’épisode met aussi en lumière Clair Obscur, un jeu indépendant français devenu un vrai symbole.
Pourquoi ce succès est important ?
Parce qu’il montre que :
- l’innovation peut venir de studios plus modestes,
- le public est prêt à suivre des propositions fortes,
- et que le jeu vidéo français a un vrai rôle à jouer.
Le podcast avec Thomas Grellier est disponible dès maintenant sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes de streaming audio :
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Kayane raconte son parcours dans Tant qu’il y aura du Wi-Fi
Commencer le jeu vidéo à 4 ans, affronter des adultes en tournoi à 9 ans et devenir l’une des figures majeures de l’eSport français : le parcours de Kayane est tout sauf ordinaire.
Dans le dernier épisode du podcast Tant qu’il y aura du Wi-Fi, Kayane se livre sans filtre sur son histoire, ses combats et la réalité du gaming professionnel.
Très tôt plongée dans l’univers des jeux de combat avec Tekken et Soul Calibur, elle découvre un milieu exigeant, souvent hostile, où être une jeune fille n’allait pas de soi. Mépris, soupçons de triche, refus d’inscription aux tournois : Kayane raconte comment ces obstacles ont forgé son mental de compétitrice.
Mais l’épisode va bien au-delà du récit personnel. Elle y dévoile la face cachée de l’eSport, notamment la réalité économique des jeux de combat, loin des clichés sur les cashprizes millionnaires. Même au plus haut niveau, vivre de sa passion demande indépendance, créativité et sens de la communication.
Game One, sponsors, conventions, réseaux sociaux, mentorat… Kayane explique comment elle a construit une carrière durable tout en restant fidèle à ses valeurs.
Elle aborde aussi un sujet essentiel : la place des femmes dans le gaming, avec un discours lucide, nuancé et profondément humain.
Un épisode inspirant et nécessaire pour comprendre ce qu’est vraiment l’eSport aujourd’hui.
Le podcast avec Kayane est disponible dès maintenant sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes de streaming audio :
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