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Test : Hitman 3 (PS5, PS4, VR, etc.) — Le meilleur puzzle-game du genre

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L’Agent 47 reprend une dernière fois du service dans Hitman 3, un épisode ayant la lourde tâche de conclure une trilogie entamée en 2016. La pression est sur les épaules de l’homme au code barre, et c’est pour cela que les prises de risques de sont limitées. Cela dit, la formule étant parfaitement rodée, pourquoi vouloir du changement?

Si vous avez aimé Hitman (2016) et Hitman 2, il n’y a alors aucune raison pour que la magie n’opère pas avec ce nouvel épisode. C’est la même chose. Ou presque. On note quelques nouveautés minimes. L’Agent 47 possède par exemple un appareil photo lui permettant de pirater à distance certains objets. Cela signifie obtenir des informations sur un ordinateur ou bien ouvrir et fermer des portes et fenêtres.

Des raccourcis permanents font également leur apparition. A condition d’avoir sur soi un pied de biche, on peut débloquer une échelle ou une porte. Ces dernières seront alors librement accessible à chaque partie. C’est une petite aide intéressante, mais rien qui ne soit une véritable révolution.

C’est quoi Hitman 3?

Pour ceux qui ignoreraient ce qu’est la série, une piqûre de rappel est nécessaire. Dans Hitman 3, on joue l’Agent 47. C’est un tueur à gage impassible. Dans chaque mission, il doit éliminer une ou plusieurs cibles. Celles-ci se cachent souvent dans des lieux majestueux, mêlants espaces publiques et privés. Il faut se fondre dans la foule pour passer inaperçu; tendre l’oreille pour obtenir des informations; observer l’attitude de ses proies; piquer les bonnes tenues pour accéder à des lieux normalement interdits.

On peut éliminer ses cibles avec une arme à feu, mais 47 n’est pas très à l’aise avec un flingue ; il y a une forte dispersion des balles. Le mieux est donc de tendre un piège à ses victimes. On peut l’empoisonner ou faire croire à une mort accidentelle… Il existe à chaque fois énormément de méthodes différentes pour parvenir à ses fins. C’est pour cette raison que Hitman est davantage un puzzle-game qu’un jeu d’infiltration/action. Il faut sans cesse analyser l’environnement, comprendre comment tout fonctionne. Le jeu peut nous guider en distillant ici et là des conseils et des indications. Mais le mieux consiste à tout désactiver pour créer sa propre histoire.

Dans Hitman, la star, ce sont finalement les maps. Seules elles déterminent la qualité du jeu. Elles sont gigantesques, quitte à ce que ce soit effrayant les premières fois. Elles s’étalent sur plusieurs niveaux/étages et regorgent de pièges à déclencher.

Quelles maps pour Hitman 3?

En plus d’un tuto identique aux précédents épisodes, Hitman 3 embarque 6 missions réparties sur autant de maps :

  • Dubai — Direction les derniers étages d’un gratte-ciel transperçant les nuages. Deux cibles sont à éliminer.
  • Angleterre — Un immense manoir et ses environs. Une cible, un document à récupérer.
  • Allemagne — Une Rave Party dans une usine désaffectée qui cache des activités pas très légales. Cinq cibles à trouver et à éliminer.
  • Chine — Dans un petit quartier, de nuit et sous la pluie, deux immeubles hébergent deux laboratoires scientifiques. Deux cibles et un ordinateur à pirater.
  • Colombie —Une villa surplombant un vignoble. Deux cibles. Ça rappelle un peu la Bolivie et Hitman Blood Money.
  • Roumanie — On ne dira rien pour ne pas spoiler mais c’est tristement linéaire.

On le redit : l’intérêt du jeu repose principalement sur ses maps. Elles sont toutes très variées avec une ambiance parfaite, des intérieurs, des extérieurs, des endroits ouverts au public, d’autres restreints… On se perd facilement dans chacun des lieux; ils restent relativement bien faits avec pas mal d’indications visuelles. L’ensemble est logique, cohérent.

Le niveau à Dubai s’étale sur plusieurs étages.

Il faut saluer le travail de IO Interactive qui a une nouvelle fois créé des lieux impressionnants. Ils regorgent de vie. Il y a partout des personnes qui discutent de choses en lien avec la mission. On recense également pas mal de personnages uniques comme un avocat, un détective privé, un garde du corps encore junior… Prendre leur place permet souvent de se rapprocher facilement de sa cible.

Il est impossible de tout voir en une fois. On passe forcément à côté de dizaines de détails. IO Interactive en fait toujours un peu plus car cela peut ensuite servir dans les modes annexes. On retrouve toujours l’Escalade qui demande de tuer plusieurs fois la même cible selon certaines condition. Le mode Contrat permet quant à lui de créer des défis en ligne. On choisit n’importe quel PNJ de la map, et les autres joueurs essayent de le faire disparaître.

Grâce à ses maps, Hitman 3 est une véritable réussite… sauf pour l’ultime mission en Roumanie. C’est sympa que cette trilogie se termine où avait débuté le tout premier jeu, il y a plus de 20 ans. Hélas, cela n’a que peu d’intérêt. Cette mission n’apporte rien si ce n’est mettre un terme à ce scénario vaguement développé depuis 2016. Il est toujours question de sociétés secrètes où tout le monde veut tirer les ficelles dans l’ombre. L’intention est louable, mais on oublie rapidement cela quand on est sur le terrain.

Que vaut Hitman 3 sur old-gen (PS4, Xbox One) et next-gen (PS5, XSX) ?

Hitman 3 n’est pas une révolution dans cette trilogie. Il est dans la lignée des précédents ; c’est l’excellence sans surprise. L’IA reste identique. On peut facilement la berner en jetant des pièces. Certains gardent peuvent avoir une réaction un peu étrange. Elle s’en sort tout de même bien, principalement parce que les ennemis sont très nombreux. Ils ont tendance à bien quadriller la zone et forcent à ruser pour passer entre les lignes.

Visuellement, ça reste très joli, mais on en a l’habitude. L’Agent 47 conserve ses animations rigides façon Mortal Kombat, et les reflets sont encore plus travaillés sur les vitres et miroirs. Ce n’est pas du Ray-Tracing, mais ça fait largement le job.

Le regard du tueur.

Le RTX arrivera plus tard, sans doute uniquement sur PC et consoles Next-Gen. On a d’ailleurs fait ce test de Hitman 3 sur deux machines différentes : la PS4 et la PS5. Sur une console nouvelle génération, le jeu tourne à 60FPS là où la old-gen fait le yoyo ou bien se bloque à 30 images par seconde. C’est également plus joli, plus détaillé, mais ce n’est pas une claque graphique. Sur next-gen, Hitman 3 est plus beau, les temps de chargement plus rapides, mais on attend forcément mieux de ces machines. Le jeu a aussi planté quelques fois pendant nos sessions.

Quant à l’utilisation de la DualSense, les vibrations sont classiques et les gâchettes proposent un cran quand on tire avec une arme à feu. Mais bizarrement, cela crée une légère latence dans la commande.

Hitman en VR, un test concluant ?

Hitman 3 est exactement ce à quoi on s’attendait. On ne serait pas contre un petit changement mais la formule fonctionne à la perfection. Et rappelons que la dernière fois que IO Interactive a tenté quelque chose de nouveau, ça a donné Hitman Absolution.

Cela dit, le studio danois s’est quand même permis une petite folie : sur PS4, le jeu est entièrement jouable en réalité virtuelle. On branche le PSVR, on prend sa manette et hop, c’est parti ; on enfile le costume de l’Agent 47. Ce sont exactement les mêmes niveaux qui sont proposés. Ce n’est pas une aventure séparée ; c’est le même contenu.

Hitman VR est pourtant totalement différent du jeu original. Ici, on joue uniquement à la première personne, ce qui a un impact sur le champ de vision. La mini map est également absente. Il en ressort un jeu beaucoup, beaucoup plus difficile mais surtout davantage immersif. On ne joue plus l’Agent 47; on devient le divin chauve.

Grosso-modo, ça se contrôle comme un FPS, la reconnaissance de mouvement en plus. Les PS Moves ne sont pas compatibles. Tout se fait à la Dualshock 4. Après tout, il faut bien que la lumière dorsale de la manette serve à quelque chose. Pour faire un tir précis, on aligne ainsi les organes de visée. Et quand on veut frapper un ennemi, on ferme le poing (avec R2) puis on mime le coup. Taper dans le vide, c’est ridicule, mais quand on a le casque sur la tête, c’est génial.

Il y a un vrai coup de main à prendre, mais une fois qu’on s’y fait, c’est spectaculaire. Vraiment. Hitman VR propose en plus un très bon rendu en intérieur. En extérieur, c’est en revanche assez moche, voire laid, comme bon nombre de titres PSVR. Graphiquement, ça fait largement le job même si le pop-up est monstrueux et que pas mal d’effets visuels ont été supprimés. N’espérez pas vous admirer dans un miroir par exemple.

Hitman VR demande un vrai temps d’adaptation. C’est une nouvelle vision, une nouvelle manière de jouer. Mais aussi une nouvelle façon de vivre l’expérience Hitman. La première fois que l’on se rend à Berlin, dans la boite de nuit, c’est frappant. En revanche, le jeu a eu tendance à affoler notre gerbomètre les premiers instants. Pensez bien à faire un tour dans les options.

Hitman 3, la fin d’une ère

Que ce soit pour le mode VR ou l’aventure classique, il est possible d’importer dans Hitman 3 l’ensemble des maps des anciens épisodes, ainsi que sa progression. Au moment du test du jeu, l’option n’était pas disponible, la faute à un Access Pass pas encore en ligne. L’intérêt de l’opération, outre un côté pratique, est de mettre au niveau les anciennes missions, que ce soit l’IA ennemie ou le moteur de jeu.

A travers ce procédé, Hitman 3 réunira une vingtaine de missions. C’est l’aboutissement du World Of Assassination promis par IO Interactive depuis l’annonce du jeu, en 2014. Hitman 3 vient clore en beauté une trilogie qui aura été maitrisée de bout en bout. On oublie Absolution et on obtient le véritable successeur de Blood Money.

Il est certain que Hitman 3, comme le 2, suit une forme de continuité. C’est une sorte de gros DLC. Mais le résultat est excellent du début, à la fin (ou presque). La dernière cinématique laisse entendre que la série n’est pas morte. Même si IO Interactive travaille sur un jeu James Bond, l’Agent 007 n’effacera jamais l’Agent 47. Ce ne sont pas les mêmes styles.

On ignore quel est exactement l’avenir d’Hitman. IO Interactive a semble-t-il trouvé sa forme parfaite, celle où la série se transforme en plusieurs bac-à-sable gigantesques pour un puzzle-game mortel. C’est d’une efficacité redoutable, mais c’est dans la répétition que le charme du jeu opère. Les niveaux sont tellement grands qu’ils demandent un véritable investissement de la part du joueur. C’est forcément intimidant au début, puis on se prête au jeu : si c’est le prix à payer pour devenir une légende, pourquoi pas alors?

Hitman 3 est développé et édité par IO Interactive. Jeu disponible le 20 janvier 2021 sur PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X|S, Stadia et Switch. Sur la console de Nintendo, il s’agit de Cloud Gaming. Ce test de Hitman 3 a été fait sur PS4 et PS5. Jeu compatible avec le PSVR (réalité virtuelle). PEGI 18 car on tue des gens de manière violente.

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Les clones de Meccha Chameleon plus populaires que le jeu original sur Steam

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Si votre petit jeu indé est un (immense) succès, il y a alors de fortes chances pour qu’il soit copié sur Roblox où il rayonnera davantage.

Dans sa revue de presse hebdomadaire, la newsletter Le Résumé Jeu Vidéo a mis l’accent sur un phénomène important et pourtant peu discuté : les copies.

Sur mobile, ce phénomène existe depuis de longues années. Chaque concept un peu nouveau connaît un immense nombre de déclinaisons. Cela tend même à s’accélérer avec l’IA Générative où chacun peut facilement vibe coder à l’aide de prompts. Mais désormais, c’est sur Roblox que les clones se multiplient… et connaissent un succès fou.

Roblox plus fort que Steam

A l’image de Fortnite, Roblox récompense financièrement les créateurs des niveaux les plus populaires. Certains innovent, d’autres s’inspirent fortement de ce qui se fait ailleurs.

Ces dernières semaines, Meccha Chameleon connait un succès fou sur Steam. Ce jeu de cache-cache où chaque joueur peut « se peindre » pour se fondre dans le décor a dépassé les 15 millions de ventes.

Sur Roblox, les expériences sont gratuites mais regorgent de micro-transactions. Il existe un nombre incalculable de jeux différents. Et dans le lot, pas mal de copies de Meccha Chameleon… qui attirent plus de monde que le jeu original sur Steam.

Ce constat a été publié sur Reddit par un utilisateur, il y a quelques jours. RoWatcherHQ a mis en ligne un graphique sur r/dataisbeautiful comparant la popularité du jeu Meccha Chameleon avec ses clones. Ceux-ci ont mis plusieurs jours avant de débarquer et désormais, ils le dépassent.

Ces copies posent un souci supplémentaire aux développeurs indés. A une époque où beaucoup de jeux peinent à être visibles, il y a désormais le risque de voir une expérience originale noyées au milieu de ses clones.

Pour rappel, Roblox attire chaque jour 150 millions de joueurs et parvient à dépasser, en nombre d’heures jouées chaque mois, Steam, PlayStation et Fortnite additionnés.

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Jean Guesdon dévoile les secrets d’Assassin’s Creed : Black Flag Resynced, Ubisoft, La série Netflix… tout ce qu’il faut savoir

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Comment naît un Assassin’s Creed ? Pourquoi Black Flag est-il devenu l’un des épisodes préférés des joueurs ? Comment Ubisoft choisit-il les périodes historiques de la saga ?

Pour ce nouvel épisode de Tant qu’il y aura du WiFi, j’ai eu le plaisir de recevoir Jean Guesdon, directeur du contenu de la marque Assassin’s Creed chez Ubisoft. L’un des principaux artisans de la licence revient sur plus de quinze ans d’histoire, les coulisses du développement, le lore, Assassin’s Creed Black Flag Resynced et l’avenir de la franchise.

Si vous êtes passionné par Assassin’s Creed, Ubisoft, le développement de jeux vidéo ou les grandes licences du gaming, cette interview est incontournable.

Jean Guesdon, l’un des hommes derrière Assassin’s Creed

Depuis près de vingt ans, Assassin’s Creed est devenu l’une des licences les plus populaires de l’industrie du jeu vidéo.

Derrière chaque épisode se cache un travail colossal mêlant recherches historiques, direction artistique, narration, game design et cohérence scénaristique.

Jean Guesdon occupe aujourd’hui le poste de Directeur du contenu de la marque Assassin’s Creed chez Ubisoft. Son rôle consiste à garantir la cohérence de l’univers sur tous les supports : jeux vidéo, romans, bandes dessinées, projets transmedia et futures adaptations.

Au cours de notre entretien, il revient sur son parcours, depuis ses débuts dans le design industriel jusqu’à son arrivée chez Ubisoft Montréal, où il participera à plusieurs épisodes majeurs de la série.

Assassin’s Creed Black Flag Resynced : le retour d’un monument

Impossible d’évoquer Assassin’s Creed sans parler de Black Flag.

Sorti en 2013, cet épisode mettant en scène Edward Kenway est encore considéré aujourd’hui par de nombreux joueurs comme le meilleur Assassin’s Creed jamais créé.

Ubisoft prépare désormais Assassin’s Creed Black Flag Resynced, une version entièrement modernisée du jeu.

Au programme :

  • une refonte graphique grâce au moteur Anvil ;
  • des effets de lumière modernisés ;
  • une météo dynamique influençant la navigation ;
  • un système de combat plus fluide ;
  • des batailles navales améliorées ;
  • de nouvelles missions ;
  • des zones inédites ;
  • plusieurs heures de contenu supplémentaires.

Jean Guesdon explique les défis que représente la modernisation d’un jeu devenu culte sans trahir ce qui faisait son identité.

Comment Ubisoft choisit les périodes historiques ?

L’une des questions que se posent tous les fans est simple :

Comment Ubisoft choisit-il la prochaine époque historique ?

Égypte, Renaissance italienne, Révolution française, Japon féodal, Grèce antique, Angleterre viking…

Chaque épisode demande plusieurs années de recherches.

Jean Guesdon explique que tout commence par une longue phase documentaire où historiens, scénaristes, artistes et game designers travaillent ensemble afin de construire un univers crédible.

L’objectif n’est pas de réaliser une simulation historique, mais de proposer une aventure immersive qui respecte l’esprit des grandes périodes de l’Histoire.

Le lore d’Assassin’s Creed : un immense puzzle

Au fil des années, Assassin’s Creed est devenu un univers extrêmement riche.

Entre les jeux principaux, les épisodes secondaires, les romans, les comics et les futures adaptations, maintenir une cohérence représente un véritable défi.

Jean Guesdon nous explique comment les équipes travaillent sur le lore afin que chaque nouvelle histoire s’intègre parfaitement dans la chronologie globale de la saga.

Cette vision à long terme est l’une des grandes forces d’Assassin’s Creed.

Une série Netflix très attendue

Parmi les sujets abordés figure également la future série Assassin’s Creed produite par Netflix.

Même si certains éléments restent confidentiels, Jean Guesdon évoque les défis liés à l’adaptation d’un univers aussi vaste vers un nouveau média.

Une étape importante pour une licence qui dépasse désormais largement le cadre du jeu vidéo.

Pourquoi Black Flag reste le préféré des joueurs ?

Plus de dix ans après sa sortie, Assassin’s Creed IV Black Flag continue d’être régulièrement cité parmi les meilleurs épisodes de la série.

Pourquoi un tel succès ?

Au cours du podcast, Jean Guesdon revient sur plusieurs éléments qui ont marqué les joueurs :

  • Edward Kenway ;
  • les combats navals ;
  • les Caraïbes ;
  • l’exploration ;
  • la liberté offerte au joueur ;
  • les célèbres chants de marins.

Autant d’éléments qui expliquent pourquoi Ubisoft a choisi de moderniser cet épisode emblématique.

Les coulisses du développement chez Ubisoft

Cette interview est aussi l’occasion de découvrir le fonctionnement interne d’un des plus grands studios de développement au monde.

Comment travaille une équipe répartie sur plusieurs pays ?

Combien de personnes participent à un Assassin’s Creed ?

Comment sont prises les grandes décisions créatives ?

Jean Guesdon partage plusieurs anecdotes inédites sur les différentes étapes de production d’un jeu AAA.

Une interview passionnante pour tous les fans de jeux vidéo

Que vous soyez un joueur de la première heure ou que vous découvriez simplement la licence, cet échange permet de mieux comprendre comment est construite une franchise mondiale comme Assassin’s Creed.

Au-delà de Black Flag Resynced, nous parlons également du futur de la série, des envies des équipes créatives et des périodes historiques qui pourraient encore être explorées.

Une conversation riche qui offre un regard rare sur les coulisses d’Ubisoft.

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Le plaisir de se perdre : quand l’exploration devient plus importante que la mission principale

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Les meilleurs souvenirs de jeu vidéo ne sont presque jamais ceux des missions principales. Ce sont les détours imprévus, les zones découvertes par hasard, les moments où le joueur s’écarte du chemin tracé pour suivre sa propre curiosité. Cette dynamique, longtemps considérée comme un effet secondaire du design en monde ouvert, s’est imposée comme l’élément central de l’expérience pour de nombreux joueurs. Les concepteurs qui l’ont compris ajustent désormais leurs créations en conséquence, en investissant autant dans les périphéries de la carte que dans le tracé narratif principal. Cette transformation mérite une analyse attentive parce qu’elle reflète une compréhension plus fine de ce qui produit l’attachement durable au jeu.

Pourquoi la mission principale ne suffit plus

La mission principale d’un jeu remplit une fonction structurante mais elle a ses limites. Elle impose un rythme, des objectifs, des contraintes narratives qui ne correspondent pas toujours à ce que le joueur a envie de vivre dans le moment présent. Un joueur qui a passé sa journée à suivre des consignes au travail n’a pas forcément envie de suivre des consignes le soir dans son loisir, même quand ces consignes sont enveloppées dans une fiction agréable, comme le rappellent les longues réflexions consacrées à la liberté du joueur dans les blogs spécialisés.

L’exploration libre offre l’expérience inverse. Le joueur décide où aller, ce qu’il veut explorer, à quel rythme avancer. Cette liberté restaurée produit un type de plaisir que les missions structurées ne peuvent pas offrir, et beaucoup de joueurs constatent qu’ils retournent dans leurs jeux préférés non pas pour progresser dans l’histoire mais pour passer du temps dans leurs mondes. Les minecraft ps3 jeux ont popularisé cette dynamique auprès du grand public, et leur succès durable est l’un des meilleurs indicateurs de la valeur que les joueurs accordent à cette liberté.

La géographie comme contenu à part entière

Les meilleurs jeux d’aventure traitent la géographie comme un contenu à part entière plutôt que comme un simple support pour les missions. Chaque zone a son identité visuelle, son ambiance sonore, ses détails environnementaux qui récompensent l’observation. Le joueur qui prend le temps d’explorer trouve dans cette densité un plaisir comparable à celui de la lecture, où chaque page contient quelque chose qui mérite l’attention indépendamment de l’intrigue principale.

Cette densité ne s’improvise pas. Elle représente un investissement massif des équipes de conception qui peuplent les zones avec des éléments narratifs, des références cachées, des micro-histoires qui ne sont pas nécessaires à la mission principale mais qui transforment la simple promenade en exploration enrichissante. Les jeux qui réussissent cet investissement créent des mondes que les joueurs habitent vraiment, par opposition aux mondes qu’ils traversent simplement pour atteindre le prochain objectif.

Les récompenses émotionnelles de la dérive

L’exploration libre produit des récompenses émotionnelles différentes de celles que les missions structurées peuvent offrir. La surprise de trouver une zone inattendue. La satisfaction d’avoir résolu un puzzle environnemental sans y avoir été dirigé. La beauté d’un paysage découvert sans intention. Ces moments ne s’accumulent pas dans un compteur de progression mais ils s’inscrivent dans la mémoire du joueur avec une intensité que les récompenses calculées par les concepteurs n’atteignent pas.

Les neurosciences commencent à expliquer pourquoi ces moments produisent un attachement aussi fort, des mécanismes vulgarisés en détail dans les dossiers consacrés au système de récompense cérébral. Le système de récompense du cerveau réagit différemment aux découvertes spontanées qu’aux récompenses anticipées. La dopamine libérée lors d’une découverte inattendue produit une trace mnésique plus durable que celle des récompenses programmées. Les concepteurs qui comprennent ce mécanisme structurent leurs jeux pour multiplier les opportunités de surprise, sachant que c’est dans ces moments que l’attachement se construit.

Les conséquences sur la conception narrative

L’importance prise par l’exploration force les concepteurs à repenser leur approche narrative. Une histoire linéaire qui suppose que le joueur suivra le rythme prévu ne fonctionne plus dans un jeu qui encourage activement les détours. Les meilleurs scénaristes du médium ont développé des techniques pour rendre leurs récits compatibles avec des parcours non linéaires, en utilisant des indices distribués dans l’environnement, des conversations contextuelles, des fragments d’histoire qui s’assemblent dans n’importe quel ordre.

Cette flexibilité narrative est l’une des innovations les plus intéressantes des dernières années. Elle produit des histoires qui ne se déroulent pas mais qui se révèlent, dans un ordre qui dépend des choix du joueur. La même fiction peut être vécue de manière radicalement différente par deux joueurs sans qu’aucun ne se sente confronté à une histoire incomplète. C’est une forme d’écriture qui n’a aucun équivalent dans les médiums précédents.

Le défi des concepteurs face à l’exploration

Concevoir un jeu qui récompense vraiment l’exploration est plus difficile que ce que les présentations marketing suggèrent, une nuance soulignée dans les longues critiques publiées sur les mondes ouverts modernes. Le danger principal est le vide qui peut s’installer dans les zones secondaires si le concepteur n’y a pas investi suffisamment de contenu. Le joueur qui explore une zone et n’y trouve rien d’intéressant retire la leçon que l’exploration n’est pas récompensée, et cesse d’explorer dans la suite de la partie.

Les meilleurs concepteurs maintiennent une densité de récompense suffisante pour que chaque exploration produise quelque chose, même modeste. Une vue spectaculaire. Un dialogue inattendu avec un personnage secondaire. Un objet utile sans être essentiel. Cette politique de récompense systématique demande des budgets de développement importants mais elle produit l’attachement durable qui justifie ces budgets sur le long terme.

Pourquoi les rejouabilités s’allongent

Les jeux qui récompensent l’exploration produisent des durées de jeu qui dépassent largement ce que les missions principales suggèrent. Un jeu dont l’histoire principale dure quarante heures peut occuper un joueur passionné pendant plusieurs centaines d’heures grâce à l’exploration. Cette extension de la durée de vie est précieuse économiquement pour les studios et culturellement pour les joueurs qui s’attachent à leurs mondes préférés.

Les communautés qui se forment autour de ces jeux développent des cultures d’exploration qui amplifient encore le phénomène. Les joueurs partagent leurs découvertes, leurs cartes annotées, leurs théories sur les éléments cachés. Cette dimension sociale prolonge la vie du jeu bien au-delà de ce qu’une expérience purement individuelle permettrait, et elle crée un type d’engagement communautaire que les jeux à mission stricte ne génèrent presque jamais.

Ce que les voyages physiques nous enseignent sur les voyages virtuels

Une analogie utile éclaire le plaisir de l’exploration vidéoludique. Les voyageurs expérimentés savent que les meilleurs souvenirs d’un voyage ne sont presque jamais ceux de l’itinéraire planifié. Ce sont les détours imprévus, les rencontres fortuites, les lieux découverts en se perdant. Cette sagesse millénaire des voyageurs s’applique avec une précision étonnante aux jeux vidéo en monde ouvert. Le joueur qui suit son intuition et accepte de s’écarter du chemin tracé reproduit dans son loisir numérique l’attitude qui a toujours distingué les vrais voyageurs des touristes pressés, et il en retire les mêmes types de satisfaction profonde que les voyages physiques bien menés peuvent offrir à ceux qui acceptent de s’y abandonner.

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